La Guerre des clones  (L'Archiviste) posté le mercredi 06 mai 2009 23:18

alamo, aliens, apocalypse now, blade runner, brazil, colonel blimp, director's cut, e.t., jfk, l'atalante, laserdisc, lawrence d'arabie, metropolis, napoleon, porte du paradis, rapaces, rencontres du 3ème type, star wars, version longue


Avant propos : ceci est un texte qui fut publié en mars 2001 dans le tout premier numéro du défunt magazine DVDLive. Il se veut grand public et ne rentre donc pas forcément dans les détails. Par la force des choses, beaucoup des prédictions annoncées se sont réalisées, et des titres annoncés alors comme inexistants en France ont pu sortir entre temps.

 

LA GUERRE DES CLONES
Versions remaniées, Director’s Cut, Special Editions et autres coquetteries

Ballotté dès son plus jeune âge entre ses origines technologiques, son organisation industrielle et ses vocations artistiques, le cinéma, sport d’équipe par excellence, s’est très tôt heurté à l’épineuse question de la propriété. Tant que les oeuvres se limitaient à une succession de tableaux vivants, décidés bien en amont par leurs producteurs, et consciencieusement élaborés par des exécutants, les choses étaient simples : les films appartenaient à leurs financiers et se produisaient à la chaîne selon des modèles quasi-invariables. Evolution du média oblige, l’art du découpage, et avec lui celui de la narration filmique, allait donner aux exécutants (maintenant appelés réalisateurs) un champ d’investissement artistique inespéré. Partout dans le monde commençaient à fleurir les premiers grands noms de metteurs en scène, un argument marketing plutôt pratique pour ce divertissement en quête de respectabilité, mais un danger croissant pour ceux qui tenaient les rênes de l’industrie. Ainsi, à Hollywood, où le business commençait à prendre des proportions phénoménales, les producteurs, propriétaires légaux de l’objet film, étaient aux aguets. Dès qu’ils s’aperçurent que la table de montage était bel et bien devenue le cœur décisionnaire du cinéma, ils s’empressèrent de retirer aux cinéastes le tristement fameux « final cut ». Le cinématographe n’avait même pas appris à parler que déjà, on lui coupait la langue, histoire de lui apprendre à se tenir, à ne pas effrayer le client par des injonctions philosophiques douteuses ou des durées indécentes. Dès 1923, le mégalomaniaque Eric Von Stroheim voyait son chef-d’œuvre, Les Rapaces, passer de huit à deux heures, sous les coups de hache du producteur Louis B. Mayer, inaugurant une longue série de martyrs des studios. A sa suite, Orson Welles (La Splendeur des Amberson) Frank Capra (Horizons Perdus) Sam Peckinpah (Major Dundee) jusqu’au récent Michael Cimino (La Porte du Paradis) allaient composer un véritable who’s who des grandes gueules mises à mort par les intérêts à court terme. Et encore, ne minimisons pas la formidable contribution de la censure qui, à l’Est, se disait politique et à l’Ouest, se disait morale, mais dont l’ambition assassine se portait curieusement vers les mêmes types de sujets « à problèmes », incapables de se plier sagement aux normes les plus respectables. A cette époque, les films étaient des produits, ma bonne dame, et une scène ou un plan coupés étaient, la plupart du temps, perdus. On n’archivait que ce qui avait trait aux succès immédiatement rentables. Le reste partait en fumée.


L’air de rien, la bande d’iconoclastes des Cahiers du Cinéma allait sérieusement bouleverser la donne, le jour où elle laissa échapper dans ses colonnes la notion de cinéma d’auteur. Tout d’un coup, les scénaristes (l’histoire) et les producteurs (le concept) devenaient des quantités négligeables; et si l’Europe avait su assurer un minimum de diplomatie entre créateurs et mécènes, distribuant les propriétés physiques ou morales des œuvres, c’est une fois de plus à Hollywood que la nouvelle allait avoir le plus d’effets pernicieux. La génération des Coppola, Scorsese, Spielberg et consorts, nourrie à l’âge d’or des studios mais portées par les nouvelles convictions auteurisantes, allait sagement venir squatter le box-office des années 70 et faire connaître ses nouvelles revendications. A la manière de Pierre Bonnard, le peintre qui se faufilait au Louvre, pinceau à la main, pour corriger ses propres œuvres, ces réalisateurs allaient à ce point couver et s’approprier leurs bébés qu’ils finiraient par inventer le film rechargeable. Steven Spielberg, toujours en avance sur son temps, (pour le pire ou le meilleur) décida un jour, comme ça, au réveil, que Rencontres du 3ème Type, son méga-succès planétaire, adulé des foules, encensé par la critique, n’était pas tout à fait le film qu’il avait désiré. Puisque en cette époque pré-vidéo, les films à succès ressortaient deux à trois ans plus tard, Spileberg en profita pour convaincre la Columbia d’allonger quelques deniers. De quoi tourner quelques séquences, virer celles dont il était le moins fier et réintégrer des plans substantifiques que la dictature des projections-test avait recalés. L’édition spéciale de Rencontres du 3ème Type sortit sur les écrans tel un film flambant neuf, et cet événement fut doublement précurseur.
Car en effet, très vite, il apparut clairement que l’édition d’origine de ce film allait se faire de plus en plus rare.

