The Wrath of Fans  (News) posté le dimanche 15 février 2009 22:23

attack of the clones, fandom, indiana jones, star wars, the people versus george lucas


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Voici la première bande annonce du documentaire The People versus George Lucas dont je vous parlais en Octobre. Immanquablement, elle risque de provoquer chez vous des sentiments mêlés. Vous y entendrez forcément une phrase que vous avez déjà prononcée ; mais l’effet d’accumulation du montage peut tout aussi bien inhiber votre joyeuse agressivité et vous faire chuchoter « Pauvre George ! Ils sont méchants avec toi quand même ». En tous cas, moi ça m’a traversé l’esprit.

Ce teaser est l’occasion d’évoquer un petit phénomène dont nous n’avons pas souvent parlé en ces lieux et qui touche à l’influence, plutôt récente, du Fandom.

 

Il y a longtemps, très longtemps, dans une galaxie lointaine appelée les années 80, le Fandom n’était qu’une vague notion, plutôt abstraite. Même si le terme existait déjà, il n’y avait pas de Fandom concret ; il n’y avait que des individus éparpillés dans une société qui les regardait avec embarras, isolés dans leur "fanatisme". Les mieux lotis, géographiquement, pouvaient à l’occasion se croiser dans des boutiques spécialisées et des conventions et apprendre ainsi que, non seulement ils n’étaient pas seuls, mais qu’ils représentaient également une certaine force numéraire (acte préalable à toute révolution ; le jour où les pauvres comprendront vraiment qu’ils sont une majorité, ça risque de chier dans le ventilo). Ce Fandom des temps anciens ne disposait que du pouvoir que lui conférait quelques rares ambitieux (création de fanzines, de conventions, de festivals) exécutant un travail de fond sur les esprits plutôt qu’un grand chambardement.

 

Comme on le sait, Internet a radicalement changé tout cela.

Quelques mois après sa démocratisation, un texan rouquin et obèse (*) qui ne décolle pratiquement jamais de sa chambre pouvait prétendre faire trembler les studios hollywoodiens (et par extension, la finance) en se prévalant de quelques centaines de milliers d’obèses comme lui, capables de faire ou défaire le premier jour de sortie d’un blockbuster. Dans les années 80, il fallait compter sept ou huit ans avant que George Lucas s’entende dire que les gens étaient pas trop super fans des pandas qui remuent du cul en forêt ou qu’ils avaient un peu de mal à accepter que Boba Fett meurt en plongeant tête la première dans un bidet de chiotte organique. En 1998, il fallait un peu moins de 24 heures pour que les boîtes mail de Lucasfilm se voient remplies d’images de Jar Jar Binks découpé en morceaux. Dans les années 80, une série télé annulée était... annulée. Aujourd’hui, des pétitions et des promotions par les fansites peuvent ramener Futurama d’entre les morts. Bref, pour le meilleur et souvent pour le pire, Internet a permis au Fandom de s’organiser en clans et en sous-clans tout en se persuadant de son importance sur le développement du monde culturel. Et il faudrait être de bien mauvaise foi pour ne pas voir le complexe jeu de ping-pong (avec feintes, tricheries, séductions etc.) qui met en scène depuis l’an 2000 le Fandom internaute et l’industrie ciné/bédé/videogame, avec ses conséquences directes sur la production.

 

Le Fandom promeut et le Fandom condamne. Mais il est bon de préciser que, à l’époque où ses agents étaient éparpillés dans le monde "normal", le Fandom faisait déjà de la promotion intensive. Ce sont par contre ses condamnations qui résonnaient comme un pet de mouche dans le cosmos (100% des fans de Judge Dredd ont hurlé à la trahison en apprenant que leur héros retirait son masque au bout de 5 minutes de film ; 100% des gens qui travaillaient sur le film n’ont absolument rien entendu à leurs cris). Du coup, le porte-voix qu’Internet représente aujourd’hui pour cette communauté semble essentiellement résonner, du moins pour ceux qui tentent de l’écouter, à travers ses gueulantes et ses chouinades. Ainsi, en devenant une minorité visible, le Fandom en a été réduit à jouer ce rôle ingrat que la complexité des mécanismes démocratiques finit par imposer à tout groupe militant.

 

Reste la créativité.

 

Parce qu’il y aura toujours quelques individus isolés et ambitieux qui aiment bien s’octroyer la parole en usant d’humour, de dérision ou d'éloquence, Internet est aussi la plateforme par laquelle le Fandom retrouve ses meilleurs réflexes.


Voici donc une petite compilation de railleries et râleries qui ont le mérite de ne pas nous faire passer, nous les fans, pour une bande de petites vieilles acariâtres toute droit sorties d’un Lucky Luke.

