Forum !  (News) posté le vendredi 28 novembre 2008 14:27

Blog de rafik :Compagnon Geek, Forum !

Il y a quelques temps, j’avais fait remarquer à la rédaction de Toutlecine qu’une sorte de plateforme "geek" s’était développée sur les blogs affiliés au site. Bien que ces différents bloggeurs se connaissaient les uns les autres et s’échangeaient leurs liens, le lecteur de passage, qui se serait intéressé à l’ensemble de cette culture, n’aurait pas forcément perçu l’ensemble de ces blogs. A ma question "comment rendre cette plateforme plus visible ?" on me répondit "pourquoi ne pas commencer par créer un forum ?".

Ci fait, à cette adresse : Le Forum de Rafik

Je rassure tout de suite : le nom du forum a été choisi par convenance. Il ne s'agit PAS d'un forum consacré à ma poire mais d'un espace d'échange pour tous ceux qui gravitent dans la galaxie fanboy, nerd,  geek, cinéphage, gamer, comic-book fan, otaku, cosplayer, trekkie etc.

Les "talkbacks" sur les blogs n'offrant pas forcément beaucoup de souplesse, j'invite tous ceux qui ont créé un blog sur la plateforme toutlecine à mettre des liens, à la fin de leurs articles, pour que leurs lecteurs puissent discuter sur le forum de l'article en question, et plus si affinités.
J’invite également ceux qui gravitent sur d’autres plateformes (Blog l’éponge, Filmgeek, Flying Totoro, Wildgrounds et tous les autres.) à se manifester et à faire connaître leurs mises à jour.

Ceux qui disposent d’un blog sur Toutlecine pourront utiliser leurs identifiants pour se connecter. Les autres peuvent créer un compte en trois clics.

Bien sûr, les discussions sur ce forum ne seront pas limitées aux articles publiés sur les blogs. Toutes les initiatives liées au champ culturel qui nous intéresse seront les bienvenues.

A bientôt
Rafik Djoumi

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Avatar... pour de vrai ?  (News) posté le samedi 22 novembre 2008 04:35

Blog de rafik :Compagnon Geek, Avatar... pour de vrai ?

 

Mise à jour et correction du Dimanche 23 novembre :
Voilà qui m'apprendra à m'emballer et à embrayer sans prudence; l'auteur des dessins sur cette page (auquel j'avais d'ailleurs attribué un mauvais nom) s'est apparemment manifesté sur des sites américains en réfutant que ces dessins soient ceux des Na'vi de Avatar. Voici un partie de ses propos :

"Je suis Jonay Bacallado, l'auteur des images. Elles font partie de mon travail personnel et n'ont rien à voir avec le design final du film. L'interview du site www.plansiete.com va également être retirée, car j'en ai parlé avec les responsables du programme; les informations qui y sont données ne sont pas précises et cela peut prêter à confusion (…) ces images ont été récupérées sur mon site personnel et ceux qui m’ont interviewé ont considéré qu’il s’agissait là des vrais concepts et designs du film, mais ce n’est pas le cas. (…) le design des personnages a été fait par une autre équipe et je n’ai été mêlé qu’aux questions de costumes. (…)  Tout ceci pourrait me valoir des problèmes, et ce sans raison, car ceci n’est PAS LE CONCEPT ART D’AVATAR."

Ceci a le mérite d’être clair. Considérons donc que ces designs ne sont PAS ceux du film mais des créations toute personnelles...


(...)

... mouais bon d'accord. Reste qu’il est assez peu courant de s’adonner à un travail tout personnel en mettant des notes en bas de page qui ressemblent furieusement à celles d’un projet en pré-production. Et il est encore moins courant de donner des interviews à la télé, en expliquant à quel point il est difficile de créer des dessins en respectant les directives de James Cameron, si ces dessins sont censés être juste des créations personnelles ! Si Bacallado n’a fait que travailler sur les costumes des Na’vi, cela ferait tout de même de ces dessins des dessins officiels. Donc méfiance, prudence, pas d’emballement, blabla tout ça, n’empêche que les propos du jeune homme ressemblent à ceux de quelqu’un qui s’est fait grave engueuler au téléphone et que le "Tout ceci pourrait me valoir des problèmes" sonne comme une déclaration tout à fait sincère.

 


 

 

Donc rien ne confirme encore qu’il s’agit du look définitif des Na'vi. Par contre, plusieurs détails sur ces dessins renvoient à des concepts particuliers au film. Et en tous premier lieu les "cheveux". SPOILER  les Na’vi étant censés communiquer avec les animaux à l’aide de ces "cheveux", les animaux étant, eux, capables de communiquer avec les plantes. FIN SPOILER

 

Autre particularité intéressant : la queue.