 

Détails des affiches américaine et française pour la ressortie de Rencontres du 3ème type; ou comment essayer d'expliquer la notion "d'édition spéciale" alors qu'on n'est même pas encore dans l'ère de la VHS


1979. Encouragé par l’ami Spielby, Francis Ford Coppola (qui confond bienheureusement superproductions et films de vacances) avait ressorti de ses tiroirs les milliers d’heures inédites des Parrain, et sous l’impulsion de son ancien mentor Roger Corman, avait transformé ses deux chefs-d’œuvre en mini-série  à l’intérêt tout relatif. Pour l’heure, il présente son titanesque Apocalypse Now au Festival de Cannes, et subit les assauts d’une polémique rétro typiquement seventies alimentée par Françoise Sagan  (qui, sur ce document, savoure sa victoire d'avoir pu forcer une Palme d'or ex-aequo et se fait accompagner des "bouh hou heu" si élégants d'amis critiques). L'œuvre de visionnaire se fait siffler allègrement le long de la croisette, ce qui n’empêche pas le réalisateur de présenter en annexe, dans une des salles du Marché, une version longue du film. Peine perdue. Journalistes et cinéphiles en bon troupeau bien obéissant, se sont rangés sous les ordres du grand chambellan Sagan. Et c’est dans une salle presque vide que sera diffusée la version de 4 heures d’un film aujourd’hui mythique (ont-ils honte, aujourd’hui, les moutons festivaliers ?).
1980. La Porte du Paradis, l’épopée violente et mélancolique de Cimino, devient, par la grâce du remontage, un sitcom incompréhensible. Le gouffre financier provoqué par ce tumulte va laisser de sérieuses séquelles à Hollywood. Les cinéastes des années 80 seront tenus en laisse, leurs films offerts à la vindicte des projections-test, et ramenés à leur durée systématiquement minimale. Bien sûr, des films circuleront sous des versions multiples, mais elles seront le plus souvent le fait d’une adaptation aux conjonctures locales. Européens et américains n’ayant pas forcément la même échelle de tolérance, la co-production italo-américaine Zombie connaîtra deux versions, celle de son réalisateur George Romero, adaptée aux attentes du public yankee, et celle de son producteur Dario Argento, plus orientée vers les pulsions carnivores de ses compatriotes. Au-delà des frontières, les publics sont également différents d’un format à l’autre. Ainsi, en 1981, la diffusion télé d’Halloween voit disparaître l’essentiel des effets slashants du slasher. Mais les coupes sont à ce point franches que le film tombe bien au-dessous de la durée réglementaire. Le réalisateur est alors dépêché pour tourner quelques scènes de transition et revoir ses scènes de meurtre. Ailleurs, c’est le Mad Max de George Miller qui va faire l’objet, d’abord, d’une censure féroce (menace d'un classement X), puis ensuite, chose moins courante, d’un doublage de l’anglais vers l’anglais, l’accent australien n’étant généralement compris que par les koalas. C’est cette version doublée américaine qui sera redistribuée vers les autres pays. Et les hasards de la distribution faisant parfois bien les choses, quelques films sortis suffisamment tôt en France, précèderont les décisions de coupes des majors et nous parviendront dans des versions peu, voire pas du tout altérées. C’est le cas du Legend de Ridley Scott, dont la version américaine dure quelques minutes de moins que la nôtre, et où la partition inoubliable de Jerry Goldsmith a cédé la place aux beuglements de Brian Ferry et aux synthés du groupe Tangerine Dream. C’est le cas d’Highlander, dont la vf propose quelques bonus absents de la vo qui joue dans la salle d’en face. C’est le cas d’un Basic Instinct infiniment plus moite pour le public latin. C’est enfin le cas de Brazil, mutilé d’une façon inimaginable par Universal (avec une fin joyeuse !!) les français bénéficiant miraculeusement d’un chef-d’œuvre que les américains découvriront dix ans plus tard. Dans le même temps, Canal Plus offre au réalisateur Claude Miller l’opportunité de refaire le montage de son très beau Mortelle Randonnée, car, dit-il, il contiendrait des imperfections qui le rendent fou. Annoncé adans la presse, la diffusion de cette nouvelle version laisse les amateurs dubitatifs, personne, à part Miller, n’étant capable de percevoir la moindre différence. Aux USA, la diffusion télé du hit Liaison Fatale donne à son réalisateur Adrian Lyne l’occasion de réintégrer sa fin originellement prévue, une variation autour de Mme Butterfly, changeant résolument toute la signification du film. Les américains découvrent alors, un peu stupéfaits, que le film qu’il avait applaudi en salles n’était finalement qu’un navet plutôt malodorant.



