La presse, spécialisée et moins spécialisée, a commencé à remplir ses colonnes sur l’annonce du projet « Tintin » réalisé par Steven Spielberg et Peter Jackson. Comme d’habitude, la précision et la rigueur de l’information sont reines. Ainsi, on a déjà pu lire ici et là que l’acteur Thomas Sangster était « virtuel » ou que le tournage se ferait « à coups de clics ». Et croyez-moi, étant donné le non intérêt abyssal que génère la performance capture, d’autres perles similaires sont à prévoir. Bref, comme le disait l’intendant de la Bastille au matin du 14 juillet 1789 : « Je sais pas pourquoi, mais je le sens moyen, là »
Dans ce contexte, on peut toujours se gratter pour que surviennent des articles rétrospectifs sur l’époque où Spielberg, au lendemain du succès de E.T., avait sérieusement envisagé de concentrer ses efforts sur le reporter belge. Le film ne put se faire pour de multiples raisons (entre autres des questions de droits) mais les plus attentifs remarquèrent que le film suivant de Steven, Indiana Jones et le Temple maudit, était manifestement empreint de l’héritage d’Hergé (du jeune Tchang au maharadjah de Rawhajpoutalah en passant par la secte de Kih-Oskh et son maléfique fakir).

Heureusement,
Internet a été inventé pour que ceux qui ont
véritablement quelque chose à raconter n’aient
pas à attendre la présence d’esprit des
médias traditionnels. C’est le cas d’Alain
Baran, secrétaire particulier d'Hergé et directeur
commercial de ses studios qui, sur son site, nous fait
l’honneur de raconter en détail un rendez-vous
manqué de 1983; rendez-vous qui devait réunir deux
grands artistes du XXème siècle. Baran était
en effet au cœur des négociations entre Hergé
et les américains, et il fut le premier à prendre
contact avec l’équipe de Spielberg.
Extraits
Sur la porte d'entrée ce simple panneau "AMBLIN ENTERTAINMENT". C'est bien ici que notre rendez-vous a été fixé. Nous nous présentons à l'entrée et sommes immédiatement accueillis avec une grande gentillesse. La secrétaire nous introduit aussitôt dans une pièce où nous attendent cinq personnes: deux femmes et trois hommes. L'une des femmes s'avance vers nous et se présente: "Hello! I am Kathy Kennedy". Elle est jeune et paraît tout à fait charmante. Un sourire franc et direct illumine tout son visage.
L'homme qui est à côté d'elle a une quarantaine d'années, il est barbu, ses cheveux sont cachés par une casquette bleue. Il est en jeans et en baskets. "May I introduce you to Steven?" nous dit Kathy Kennedy en le présentant. La poignée de main est chaleureuse. Tout s'annonce pour le mieux. Ensuite c'est au tour de la seconde femme de nous saluer. Elle s'appelle Melissa Mathison. Nous saurons très vite qu'elle a écrit le scénario d'E.T. et que Spielberg lui demandera d'écrire celui du futur "Tintin". Nous apprendrons également que c'est elle qui a découvert les albums "Tintin" alors qu'elle faisait du baby-sitting dans une famille française. Emballée par les aventures du jeune reporter, elle les fera lire par Spielberg qui s'en éprendra à son tour. Les deux derniers hommes à nous être présentés sont les "lawyers" de Spielberg. Ils ne prendront la parole qu'une seule fois pour nous demander où sont nos avocats...