Contrairement au dessin vu cet été, la queue de ce Na’vi ne semble pas émaner de son corps mais de son armure, renforçant l’idée d’une race qui communique avec l'environnement en émulant ses caractéristiques.

Vous noterez également une forme serpentine rattachée à l’arme de cette demoiselle. Là aussi, on pourrait sentir poindre de l'organique même si ce détail est entouré d'un halo de mystère dénué d'indices.

Enfin, le haut de la cage thoracique du personnage est frappé d’une sorte de sigle qui ne semble pas appartenir à son armure et qui pourrait participer des multiples éléments symbiotiques qui jouent une place prépondérante dans l’intrigue du film.

 

 

Ce ne sont là évidemment que des suppositions geeko-divagatoires, faites de recoupements entre la lecture du traitement original d’il y a dix ans et une photo volée du plateau de performance capture (qui elle aussi a, curieusement, peu circulé). La photo montre certains comédiens interagir avec des chevaux SPOILER les Na’vi étant d’une taille approximative de 2m50, ils chevauchent des montures qui leur sont adaptées FIN SPOILER. Un agrandissement permet de repérer au fond un figurant qui pourrait être un "stand in" de Na’vi. Un autre agrandissement révèle sur le moniteur de contrôle une silhouette de Na’vi, qui s'avère effectivement assez proche du design ici présent. (j'ai entouré de petits halos rouges les parties agrandies)


 

 

Quoiqu’il en soit, tous les délires prospectifs faits autour du nouveau film de James Cameron se heurtent tôt ou tard à une donnée incontournable : la relative virtualité d’un projet qui ne prendra forme qu’en fin de production.

 

Car en plus des multiples séquences filmées devant des green screen gigantissimes, et qui laissent présager d’un travail phénoménal de compositing, malgré la construction de décors et vaisseaux en dur que la rumeur affirme ultra-détaillés (certains ont décrit des transporteurs de troupe appelant vaguement ceux de Battlestar Galactica mais en version Méga King Size !) il reste au bout du compte impossible pour les espions geekologues que nous sommes de prévisualiser ce que donnera l’intense travail de performance capture de Jim Cameron.

Spielberg et Jackson, futurs maîtres d’œuvre de Tintin, ont assuré que Jim avait apporté des modifications démentes au système initié par Robert Zemeckis. Et la nature même de la performance capture, la souplesse de travail et de composition qu’elle permet, interdit à n’importe quel espion présent sur le plateau de savoir au juste à quoi ressemblera le film qui se tourne.

Aussi, pour ceux dont la lanterne n’a pas encore été éclairée (et il y en a beaucoup) quant à cette nouvelle méthode de travail; pour ceux qui ont lu le tout premier texte de ce blog sans forcément voir où je voulais en venir; ‘fin bref pour tous ceux que cela intéresse, je me suis fendu d’une nouvelle tentative d’explication de ce qu’est la performance capture et en quoi elle représente, sans exagération, une révolution. Un texte que j’espère plus abordable que mes précédentes démonstrations. A vous de voir.

Lire le texte : Tintin et la performance capture.


Rafik Djoumi

 

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Lendemain de cuite  (Articles) posté le jeudi 13 novembre 2008 02:31


La vidéo ci-dessus, originellement linkée par Blunt, est une création du comédien Joe Cornish, co-créateur avec son ami Adam Buxton du show anglais Adam and Joe. Les deux compères gravitent dans la sphère de Nick Frost, Edgar Wright et Simon Pegg. Ils sont apparus dans Shaun of the Dead et dans Hot Fuzz, et Joe Cornish est censé actuellement écrire le script de Ant-Man avec Edgar Wright. En attendant, il fait le con à se moquer du dernier Bond et de son aspect 'gritty-naughty', si éloignés à son goût des frasques de Roger Moore.
Les paroles sont en bas de page, après le texte.




Sinon, à part ça, ce n’est absolument pas de Cornish dont je voulais vous causer mais de la fréquentation de ce blog, qui a fait dans la journée de lundi un petit bond remarquable (téma la tof). Avec 75 commentaires au dernier recensement, mon coup de gueule du dimanche soir intitulé Les Fifils à sa Moman semble en passe de devenir l’article le plus commenté dans la courte histoire de ce blog. Si j’avais le goût de l’audimat, je m’empresserais de comparer ces chiffres avec ceux, quatre à cinq fois moins importants, qui ont accompagné mes tentatives d’historique de la caméra portée ou mes analyses séquentielles de Spielberg. Et j’en déduirais alors qu’il vaut mieux laisser tomber la rubrique ‘Analyse’ et développer à fond la section ‘Coups de gueule’, bien plus à même de créer du remous internaute avec le trafic qui l’accompagne.