Il faudra attendre la fin de cette décennie cataclysmique pour que cinéastes et cinéphiles réussissent de nouveau à entrer en contact. Première étape de l’opération : la sauvegarde du patrimoine. Coppola (encore lui ?), avec l’aide du méga-cinéphile Kevin Brownlow, se lance à la rescousse de Napoléon. Car au fil des années, par opportunisme, par folie, le réalisateur Abel Gance avait à ce point remonté son chef-d’œuvre (19 versions !) que ce dernier n’était plus qu’une infâme bouillie méconnaissable. Remonté, restauré, débarrassé d’ajouts embarrassants, le film est proposé à un public sélect dans de grandes manifestations citadines, et s’avère même, chose impensable, une affaire rentable. Du coup, réalisateurs et historiens se transforment en Aventuriers de la Bobine Perdue et s’en vont braquer les caves des studios, y découvrant parfois des trésors, le plus souvent des calamités (des négatifs de classiques disparus à jamais). Aux USA comme en Europe, c’est l’heure des ressorties triomphales. Lawrence d’Arabie, L’Atalante, Metropolis, Le Colonel Blimp, Andreï Rublev, Alamo et tant d’autres, assassinés sur les bancs de montage, renaissent de ces mêmes bancs. Débuts d’une Histoire parallèle du Cinéma qui va, par ricochets successifs, demander aux studios des comptes sur les films récents, soupçonnés d’être aussi mal traités. Peut-être intimidés, certainement alertés par les promesses de bénéfices futurs, les majors vont se mettre à sérieusement archiver leurs stocks, et quelques ingénieux businessmen, Ted Turner en tête, vont racheter à coups de millions des catalogues de films de prestige.

L’apparition d’un support vidéo de luxe, le laserdisc, va créer une véritable niche de consommateurs cinéphiles et inconsidérément dépensiers. Les classiques restaurés leur sont immédiatement proposés, mais quelques cinéastes rusés vont comprendre à quel point ce réseau peut leur être artistiquement profitable. James Cameron, qui, par sens politique, a l’habitude de sucrer lui-même des pans entiers de ses films (voire des sous-intrigues complètes) va ainsi proposer sa version longue de Aliens au tout début des années 90. Devant l’accueil délirant qui lui sera réservé, il enchaînera presque aussitôt avec celle d’Abyss et concluera avec la très impressionnante version alternative de Terminator 2. Le sort en est jeté. Le laserdisc sera le support par lequel les cinéastes prendront leur revanche, remonteront leurs films, commenteront leurs choix, et tiendront au jour le jour la gazette de leur bras de fer continu avec les intérêts financiers, publiques, critiques. Le phénomène est à ce point prégnant que, dix années durant, le cinéma, Art populaire par excellence, deviendra réellement un médium à deux vitesses selon que l’on soit équipé ou non d'un lecteur de laserdisc NTSC. Des termes comme "special edition" ou "director’s cut" deviennent les signes de reconnaissance de toute une sous-culture cinéphile qui ne voit tout simplement plus les mêmes films que le spectateur lambda ! L’apparition tardive d’un support vidéo démocratique et de qualité, le DVD, mettra fin en partie à cet inquiétant processus, en faisant participer le plus grand nombre à la folie de la scène manquante.
Contrecoup peu heureux du phénomène Director’s Cut : les versions originellement parues disparaissent dans une indifférence presque générale. Quid du pauvre spectateur qui préférait la version condensée, beaucoup plus mystérieuse, d’Aliens ? De celui qui regrette la voix-off à la Bogart de Blade Runner ? De celui qui tremblait à L’Exorciste avant qu’il ne devienne un manifeste cul-bénit ? Ou qui fondait sous les accords jazzy d’Henry Mancini dans l’ouverture de La Soif du Mal ? Un malheur n’arrivant jamais seul, George Lucas prend, vingt ans après, la relève de ses collègues Spielberg et Coppola, et lance le concept du révisionnisme assisté par ordinateur. La rentabilité phénoménale de la ressortie des trois Star Wars, retouchés inconsidérément au pinceau magique, va donner de sales idées à quelques génies vieillissants. Spielberg se verrait bien effacer numériquement les armes à feu présents dans le final de son E.T. Friedkin s’amuse à rajouter des spectres dans son monument de terreur clinique qu’est (qu’était ?) L’Exorciste.

