Coraline et sa dédicace  (News) posté le samedi 18 avril 2009 10:39

bruno coulais, coraline, henry selick, jerk wad, tim burton

Creaking Van Iddli Fla Lu Va
Pretty Sah Lu Feh Iddli Twu Ki Padi
Trelly Goilly Doilly Seli Pretty Chedi
Emi Swalin Gwoh

Seri Ferin Dorin Greh
Fairy Seiry Don
Sweedes Machin Twinky Doo
Fweeden Soreti

Oosi An Tweeban Retiso
Neh-Neh Fehreeden
Sindwee Bin Doh

Swin Ting Lan Twenty Some Dring Doli
Sweet Lan Bih City Tran Dolinda
Pretty Leheleni Switi Kull
Meli Swimmin So

Creaking Van Iddli Fla Lu Va
Pretty Sah Lu Feh Iddli Twu Ki Padi
Trelly Goilly Doilly Seli Pretty Chedi
Emi Swalin Gwoh...

(Bruno Coulais et le Choeur des enfants de Nice)




Vu cette semaine le nouveau film d'Henry Selick, et en 3D s'il vous plaît puisqu'il a été conçu et réalisé en fonction de ce format (hélas, nos amis roumains, albanais et français n'auront pas la chance d'en profiter puisque l'économie de leur pays n'autorise pas encore les exploitants à s'équiper en projection numérique, indispensable à ce format)
Très brièvement, on retrouve dans ce long métrage l'esprit parfois contemplatif et inquiétant de Slow Bob ainsi que les à-côtés des multiples courts de Selick pour MTV. J'admets avoir eu une nette préférence pour les séquences légères, qui se déroulent dans le monde "normal" de Coraline et nous la montrent errer dans sa grande maison vide, faire la vaisselle devant des carreaux embués ou s'en prendre à un tapis récalcitrant. Dès lors que le film passe en mode "Neil Gaiman à travers le Miroir", il perd peut-être un peu de sa particularité pour privilégier le développement de son intrigue, certes étrange et inquiétante, mais peut-être aussi déjà digérée par ceux qui consomment de la production gothique. Mais qu'on se rassure : à l'exception d'un climax un tantinet faiblard, l'oeuvre respecte suffisament son audience pour lui offrir avec régularité de l'inattendu, de l'ambivalent, un onirisme crédible et, bien sûr, un soin de malade dans le design et l'animation (je ne me remets pas de la qualité des costumes quand on considère la taille de ces poupées). Donc Coraline, à voir, oui ! Clairement 10 coudées au-dessus de James et la pêche géante et largement 100 000 coudées au-dessus des Noces funèbres.

Reste cette étrange dédicace qui conclue le générique de fin :

For Those in the Know : Jerk Wad

Dans la langue anglaise, le "jerkwad" fait allusion au morceau de tissu qu'on utilise après s'être astiqué le sauciflard (to jerk off). Il n'a pas d'équivalent français si ce n'est, tout simplement, le mot "branleur". Ce qui nous donnerait...


A Ceux qui sont dans la confidence : Branleur





Interrogé au sujet de cette dédicace, Henry Selick a donné l'explication suivante à la presse américaine : "Dans le film, Coraline est très en colère lorsque Wybie essaye de lui subtiliser la poupée; alors elle le poursuit en lui jettant ses bottes à la figure. J'ignorais à quel point ce geste était une insulte avant l'incident entre le président George Bush et un journaliste irakien. Les gens du Moyen Orient comprendront donc que Coraline est très en colère ! En cherchant des mots pour illustrer cette idée, j'ai trouvé ce "jerkwad". Les responsables du site Coraline.com cherchaient un mot qui puisse servir d'indice pour un concours en ligne; et donc voilà comment, une fois de plus, le marketing a généré une grossière inspiration."

Effectivement, le mot "jerkwad" est un des mots-clés qui permet, lorsqu'on l'inscrit à un certain endroit du site officiel, de gagner une paire de Nike Dunks aux couleurs du film.
Mouais... mais comme j'ai l'esprit particulièrement mal tourné, j'aurais tendance à penser que "ceux dans la confidence" ne sont pas forcément les dizaines de milliers de spectateurs en quête d'une paire de chaussures mais plutôt l'équipe du film et les proches d'Henry Selick.
Aussi, à leurs yeux, le "branleur" en question pourrait être plus simplement l'homme qui, depuis seize ans, s'attribue de façon indécente la paternité de leur oeuvre L'Etrange Noël de Mr Jack, film qu'il a certes co-écrit et produit mais certainement pas réalisé et encore moins animé. Aujourd'hui encore, à la télévision américaine, des gens félicitent ce même individu pour la réussite de Coraline, quand bien même il n'a pour le coup strictement rien à voir avec le projet. (hé, les gens ! si vous voulez absolument le féliciter, rappelez-lui Les Noces funèbres, parce que là c'était bien lui !)
Bref, j'aurais tendance à penser qu'il n'y a pas que Coraline qui soit très en colère qu'on lui ait subtilisé quelque chose, au point de vouloir jeter ses chaussures à la tronche du voleur. Mais j'ai l'esprit mal tourné; je vois le mal partout.