Je pense que ça peut valoir le coup de s’attarder quelques minutes sur cet incident ainsi que sur ce qui a été dit à propos de ce texte, d’autant que les commentaires se sont prolongé sur des forums annexes, m’interdisant d’y répondre.

Ce micro-évènement d’un jour, survenu au sein de la micro-communauté des ‘geeks cinéma francophones internautes forumeurs adeptes du talkback’ (ça élimine pas mal de monde) est assimilable à ce que j’appellerais, dans une analogie tout à fait personnelle, le ‘syndrome Attaque des clones’ ; ou comment un texte écrit à la va-vite, dans un style agressif et avec quelques tentatives d’humour, devient l’objet d’un mini-débat parce qu’il a effleuré une problématique qui touche tous les intervenants. Toutes les personnes ici présentes consomment du cinéma d’action contemporain et toutes ces personnes ont une histoire familiale. A partir de là, en créant un court-circuit inédit entre ces deux champs d’expérience, le texte renvoie chacun des lecteurs à quelque chose de forcément très personnel (‘Mon Dieu ! mon goût pour ces films est-il à ce point déterminé par le rapport à mes parents ?’) et cela oblige ce lecteur à se positionner, par rapport à son vécu et par rapport au groupe culturel dans lequel il évolue. Le type de lecteur dont nous parlons ici étant naturellement prompt à débattre, puisqu’il est, je le rappelle, ‘geek cinéma francophone internaute forumeur adepte du talkback’, un débat relativement passionné ne tardera pas à surgir, dans lequel les intervenants prendront position (pour, contre, 50/50) en confrontant leur ressenti et leur expérience au vaste champ qui a été suggéré par le texte ‘coup de gueule’.

De ce point de vue, le texte ‘coup de gueule’ peut être assimilé à un microbe. Si ce microbe est déjà bien connu par l’organisme ‘geek cinéma francophone’, il sera immédiatement absorbé et anéanti (en langage internaute, on appelle cela un ‘troll’ et il est aussitôt absorbé par des ‘wuz here’). Mais si ce microbe propose une caractéristique inédite, le court-circuit qu’il déclenche au sein de l’organisme va générer la création d’anticorps spécifiques, durant une période de crise plus ou moins longue. Ces anticorps sont les termes du débat qui a lieu. Ils permettent à chaque intervenant de tester la validité du problème (donc d’identifier les composantes du microbe) et dans le meilleur des cas lui offre la possibilité d’une introspection qui affirme sa propre stabilité. La période de crise passée, l’organisme ‘geek cinéma francophone’ retrouvera son équilibre. Il se verra doté d’un nouveau mécanisme de défense, qui se déclenchera automatiquement si un microbe par trop similaire pointe un jour son nez. (et comme le Dieu des Geeks adore la synchro, figurez-vous que, quelques heures après avoir écrit ce texte, je me suis chopé un vrai microbe. Cela fait trois jours que je me traîne une sale grippe)

Ca c’était le bon côté des choses. Voyons maintenant le mauvais.

Si le genre de diatribe dont je me suis rendu coupable peut effectivement déclencher le débat, elle contribue aussi à poser de sérieuses limites. Je vous renvoie tout d’abord vers l’intervention de Sam Spade, qui tout en se chargeant de rappeler qu’il s’agissait là d’un ‘coup de gueule’, a également tenté de résumer ce qui constituait selon lui un problème dans l’étude de la réception des films. Pourtant, lorsque Sam affirme avec prudence : ‘Attention je dis pas que Rafik nous emprisonne dans une posture et dans une interprétation...’, je ne suis pas loin de penser au contraire que ‘Si, justement’ !