"The Definitive Collection", un coffret laserdisc sorti en 1994 et qui portait bien son nom. Celui-ci contenait trois films très populaires à leur époque, remasterisés avec soin, et dont il s'agit là de la dernière (et meilleure) édition vidéo, avant qu'ils ne disparaissent mystérieusement de la surface du globe en 1997. Quelques copies survivent encore de nos jours grâce au travail de "pirates-hors-la-loi-illégal-pétoupé-prison"

 

On finirait presque par se demander si, à coups de pixels facétieux, le film inachevé de Marilyn Monroe, Something’s Got to Give, restera encore longtemps une pure chimère.
Oh ! A propos ! Le peintre Bonnard n’est jamais parvenu à retoucher ses toiles, pour la simple et bonne raison qu’il y avait, au Louvre, des gardiens vigilants.

Rafik Djoumi

Discuter de cet article sur le forum



PS : En faisant mes emplettes hypertextuelles, je suis tombé sur ce document intéressant, dans lequel on peut voir Coppola tenter d’expliquer la nouveauté de son système de financement (largement développé depuis) sur Apocalypse Now; puis un journaliste de Newsweek qui décrit le Marché du Film et les « projets douteux qu’on ne verra certainement jamais » (à l’image, l’affiche du Fast Company de l’inconnu David Cronenberg) ; puis un monsieur qui essaye d’expliquer au journaliste incrédule que bientôt on pourra louer des films comme on emprunte des livres, grâce à la vidéocassette (« pour les gens qui travaillent la nuit », arf) et enfin Françoise Sagan, tout à fait digne du devoir de réserve et de discrétion que l’on attend d’un Président du Jury cannois, qui montre bien aux caméras de télé quel Palme d’Or elle a préféré.



Laserdiscs très recherchés de La Mélodie du Sud et de la vraie intégrale Tex Avery, aujourd'hui censurés totalement ou partiellement par leurs crétins d'ayant-droits pour cause de "politiquement incorrect"

 

Quinze ans avant sa sortie en DVD, le director's cut de JFK. La version sortie en salle de La Belle et la Bête (horriblement retouché pour le DVD) et le "work in progress", qui permettait de voir le film intégral en crayonné (avec scènes coupées)

Partager

Déposez un commentaire !

(facultatif)

(facultatif)

error

Attention, les propos injurieux, racistes, etc. sont interdits sur ce site.
Si une personne porte plainte, nous utiliserons votre adresse internet (38.107.191.110) pour vous identifier.     

Tous les commentaires de l'article:
La Guerre des clones

  • Lord Galean

    dim 31 mai 2009 15:12

    @beat kiyoshi : merci pour le tips, je vais essayer de chercher dans cette voie là. En effet comme tu dis ça mérite le coup d'oeil.

    bonjour à tous, je voulais vous laisser le lien de mon second court-métrage en espérant que vous apprécierez et que vous aurez l'indulgence de passer outre les petits défauts qu'il ya surement http://www.dailymotion.com/user/LordGalean/video/x9f5gz_agonie_shortfilms

  • Rafik

    sam 30 mai 2009 14:10

    Merci Fox
    Je crois que nous sommes pas mal à avoir un peu trop fantasmé Fast Company. J'avais découvert le film bien avant la sortie de Crash, mais je m'étais également imaginé que Cronenberg aborderait la mécanique automobile de la même façon que la mécanique du corps humain. Hé bien non en fait, pas du tout Et oui, ce film est bien tout pourri...