 


 

Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal

La bande-annonce qui ne trompe pas sur la marchandise


 

 

Indiana Shot first

 

 

Making of de Lord of the Rings par George Lucas

 


 

How George Lucas Might F@#% Up Indiana Jones 4

(publié avant la sortie du film)

 


 

L’Attaque des clones en 5 secondes

 


 

Le Seigneur des Anneaux en 15 secondes

 

 

 

Le Blu-Ray l’emporte sur le HD-DVD

 


 

et parce que le titre de ce billet y fait référence

Star Trek 2 : Il Forza Di Khan

 


 

Rafik Djoumi


(*) peut-être, un de ces quatre, me déciderais-je à rédiger un pour/contre sur Harry Knowles et Aint-it-cool-news

 

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Tous les commentaires de l'article:
The Wrath of Fans

  • sarrio

    ven 27 fév 2009 10:32

    Cela dit, au delà du grotesque (la scène m’a fait pensé a celle du film La chèvre, avec un serpent en plastoc), lorsque je verrais une deuxième fois le film, suite à ce que tu viens de dire, je porterais mon attention sur les dialogues de Keopp.

  • sarrio

    ven 27 fév 2009 10:22

    Lord Galean, si tu as lu le script de Darabont, tu comprendras qu'en comparaison (et mais même sans cela) le grotesque et l’inutilité de cette scène tel que David Koepp l’as écrite (sous l’influence de Lucas ?). Et si tu as suivi les aléas de l’écriture d’Indy 4, il en ressort que Spielberg c’est mis à l’écart du rendu final du script. Dc, je ne suis pas certain qu’il faille "lire un Spielberg" au-delà de ce qui est montré façon premier degré » dans ce cas.
    Je parle ici de scenario, des choix qui ne peuvent, semble t’il, qu’ incomber à Lucas et Keopp, Spielberg semble avoir surtout « Honoré un contrat »
    Tiens, un lien qui parle du SCRIPT en détails :

    http://denyscorel.over-blog.com/article-23397711.html

  • Lord Galéan

    jeu 26 fév 2009 19:51

    grotesque c'est un point de vue, mais elle n'est certes pas du tout inutile narrativement, il ya qu'à voir symboliquement ce qu'"elle illustre, disons sur quoi le dialogue est à ce moment du film ;) je crois que tout est dit, malheureusement les gens ne savent pas "lire un Spielberg" au-delà de ce qui est montré façon premier degré.

    "Entre la montagne qui devient un petit tas de terre et Indiana Jones qui "s'enfonce", c'est à se demander si Spielberg (ou Lucas) n'a pas volontairement fait une autocritique cryptée de son propre film."

    j'ai une théorie que j'étaye de plus en plus avant de la construire sur un topic sur allo (puisque je suis allocinéen à la base) qui va bien plus loin que l'autocritique cryptée de son propre film par Luas ou Spielberg. Je dirais même plus que j'ai pensé ça un instant mais maintenant au regard de ce que je sais sur les éléments du film, je dirais qu'on assiste à un mélange de compromis et destruction du film par un réalisateur envers son "meilleur ami" tout de même mais de manière suffisamment forte pour affirmer son point de vue sur Indy mais aussi de manière fine pour ne pas froisser le dit "meilleur ami" quand même.

  • Macfly

    mer 25 fév 2009 12:39

    "c’est la scène ou Indy est pris dans les sables mouvants…grotesque et inutile narrativement."

    Entre la montagne qui devient un petit tas de terre et Indiana Jones qui "s'enfonce", c'est à se demander si Spielberg (ou Lucas) n'a pas volontairement fait une autocritique cryptée de son propre film.

    Oui bon, on se raccroche aux branches comme on peux.

  • Janto

    mar 24 fév 2009 21:32

    (ah non rien, simple bug tout va bien, tu peux effacer ce message et le précédent, désolé^^)

  • Janto

    mar 24 fév 2009 21:31

    Qu'est-ce qui est arrivé aux autres commentaires ? o_0

  • sarrio

    mar 24 fév 2009 10:29

    Contrairement à bcp, je ne pense pas que le soucis de Indy 4 soit la scène du frigo. Ce qui illustre bien mieux le massacre scénaristique (personnages et traitement en « échos » des thèmes) de la franchise Indy c’est la scène ou Indy est pris dans les sables mouvants…grotesque et inutile narrativement.

  • brotch mailto

    ven 20 fév 2009 10:33

    Je pense que le phénomêne des fans est positif. Plus qu'un simple groupe de pression (la nébuleuse anti-George Lucas est clairement une déviance extrême), il permet tout bonnement une émulation d'où émerge régulièrement des créations (cours-métrages, BD...) ainsi que de l'inspiration pour les créateurs "pro". L'important est que les créateurs sachent tirer le bon de cette fanbase, sans entrer dans une relation de copinage stérile (exemple : My name is Bruce, une sacrée bouse qui n'a vocation qu'à faire jouir les fans aveugles), et bien sûr, sans ignorer totalement ses attentes (exemple: l'immonde prélogie Star Wars bien sûr !).

    L'idéal que doit rechercher tout créateur est bien sûr de pouvoir transcender tout ça en enfant quelque chose d'original qui ne renie pas son héritage de "fan" (exemple : Kaamelott).

  • albundy

    jeu 19 fév 2009 17:30

    Il faut punir Harry knowles!!!
    Ce qu'il a fait a Rollerball et a Mctiernan est inadmissible!!

  • jérôme

    jeu 19 fév 2009 11:20

    La dernière vidéo, c'est pas vraiment du "fan made" (je veux dre fait pour internet et bénévolement) puique que ça vient de robot chicken, mais bon...