Le texte en question n’étant pas une analyse, il ne s’embarrasse pas des outils d’étude qui permettent l’analyse. Il n’y a là aucun effort d’objectivité puisque je ne me réfère à aucun chiffre, à aucune étude préalable ; je ne délimite pas le genre de films sur lesquels je vais m’attarder, ni la période, ni le système de production, ni des éléments sociologiques extérieurs à l’organisation de la famille. Je choisis les éléments que je vais mettre en scène afin d’y glisser l’analogie que j’ai en tête (comme beaucoup d’intervenants l’ont constaté). C’est le propre de la chronique, du ‘coup de gueule’ ; c’est le propre du ‘billet d’humeur’. On pourra alors allègrement pointer du doigt mon manque ‘d’honnêteté intellectuelle’, il n’y a pas d’honnêteté qui tienne puisque ce genre d’exercice est soumis à la dictature de celui qui écrit le texte, écartant ou contournant tous les obstacles qui l’empêcheraient d’atteindre son but. Ici, la mauvaise foi n'est qu'affaire d’appréciation. Dès lors, même si l’expérience de tout un chacun ne correspond pas forcément à ce qui est décrit dans le texte, c’est tout de même dans ce cadre bien délimité, dans ce carcan, que se feront les prises de position. Lord-of-babylon fera le constat qu’il aime les gros seins et les minous rasés mais qu’il déteste le dernier James Bond, et il se demandera où cela le situe. LMD ira chercher des textes passés où je chantais les louanges des comédiens éphèbes tels que Johnny Depp, en se demandant où se situe ma logique. Alertés par les termes que j’utilise, et les sentiments qui leur sont associés, Albundy, Tigelz, Beurk ou Jul me demanderont d’assumer ma promiscuité idéologique avec les très réactionnaires Eric Zemmour ou Alain Soral (oubliant que, contrairement à eux, je ne condamne pas l’évolution de la société, et n’en appelle pas au retour de valeurs semi-fantasmées, qui sont pour moi tombées en désuétude lorsqu’elles ont cessé d’être des valeurs pour devenir instruments d’oppression), ce qui est une façon inconsciente d’associer le carcan que j'ai créé avec mon texte par un carcan pré-existant (et donc le resserrer encore plus). Le Grand Wario commencera par affirmer ‘Je te voyais moins con que ça(comme c’est à peu près la cinquième ou sixième fois qu’il me qualifie de ‘con’, il faudra bien qu’il se décide un jour à valider ou non cette option), puis soulignera l’affreux sexisme d’un texte qui tend le bâton pour se faire battre, réagissant sans le savoir à des sentiments induits par le choix des mots plutôt qu’à une étude de la rhétorique en œuvre (puisque le texte interroge précisément une discrimination sexiste en cours de formation). Et bien sûr, beaucoup d’intervenants, ici ou sur un autre forum, ressortiront des films que j’ai toujours défendu pour les mettre à l’épreuve de cette grille de lecture. Mais quoi qu’il arrive, et j’oserais dire quelle que soit la pertinence des interventions, celles-ci demeureront fermement à l’intérieur du cercle délimité.


Il se trouve que c’est précisément ce type de ‘billet d’humeur’ qui, comme on l’a vu plus haut, provoquera l’affluence et le débat passionné. Le billet d’humeur mais pas l’analyse ! Qu’importe alors la virulence du débat, je le répète, celui-ci n’aura pas beaucoup de chances d’échapper au carcan imposé par le texte d’origine. Toutes les approximations, toutes les généralisations
hâtives de ce texte, et même ses tentatives d’humour (!) fonctionneront comme autant de balises qui délimitent l’espace du débat (à titre d’exemple, un gag pourri que j’avais fait dans ma critique de L’attaque des clones m’a valu 6 ans de remarques agacées des fans… parce que j’avais attribué une mauvaise couleur à la peau d’un alien ! Qu’importe qu’il s’agisse d’un gag pourri à la base, il devenait objet de débat).

Enfin, étant donné que j’ai moi-même délimité ce cercle, je me retrouve en position de force pour infirmer ou confirmer toutes les propositions du débat.

Je m'explique: si d’apparence un argument semble me mettre en échec (exemple : le Néo des Matrix n’incarne-t-il pas justement tout ce que tu dénonces ?) je n’ai plus qu’à tranquillement sortir du cercle que j'ai moi-même créé afin de d'aller trouver mon contre-argument ailleurs, mais cette fois-ci dans l’analyse ! Et c’est alors d’une façon plus posée et plus analytique que je tenterais de prouver, par exemple, que Néo est probablement le personnage le plus adulte que le cinéma d’action et de SF contemporain nous ait offert (ce qui d'ailleurs m’apprendra à ne pas terminer mes sites sur Matrix, puisqu’en abordant le volet Revolutions j’aurais nécessairement posé la question du Choix qui charpente la trilogie et ouvre à la pleine maturité). Bref, tout ça pour dire que ce système est bien pervers tant il apparaît qu'il offre les pleins pouvoirs à l'initiateur du texte !