Rafik Djoumi


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Tous les commentaires de l'article:
Coraline et sa dédicace

  • Lord Galean

    sam 13 jun 2009 21:06

    j'ai vu enfin Coraline et j'ai le même avis que toi Rafik, mais, comme j'ai l'esprit encore plus mal tourné que toi si on peut dire, je dirais même que tout le film est dédicacé à Burton, et qu'ainsi cette Coraline qui se bat contre sa gentille maman en apparence qui est une vraie sorcière par la suite me rappelle furieusement le gentil Selick se faisant "charmer puis entuber" par la sorcière Burton

  • jérôme

    jeu 23 avr 2009 11:11

    Court-métrage cité dans l'article de Gilles Ciment dont parlait Apone (je précise parce que mon message précédent avait l'air de tomber comme un cheveu sur la soupe)

  • jérôme

    jeu 23 avr 2009 11:09

    A noter que le court-métrage "Sandman" (bien plus flippant que le long-métrage de Selick, par ailleurs) du regretté Paul Berry est visible sur youtube, à cette adresse, entre autres : http://www.youtube.com/watch?v=UjgHbRrnjhU

  • Rafik

    mer 22 avr 2009 22:56

    Apone : Merci beaucoup pour le lien de l'article, tout à fait juste en effet
    (et merci pour les encouragements)

  • Lord Galéan

    mer 22 avr 2009 21:48

    à jérome : Justement, on sent que sa volonté d'en faire un film d'animation complet de l'ordre de "Qui veut sauver la peau de Roger Rabbit" ou dans un autre ordre d'idée "Cool World" de Ralph Bahski, n'a pu réellement aboutir. Et ce film en devient une sorte d film concept à mi-chemin des deux films cités mais qui est d'une richesse narrative et thématique impressionnante (il ya d'ailleurs dedans du Neil Gaiman c'est dire )

    enfin, vois le, parce que c'est vraiment un film intéressant, bien plus que tout les films formatés qu'Hollywood nous pond à tire larigot.

  • Apone

    mer 22 avr 2009 12:09

    Bonjour à tous,

    Pour ceux qui pourraient être intéressés, voici un excellent article de Gilles Ciment publié dans POSITIF en 1995, que je trouve particulièrement révélateur. Il revendique justement, à travers la notion d' "auteur", la paternité de Selick sur "... M. Jack". C'est ici: http://gciment.free.fr/cacritiqueetrangenoel.htm.

    (je profite de ce premier post pour remercier Rafik: son blog est tout simplement passionnant !)

  • jérôme

    lun 20 avr 2009 20:12

    à Lord Galéan : Tu m'intéresses là... Pourtant Monkeybone est montré par tous (et par son réalisateur en premier lieu, qui voulait faire un film d'animation) comme un film inabouti, non ? (je l'ai pas vu)

  • Lord Galéan

    lun 20 avr 2009 19:35

    "Vu cette semaine le nouveau film d'Henry Selick, et en 3D s'il vous plaît puisqu'il a été conçu et réalisé en fonction de ce format (hélas, nos amis roumains, albanais et français n'auront pas la chance d'en profiter puisque l'économie de leur pays n'autorise pas encore les exploitants à s'équiper en projection numérique, indispensable à ce format)"

    tu vis pas à Paris, Rafik ? mais alors où diantre vis-tu donc ?

    C'est clair que suffit de se balader sur les forums de ciné pour voir les Burton's fan ouvrir la gueule et montrer les crocs quand on ose leur rappeller que Tim Burton contrairement à ce que certains continuent de croire n'a pas réalisé "Mister Jack" et encore moins "James et la pêche géante".

    Au bout d'un moment j'ai abandonné, d'ailleurs le film de lui que je préfère est sans aucune constestation possible, "Monkey Bone", qu'il faut à tout prix avoir vu, surtout si on se dit être un Sellick'addict

  • jérôme

    lun 20 avr 2009 12:49

    Dans le bouquin-making of de l'époque de Nightmare Beofre Christmas (toujours dispo en anglais : http://www.amazon.fr/Burtons-Nightmare-Before-Christmas-Film/dp/0786853786/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=english-books&qid=1240224050&sr=1-1 ), la genèse du film est plutôt bien expliquée... De l'histoire initiale et des premiers croquis de Burton aux visuels finaux... Apparemment la création du scénar a par exemple été assez atypique (Elfman créait les chansons d'après l'histoire, Caroline Thompson arrivait à la fin pour relier les chansons avec un scénario si je me souviens bien) mais je ne pense pas qu'il était question d'imprimer dès le départ la patte de Selick sur le scénar... Et indubitablement le mot d'ordre esthétique était de coller au "style Burton" (ses croquis de personnages et son stylme général).
    Le fait que le nom de Selick passe à l'as sur ce film est effectivement choquant mais d'un autre côté je pense qu'évincer celui de Burton le serait tout autant.
    (après qu'on ait mis en avant le nom de Burton sur La pèche géante par exemple, là c'est clairement n'importe quoi, on est d'accord)

  • Beat Kiyoshi

    dim 19 avr 2009 14:12

    Tiens d'ailleurs est-ce que tu pourrais m'aiguiller vers un article (ou un bouquin, ou quoi que ce soit) qui raconterait réellement comment a été créé l'Etrange Noël, de A à Z ?
    Parce que j'ai l'impression d'avoir lu tout et son contraire sur ce film. Je me souviens notamment d'une interview de Selick période James et la Pêche Géante où il disait, en gros, qu'il était fier de son premier vrai long-métrage, le précédent étant clairement selon lui un film de Burton (il utilisait une phrase du genre "Suffit de voir le look des persos pour comprendre qui était derrière le film"). Par contre malheureusement je me souviens pas où j'avais lu ça (peut-être dans Mad vu que c'était un des rares trucs que je lisais à l'époque... )...

    Du coup ça ne m'étonne pas trop que les gens ne sachent plus à qui attribuer la paternité du film, tellement la réalité des coulisses semble floue.