La conversation portera d'abord sur Hergé. Comment est-il ? Son âge ? Marié ? Des enfants ? Comment l'idée lui est venue de créer Tintin ? A-t-il beaucoup voyagé ? Toutes les questions sont précises et révèlent une réelle volonté de connaître l'auteur des albums "Tintin". Spielberg nous déclare ensuite qu'il envisage non pas un mais trois films avec acteurs. Il mettra le premier en scène et songe notamment à François Truffaut pour diriger un des deux autres films. Il cite le jeune acteur qui vient d'incarner le personnage d'Elliot dans E.T. pour interpréter Tintin. Il pense à Jack Nicholson dans le rôle du capitaine Haddock. Je lui rétorque qu'Hergé a pensé que Philippe Noiret serait fabuleux dans ce rôle.
Spielberg adore le
côté "détective" de Tintin et le qualifie d'
"Indiana Jones for kids". Il lui donne entre treize et seize ans.
Il aime également beaucoup Milou, mais se demande comment il
le fera "parler" comme dans les albums. Spielberg a hâte de
rencontrer Hergé pour discuter avec lui des options à
prendre. Enfin, il n'est pas encore certain si le, voire les films
seront des adaptations directes d'albums, un mélange de
plusieurs aventures ou encore basés sur de nouveaux
scénarios.
Plus loin, Alain Baran donne quelques clés sur la confiance qu’Hergé semblait porter au cinéaste américain.
Le droit moral par exemple, n'est-il pas aussi essentiel pour Hergé ? Le dessinateur nuance son point de vue. Dans le cas de Spielberg, et dans ce cas uniquement, il est disposé à renoncer à son droit moral. Parce que, pour Hergé, il est non seulement question ici d'un film, un autre univers que celui des albums, mais surtout ce film est réalisé par un cinéaste génial. Spielberg est un créateur au sens plein. Il ne fabrique pas de la pellicule, il la crée. A ce titre, il doit conserver toute sa liberté de création.
Hergé me rappelle
à ce propos le terrible sentiment de carcan qu'il avait
éprouvé lorsque faisant à titre d'essai appel
à des scénaristes extérieurs, il avait
tenté de construire une histoire de Tintin. Toute son
imagination s'était trouvée prisonnière d'un
récit conçu par un autre. Il n'avait pas
accepté de s'y résoudre.
C'est pourquoi il ne veut pas imposer à Spielberg une contrainte similaire.
Je recommande évidemment la lecture du texte complet, en cliquant ici vers le site d’Alain Baran
Rafik Djoumi

















Acceptable TV est sorti de l’imagination
fertile de Dan Harmon et Rob Schrab, deux noms que vous avez
peut-être déjà repéré
puisqu’ils étaient les scénaristes du
très cool Monster House,
qu’ils ont créé en BD le personnage de
L’expérience d’Acceptable TV,
parrainée par Jack Black, se voulait similaire au Chanel
101, à la différence que le public ciblé
était cette fois-ci celui de la
télévision.
Néanmoins, Harmon et Schrab ont peut-être
sous-estimé la passivité du public
télé, et il semble que l’expérience
Acceptable TV ne sera pas renouvelée.
The Mindscape of Alan Moore est
un documentaire de DeZ Vylenz sorti en 2003, et qui doit son statut
particulier au fait que Moore, connu pour sa distance d’avec
le cinéma et les médias audiovisuels, ait fait le
choix d’y participer pleinement tout en offrant les droits de
réutilisation de ses œuvres.
Voilà donc une façon comme une autre de
fêter la sortie prochaine de la bédé Lost
Girls en France. Cette saga pornographique, dont la
publication par épisodes a débuté en 1991 et a
connu de longues périodes de ruptures, avait fini par sortir
en intégralité dans une édition luxueuse en
août 2006. Entre-temps, Alan Moore avait décidé
de faire de sa dessinatrice et co-créatrice, Melinda Gebbie,
sa compagne.
moue de
se voir assimilée aux spartiates gueulards du film
300. L’Eglise de Scientologie est parvenue à
faire interdire de rediffusion un épisode qui racontait dans
le détail le secret mystique de Ron Hubbard (et dans lequel
Tom Cruise et John Travolta étaient enfermés dans un
placard et refusaient d’en sortir). Dans la ville de South
Park, les gens les plus riches ont la peau noire ;
Jésus anime un talk-show sur une chaîne du
câble ; Mahomet appartient à un groupe de
super-héros type mutants des X-Men ; Moïse est en
fait le Master Control Program du film Tron ; des
camps de concentration dirigés par des proto-SS inculquent
la « tolérance » à leurs
prisonniers ; les conspirationnistes du 9/11 travaillent pour
la Maison Blanche et le Paradis est uniquement peuplé de
Mormons, ce qui en fait un lieu encore moins recommandable que
l’Enfer.

Durant
ces onze années, Trey Parker et Matt Stone ont
échappé à toute récupération et
se sont fait traiter de vilains noms par divers groupes
détenteurs de la vérité vraie. Dans cette
configuration, il est essentiel (au moins aux yeux de leur large
public) que les trublions ne puissent être casés dans
une grille de lecture médiatique : aucun indice
concernant leur penchant politique (Team
America, fuck yeah !), même si certains
les ont désignés comme des libertaires. Et aucune
complaisance non plus envers les principaux cultes de leur pays.
Matt Stone a été élevé dans un milieu
agnostique et n’a découvert qu’il était
juif qu’à 16 ans. Quant à Trey Parker, il
demeurait encore plus vague sur la question.