 

 

Or, et c’est là où je voulais en venir, ce cloisonnement du débat par l’exercice du ‘billet d’humeur’ plus ou moins provoc’ est précisément la méthode par laquelle les grands éditorialistes de ce monde génèrent les mécanismes de la pensée unique. En toute liberté, sans aucune pression du gouvernement ou des places financières, ces éditorialistes laissent parler leurs sentiments sur la situation socio-politique, à grands coups d’approximations et de généralisations, et ils délimitent ainsi pour leurs lecteurs/auditeurs/téléspectateurs le carcan dans lequel se déroulera le débat plus ou moins passionné. La place qu’occupe ces ‘leaders d’opinion’ dans la hiérarchie sociale, la sélection préalable qui leur a valu d’occuper cette place, fait en sorte que la carcan qu’ils délimitent ainsi dans l’opinion publique rejoint quasi-automatiquement les intérêts du gouvernement et des places financières. C’est le type de démonstration que fait très régulièrement un intellectuel tel que Noam Chomsky pour expliquer les mécanismes de ce qu’il appelle la ‘dictature douce’ des démocraties occidentales. Et c’est en étudiant ces mêmes mécanismes que Jean Baudrillard avait prophétisé, dans les années 80, que le discours paranoïaque du Front National (immigration/insécurité/chômage) finirait par délimiter le cadre du débat pour tous les partis politiques français, ce qui lui valut de se faire kicker la gueule par à peu près tous les médias et les politiques. Nous sommes aujourd’hui en plein dedans et cherchons encore la porte de sortie.

Ce qui se produit donc à notre petit niveau micro-geek est aussi ce qui pollue la parole et l’échange à un bien plus large niveau social. Si je suis coupable de déverser mes sentiments confus dans un billet d’humeur, vous êtes aussi coupables de cristalliser dessus vos propres sentiments  en réagissant et en vous positionnant à l’intérieur du territoire ainsi délimité.

Je faisais plus haut une analogie avec les anticorps, gardiens de notre système biologique, que l’on peut aisément comparer à des flics. Les anticorps du système intellectuel sont eux aussi des flics, à la différence qu’ils ne servent pas seulement à nous protéger des agressions extérieures. Ils servent aussi à empêcher la pensée de s’évader vers des territoires qui pourraient lui apparaître à priori déstabilisants ou dangereux. Ce même lundi, dans les commentaires du sujet Hellboy II, Michael, du site Internet wildgrounds.com, pointait un phénomène très intéressant, et très actuel, au sujet d’une forme d’autocensure de l’imaginaire. Après lui, Eglantine faisait remarquer que ce phénomène avait pris corps dans un échange houleux entre des forumeurs du site dvdclassik  (la preuve qu’ils sont très en colère, d'ailleurs, ils s’envoient des Djoumi à la gueule). Ce phénomène décrit par Michael, et la façon avec laquelle s'empoignent les forumeurs désignés, est en rapport direct avec tout ce qui a été évoqué dans le coup de gueule des ‘Fifils à sa moman’. Mais pour que la pensée puisse percevoir ce lien, il faut préalablement qu’elle se soit échappée du carcan qu’on avait délimité pour elle. Autre exemple, plus abordable : beaucoup de titres de films ont été cités pour confirmer ou infirmer mon ‘billet d’humeur’. Mais personne à ma connaissance n’a cité le film des frères Coen No Country for Old Men, qui pourtant évoque avec insistance la place du Père, l’héritage du western et sa confrontation avec le cinéma d’action, l’impossibilité d’Hollywood à pérenniser certaines figures héroïques etc. La raison pour laquelle ce titre n’a pas fait surface dans les échanges, alors que chacun d’entre vous connaît et apprécie sûrement ce film, réside dans le fait que le carcan que j’avais délimité interdisait cette analogie, interdisait cette libre circulation de pensées.

En conclusion : méfiez-vous de moi et, surtout, méfiez-vous de vous !

Amicalement
Rafik Djoumi

 

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Et comme promis, les paroles du clip de Joe Cornish

He's got a gun and great big man-tits
He's got jug-ears and tiny trunks
Dame Judi Dench is FURIOUS with him!
He's gone completely out to lunch

The Quantum of Solace! (The Quantum of Solace!)
I don't know what that means! (What does it mean?)

He's having flash-backs in black and white
No more raised eyebrows, no more quips
He's got the stunt team from the Bourne films
and lots of products sponsorship

The Suantum of Quolace! (The Suantum of Quolace!)
Did I get it confused? (I got it mixed-up!)

He's nearly dead or really nearly
It's much more gritty than before
No silly gadgets, just lots more fighting
with that French bloke that does parkour

The Thingy of Whatsit! (The Something of Boris!)
I forgot what it's called! (Is that what it was?)

Sometimes I wish Roger Moore would come back
with an underwater car or some kind of jetpack
or a hover-gondola and a Union Jack

Forget it, mate, it's not the '80s!
He'd rather kick you in the face!
We've got a new Bond for the naughties
because the world's a TERRIBLE place!

