Et voilà ! On s'en doutait mais ça fait toujours son petit
effet. Après la défonce de I am Legend, après la défonce du dernier
James Bond the Something of
Boris, le coup de gueule autour de Watchmen est la
troisième page à faire sauter les stats de ce blog. Rien
d’étonnant à cela. D'une part la dictature de
l’actualité joue à plein. Et surtout, comme nous
l’avions déjà constaté auparavant, il ne faut pas
sous-estimer les effets médiamétriques du coup de gueule et ses
vertus cristallisantes de la pensée unique. Ceci ayant déjà été discuté en long et en large, je
vais éviter de me répéter.
Ducros se décarcasse
Après une longue conversation autour du dernier opus cool de Zack
Snyder, un collègue m’a demandé pourquoi je n’avais pas
plutôt fait une critique du film sur le blog, critique dans
laquelle j’aurais casé certains des arguments dont nous
avions discuté ; pourquoi ne pas prendre le temps d’exposer
point par point ce qui fait de Watchmen,
non pas seulement une adaptation exécrable, mais aussi et surtout
un mauvais film ? Réponse : une critique de ce type demande à la
fois du temps et de l’énergie et on n’a pas toujours
envie de dépenser tout cela sur un Zack Snyder... franchement...
Alors autant consacrer ce temps à quelques études qui, certes,
n'intéresseront que douze internautes, mais qui donneront au moins
à leur auteur la sensation d’œuvrer pour quelque chose
de vaguement constructif (je remercie au passage le lecteur D.
Sarrio, qui réclame à corps et à cri la suite du dossier "Pris sur le vif" mais qui ne devrait pas
s’étonner si je lui avoue que ces articles comptent parmi les
moins lus de ce blog)

Always Shoot the Messenger
Par contre, je m’empresse de ranger religieusement
Watchmen dans la case des
chefs-d’œuvre indiscutables et indiscutés, espèce rare
de films très attendus qui comblent avant même leur sortie les
attentes des geeks forumeurs, ravissent le grand public et
bénéficient de la plus extraordinaire mansuétude critique. Comptons
parmi eux un Superman Returns qui
fut digne "des bâtisseurs de cathédrale"; le
"spectacle abouti" du "superthriller" Hannibal de Ridley
Scott; une Attaque des clones
qui fut tout bonnement "le meilleur Star Wars" ou tout du
moins "le meilleur épisode avec L’Empire
contre-attaque"; rappelons-nous de "l’hilarant,
merveilleux, irrésistible" Shrek 2; le "choc
visuel" de Sin City, "film
atypique et novateur", "brillant exercice de style doublé
d'un hommage virtuose"; le James Bond réinventé de Casino Royale,
"meilleur film de la série" dont l’acteur réveillera
à coup sûr vos pulsions nocturnes; et bien sûr tous les films de
Tim Burton depuis Mars Attacks (mais
surtout pas avant). Bien sûr, chaque fois qu’un de ces joyaux
du millénaire révèle son éclat lumineux à la face du monde, il faut
obligatoirement s’attendre à l’apparition d’une
ou deux langues de pute qui osera salir de son venin
l’œuvre immaculée. J’ai pu voir comment certains
de mes collègues, qui ont la fâcheuse tendance à s’écrier
"Mais c’est de la merde !?" lorsqu’ils sortent
d’un film de merde, se sont retrouvés du jour au lendemain
assimilés à des furoncles. J’en fais moi-même
l’expérience à mes heures perdues. Il est néanmoins flagrant
que, plus le consensus est grand, plus la critique négative se révèle minoritaire, et plus le
critique coupable de ne pas aimer devient de toute évidence un
aigri (forum grospixels) un lécheur de cul hautain et
élitiste (talkbacks de DVDrama), un gars qui n’est
plus que l’ombre de lui-même (forums filmdeculte).
Quiconque serait tenté de se ranger à sa vision deviendrait
immédiatement son brave chien-chien (forums devildead).
Mais on pourra chercher longtemps, très longtemps, une réaction
qui, au lieu de se contenter de fusiller le messager, cherchera
éventuellement à décortiquer son message. A vrai dire, la personne
qui pointe le plus souvent les erreurs factuelles dans les articles
de ce blog est précisément celle qu’on accuse ailleurs
d’être mon "chien-chien". Est-ce un hasard
?