  • Fox Gouezel

    ven 29 mai 2009 15:12

    Très bon texte, vieux.
    Bon j'ai vu Fast Company au Japon, c'est pas trop grave qu'il soit passé à la trappe. J'aurais bien aimé qu'il amorce Crash, mais c'est juste un film tout pourri

  • vermithrax pejorative

    mar 19 mai 2009 09:56

    Dewaere qui balance "je serai jamais vieux, moi" dans le dernier document video, ça fout quand même un choc...

  • Beat Kiyoshi

    dim 10 mai 2009 18:18

    Alors il n'est malheureusement pas disponible en Zone 2, par contre si c'est la langue qui pose problème sache qu'il y a des ST FR sur le Zone 1.

    (Sinon, y'a toujours la bonne vieille méthode outlaw)

    (Et ne t'attend pas à un aussi bon film qu'Anchorman, ça reste un bonus, quoi. Mais quelques scènes valent le coup d'oeil)

  • Lord Galean

    sam 09 mai 2009 11:59

    ah d'accord, je n'avais pas compris que tu parlais d'un film "B", je pensais que tu disais qu'il avait fait le Director's cut parce qu'on ne l'avait pas laissé faire ce qu'il voulait. Oui, effectivement, là c'est autre chose. Perso j'ai adoré Anchorman, tu sais pas si c'est possible d'avoir en version zone 2, le film Anchorman avec ce film dit "film B" Wake Up, Ron Burgundy" ?

  • Beat Kiyoshi

    sam 09 mai 2009 11:35

    Lord Galean : Je n'invente rien, Anchorman a fait l'objet de tant de coupes qu'il a donné naissance à un "film B" composé de scènes alternatives, de passages coupés et même d'une seconde intrigue complètement passée à la trappe dans le film original : celle des braqueurs de banques revendicateurs. Le film s'appelle Wake Up, Ron Burgundy, dure 1h33 et est disponible sur l'édition collector zone 1 d'Anchorman.

    Après par contre je suis d'accord avec toi, ce n'est surement pas un problème de final cut et Adam McKay n'a probablement pas eu de problème pour monter SA version du film.
    Mais c'est une prod Apatow, avec ce que cela comporte de tentatives d'impros (d'autant que là y'avait un casting de génies en la matière entre Ferrell, Carell, Rudd etc) et d'intrigues parallèles (suffit de voir par exemple les différences énormes entre les montages ciné et DVD de films comme Ricky Bobby ou Walk Hard).

    Du coup avec ce genre de réalisateurs qui ont tendance à filmer le plus possible, les "films B" pourraient devenir plus fréquents à l'avenir et même servir d'élément marketing incontournable à l'avenir, comme peuvent l'être les Director's Cut aujourd'hui.

  • neocalimero mailto

    sam 09 mai 2009 11:25

    Merci pour tes infos Rafik.

  • Lord Galean

    sam 09 mai 2009 10:36

    a oki, merci de ces précisions, effectivement, j'ai regardé une autre vidéo du même festival où Sagan félicite le réal du Tambour, en lui disant combien elle a préféré son film à lui devant toute les caméras de TV, c'est la classe

  • Rafik

    sam 09 mai 2009 10:01

    Raoul W : alors là j'ignorais complètement que c'était Thalberg. Et je suis même surpris. Va falloir que je révise.


    Lord Gaelan : Sagan a fait savoir durant tout le Festival que le film américain (je ne donne pas son titre puisque c'est avant tout sa nationalité qui en faisait un mauvais film) n'aurait pas la Palme. Elle a alimenté abondamment la polémique, s'est constitué un groupe de pression fait de critiques antiyankees et s'est fritté avec à peu près tous les autres membres du Jury (qui préféraient l'horreur génocidaire américaine du tueur de bébés vietnamiens Coppola). En résumé, elle a un peu près cumulé toutes les erreurs et toutes les absences de classe qu'on peut redouter d'un Président du Jury (pis après elle a fait un scandale parce que le Festival refusait de payer sa facture de téléphone qui se montait à un an de salaire de cadre). Bonjour bassesse...