The Quantum of Solace! (The Quantum of Solace!)
I've written it down! (I'll remember it now!)

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Les Fifils à sa Moman  (Coups de gueule) posté le lundi 10 novembre 2008 00:28



J’avoue que je suis parfois une brêle lorsqu’il s’agit de déterminer à l’avance le succès au box-office de certains blockbusters. Et j’ai eu l’occasion ces derniers mois de me trouver stupéfait par les scores engendrés sur certaines séquelles.

Nom de Zeus ! Les gens ont-ils à ce point adoré Batman Begins au point de se ruer par millions dans les multiplexes qui projetaient The Dark Knight ? Ont-ils été à ce point traumatisés par Couscous Royale (copyright Stéphane Moïssakis) pour assurer à Quantum of Solace un démarrage foudroyant ? Quant à la saga des Jason Burne, qui cumule à elle seule toutes les tares connues du cinéma d’action contemporain (intrigue minimaliste beurrée de circonvolutions inutilement complexes, personnages translucides réchappés d’une pub pour téléphones portables, mise en scène dyslexique faite de gros plans sur des machins qui bougent) elle n’a fait qu’affirmer son succès d’épisode en épisode.

A l’évidence, le public réclame à grands cris ce type de films d’action. Et lorsqu’on se prétend, comme moi, amateur de cinéma populaire, il n’y a aucune gloire à retirer de sa désynchronisation d’avec les goûts du public. Il m’est même assez difficile de vivre mon divorce d’avec ces films que le peuple acclame. En regardant Coucous Royale par petits bouts, j’ai réussi, au bout d’un an, à parvenir péniblement à la cinquantième minute. Ma vision de chaque Jason Burne a duré en moyenne 30 minutes (les 10 minutes du début + accéléré en fois 4 sur la totalité du film + les 5 minutes de climax). Quant à The Dark Knight, du fait de la vision en salle, je n’ai pas eu la liberté de zapper les 18 chapitres du futur DVD, où l’on prenait soin de me résumer les enjeux, puis de me résumer le résumé des enjeux, puis de m’expliciter le résumé du résumé des enjeux, au travers de scènes de dialogue qui ont fini par me faire comprendre le vertige d’Al Pacino dans Insomnia.

 

 

Mais ce qui me frappe le plus régulièrement dans ces récents blockbusters à succès, c’est la consistance de ses héros. Car il est évident qu’au-delà d’une certaine indigence cinégénique qui n’a pas l’heur de flatter mes papilles peut-être trop précieuses (Palsembleu, je ne trouve plus mon plaisir que dans les toiles de maître Del Toro et les expérimentations d’Art dynamique des Wachowski, ces affreux chantres du snobisme le plus élitiste ! Serais-je devenu sans le savoir le valet de la néo-aristocratie citadine ? Sabrecouille et giclemorve ! Qu’on me guillotine et que l’on jette ma perruque empoudrée sur la grève !) il est évident, disais-je, qu’une énorme partie de l’ennui prodigué devant les films cités plus haut vient de mon incapacité notoire à m’identifier, ne serait-ce qu’un minimum, au personnages titres. A ma connaissance, le cinéma d’action a toujours été plus ou moins dirigé vers un public d’adolescents ou d’adultes qui assument leurs restes d’adolescence; on n’attend pas de ce cinéma-là qu’il soit particulièrement fouillé psychologiquement ou qu’il gravite dans les hautes sphères philosophiques. On attend de lui qu’il fasse vivre une expérience, et pour ce fait qu’il autorise le spectateur à s’immerger dans la peau du héros.

Or, contrairement aux responsables de studio, qui se nourrissent régulièrement d’études de marché et sont donc censés connaître le profil psychologique de leur public, j’admets avoir complètement raté certaines étapes dans l’évolution des mœurs du public de films d’action. Depuis plus de dix ans, j’essayais de comprendre ce qu’il était advenu des héros "d’hier" ; pourquoi les agences de casting n’avaient-elles plus dans leurs bagages des Lee Marvin, des Charles Bronson, des Sean Connery, des Belmondo, des Lino Ventura, des Steve McQueen, des Yul Brynner, des Jim Brown, des Burt Reynolds, des Burt Lancaster etc. Je refusais de croire que ces "tronches" avaient simplement disparu de la circulation (réponse que l’on me donne trop souvent). Non! On n’employait tout simplement plus ce type d’acteurs, ce genre de profils, car le public d’ados ne les réclamait plus. OK, mais pourquoi ? Et pour être plus explicite dans ma demande cinémaniaque de bourgeois emplumé :

          Where the fuck is John Wayne ?