seul un aigri frustré pseudo-intello
verra du sexe subliminal dans ces affiches
C’est tellement beau que ça me donne envie de
tuer quelqu’un
Il y a quelques années, j’avais publiquement pris la défense
d’un critique que je n’aime pas, au sujet d’un de
ses papiers que je n’aimais pas du tout, et je
crois même qu’il avait fait paraître mon message de
"demi-soutien" dans son journal. Ma seule motivation à
défendre le bonhomme était l’impression de lynchage qui avait
suivi son (mauvais)
papier, générant sur le net français un flood
d’insultes à son égard. Parlant d’un film qui avait
fait dix millions de spectateurs et qui avait généré un consensus
critique ahurissant, ce monsieur se retrouvait le
seul en France à en dire ouvertement du mal.
Qu’il l’ait fait par provocation, par réaction ou par
conviction ne change rien au fait que la réponse, massive et
violente, de la foule à son égard sentait un peu le pogrom.
J’en étais même venu, à l’époque, à me demander si
certains films, épris d’innocence et de légèreté, ne
généraient pas au fond une violence sourde et inquisitrice chez
leur public (à propos
de ce film, je lisais
bien peu de message du type "j’ai adoré ; c’était
superbe", et bien plus souvent des "je plains le connard
qui n’aimera pas"). Heureusement, mon manque de
visibilité m’évite d’avoir à faire face à ce genre de
réaction de masse post-vichyste. Mais rien qu’à mon tout
petit niveau, il arrive parfois qu’on sente le piquant des
barbelés.
Awesome
Sinon, j’ai retrouvé ce que je qualifiais de "critique
parfaite du film Watchmen rédigée il y a déjà huit mois".
Celle-ci n’était pas sur un forum mais tout simplement sur le
blog et les talkbacks de son auteur tichoux. La voici :
19 aout 2008
Autant ne pas se voiler la face, l’adaptation ciné de
Watchmen sent la catastrophe depuis ses premiers balbutiements, il
y a plus d’une décennie de ça, et ça ne fait qu’empirer
à l’approche de l’accouchement du bâtard, prévu pour
mars 2009. Mais pour ceux qui voient déjà l’étron monumental
se profiler à l’horizon, il y a un peu de rigolade à venir
grâce au litige légal opposant la Warner et la Fox concernant les
droits du comics.(...)
Watchmen n'est pas adaptable oui, mais à la limite c'est pas le
problème. Il est pas adaptable que ça soit Gilliam, Greengrass,
Cameron ou Snyder. Ce qui fait peur c'est la vision que Snyder
semble avoir du truc (et y avait pas vraiment besoin d'attendre les
premières images pour deviner à quoi ça allait ressembler : perso
le teaser c'était exactement ce que je craignais) : ça va être un
fanfic à gros budget (awesome !)
Maintenant essayons un truc. Ozymandias est en quelque sorte la
réincarnation de Ramsès II et l'homme le plus intelligent de la
planète. Maintenant relis la phrase précédente et regarde la photo
du film. Vois tu comme un souci ?
Blog influent masturbatoire qui cherche à se faire
mousser
Si vous voulez voir à quoi ressemblent des critiques ciné que
l’on qualifie assez régulièrement
d’aigris-hautains-élitistes-paranos ou que sais-je encore,
foncez vers le site de L’Ouvreuse. En voilà qui ont su élever
l’agressivité minoritaire face au consensus
au rang d’Art majeur ; et ils sont d’autant plus
méchants et intolérables qu’ils passent leur temps à
développer leurs arguments sur de longs feuillets. A
l’occasion de leur deuxième cérémonie des Esquimaux Euhouards (où
ils disent plein de méchanceté sur Alexandre Arcady et George
Romero), ces cancrelats frustrés de la vie se sont rendus coupables
d’une vidéo où leur haine du vrai cinéma d’Art éclate
au grand jour. Malade comme je suis, je l’ai casée direct
dans les bookmarks !
Et comme je n’ai décidément rien à faire de mes journées (à
part haïr le cinéma) voici un article complémentaire à mes
méchancetés bloguesques anti-Snyder :
Alan Moore – Adaptation :
Impossible
Rafik Djoumi

).
lol

Kog
sam 07 mar 2009 13:04