A la fin des années 80, les producteurs télé Stephen J. Cannell et Patrick Hasburgh avaient cherché à se faire une place au milieu d’une avalanche de séries policières à succès (Miami Vice et consorts). Pour contourner la concurrence, ils eurent l’idée ingénieuse de concevoir une série exclusivement destinée au public de jeunes filles. Comme le marketing le leur avait alors depuis longtemps démontré, les jeunes filles avaient tendance à se détourner des figures par trop viriles. Traversant une période d’incertitude sexuelle nécessaire à leur développement, à la lisière de l’homosexualité, l’énergie de leur libido avait tendance à se focaliser sur des garçons aux traits féminins marqués, dans une recherche inconsciente d’hommes sans phallus. La stratégie consistant à créer de toutes pièces des idoles masculines qui ne sentent pas trop la bite (donc "non agressives" pour l’hymen apeuré de ces demoiselles) avait prouvé son succès croissant dans le milieu de la musique pop (souvenez-vous des A-ha, Duran Duran, Depeche Mode, Alphaville, Tears for Fears etc.). Et dans cette logique, Stephen J. Cannell et Patrick Hasburgh avaient trouvé la perle rare en la personne d’un jeune comédien appelé Johnny Depp. Comme prévu, la série TV policière pour jeunes filles, titrée 21 Jump Street, fut un succès immédiat auprès des adolescentEs et laissa de marbre le public de garçons (sauf un ou deux qui, depuis, sont sortis du placard). Mais jamais de leur vie, ces producteurs futés n’auraient pu imaginer que, vingt ans plus tard, l’éphèbe Johnny Depp deviendrait un icône du film d’aventure et de pirates, porté aux nues par des millions de garçons.


Celle qui semble avoir compris le plus tôt les nouvelles nécessités du ciblage marketing est Barbara Broccoli, héritière de la saga des James Bond. Dès 1995, à la suite de plusieurs échecs, Barbara s’était chargé, avec le film Goldeneye, de redéfinir de fond en comble le personnage de Bond, emblème le plus évident de la masculinité à l’écran.

Depuis les années soixante, le personnage de Bond se définissait, entre autres, par son caractère solitaire, sa détermination, sa loyauté sans faille envers la couronne, sa virilité flirtant avec le machisme, sa violence et surtout sa capacité à "prendre" les choses quand bon lui semble. Pur produit d’un fantasme masculin inféodé aux conjectures (c’est-à-dire indifférent à toutes les critiques qui pleuvaient sur son compte dans les cercles féministes), James Bond était, sous les traits de Connery, de Lazenby ou même de Roger Moore, le genre d’individu qui pénètre dans une salle huppée, en costume impeccable, et qui, sans prononcer un mot, sans un geste brusque, suggére à l’assistance par sa seule posture : "Salut les taffiotes. Baissez les yeux car c’est moi qui ait la plus grosse. Toutes les femmes dans cette pièce m’appartiennent et je ne vais pas leur demander l’autorisation si l’envie me prend de les retourner sur la table". Ce Bond-là ne se cherchait aucune excuse, aucune justification, ne montrait aucun état d’âme. La plupart des femmes qu’il "prenait" (car il ne perdait pas de temps à les séduire) se faisaient généralement tuer une fois consommées. Et l’agent secret ne réfléchissait pas à deux fois avant d’user de la prérogative que lui offre le fameux "double-zéro", à savoir le permis de tuer.

Le Bond nouveau, apparu avec Goldeneye (et qui fit hurler de dégoût les bondophiles que je fréquentais à l’époque) était un personnage pétri de doutes, qui reste assis en silence dans un cimetière de statues de Lénine tel un ado gothique émule de Rimbaud ; un Bond sensible quoi ! in touch avec son feminine side au point de se faire à moitié violer par la méchante du film, seul personnage à la virilité agressive. Et pour bien souligner au Stabilo la nouvelle donne, ce Bond next generation était flanqué d’un nouveau supérieur hiérarchique : une femme en âge d’être sa mère et qui se comportait précisément comme telle ! En un seul film, les héritiers Broccoli ne se contentaient pas d’émasculer le personnage de Ian Fleming ; ils le rétrogradaient au stade d’un marmot de douze ans découvrant son premier poil de cul.

 

Six morts dans une ambassade. Non mais vous savez ce que ça veut dire, James ? Plus de forfait libre et plus de XBox pendant au moins un mois.

 

Ce que les producteurs de Goldeneye avaient senti venir (au lendemain de l’échec du trop ramboïde Permis de tuer ) c’est, je crois, l’arrivée en salle de la nouvelle génération de mômes ; celle qui fut élevée en masse dans des familles monoparentales ou recomposées. Dans ces familles qui se multiplièrent durant les années 70 et 80, la voix de l’autorité était généralement incarnée par la mère. Le père devenait soit absent, soit illégitime, soit il était prié d’adoucir ses angles, de laisser parler son côté maternel, en clair de devenir la voix de la tendresse et de l’apprentissage de la confiance en soi (c’est-à-dire le rôle dévolu à la mère dans les familles "d’avant").

Privés d’image du Père (au sens psychanalytique du terme) les gamins débarqués dans les années 90 étaient du même coup privés d’un certain modèle d’émulation, celui qui symbolisait l’autorité, la détermination et l’indépendance des générations précédentes. Privés de cette image, donc privés de cet élan, ils ne pouvaient plus chercher à s’identifier à un personnage qui incarne aussi pleinement cette figure patriarcale. L’identification ne peut désormais plus se faire qu’avec des semblables, des personnages qui auraient toutes les caractéristiques d’un ado.

Un môme des années 90/2000 refusera de s’identifier pleinement à John Wayne vu qu’il est beaucoup trop vieux du haut de ses quarante ans, le papy. Le môme des années 60/70, lui, s’identifiait à John Wayne précisément parce que ce dernier avait quarante ans "et que un jour je serais comme lui" ! Nous sommes passés d’une génération de mômes qui rêvent de grandir et de devenir des héros balèzes, indépendants, cavaliers solitaires… à une génération de quadragénaires qui vivent toujours chez môman et qui n’ont aucune envie de s’en émanciper (mais il paraît que c’est seulement la faute à la crizéconomik)

 

 

Autrefois il suffisait à James Bond de lever un sourcil pour que tout le monde comprenne qu’il avait un braquemard de dix kilos prêt à dégainer. Aujourd’hui James Bond fait de la muscu pour développer son beau corps d’adonis des clubs branchés de San Francisco ; quand il se bat avec des hommes, c’est dans les chiottes de préférence, et il hurle comme un porcin pour montrer  qu’il sait être vilaine ; dès qu’il approche d’une belle femme il se prend un vent ; et quand il fait une boulette, il se rend dans l’appartement de sa môman pour se faire excuser.

Dans son sillage direct a débarqué l’inénarrable Jason Burne. Avec lui, l’incertitude sexuelle propre au morveux pubère monte au niveau supérieur. Jason Burne, il sait pas qui qu’il est ; il sait pas d’où qu’il vient ; il sait pas qu’est-ce c’est les gouttes blanches dans son slip le matin. Alors Jason Burne, il se fait aider par des dames tatouées qui lui expliquent qui qu’il est, qui le prennent par la main pour lui faire faire le tour du monde. Jason, pour montrer qu’il est fort, il fait des prises de kung fu en grimaçant, en halètant, en criant (à comparer avec John Wayne qui reste assis dans le coin du saloon et se contente de dire : "That was my steak, Valence !" pour que tout le monde se fige d’effroi).

Jason Burne est interprété à l’écran par Matt Damon, le sosie à peine ridé de Dennis la Malice ; le profil type de ce qu’on appelait autrefois un «"une gueule de premier de la classe" ou une "tronche de fayot". Si Matt Damon avait du faire sa carrière dans les années 80, il aurait été abonné aux rôles de puceaux du club sportif dans les comédies teenageresques. Mais dans les années 2000, le porcelet joufflu devient sans problème l’une des plus grandes stars du cinéma d’action.

Ce refus de plus en plus généralisé de la figure du Père et de l’agressivité virile ne se limite évidemment pas aux thrillers d’espionnage. Vin Diesel a connu le succès lorsqu’il jouait aux Hot Wheels avec ses copains de l’école (Fast and Furious), lorsqu’il faisait du skateboard avec les enfants de la voisine (xXx le petit déjeuner des champions) et il s’est soudain ramassé au box-office dès qu’il a osé jouer les Conan le Barbare de substitution (avec Les Chroniques de Riddick). Au fond, Riddick respire trop l’indépendance; il se place au-dessus des lois et des institutions; difficile de l’imaginer se faire engueuler par sa moman.

 

 

En 2006, Zack Snyder adapte le 300 de Frank Miller. Jusqu’alors, les spartiates avaient été dans l’histoire un symbole relativement unanime de la virilité poussée à son paroxysme ; Sparte représentait la société patriarcale dans toute sa violence et son intolérance, une société où l’on jetait les bébés trop faibles du haut des collines, où l’on préférait mourir dans un bain de sang orgasmique plutôt que dans un lit confortable. Bref une démonstration par l’absurde qui, néanmoins, continuait d’exercer une fascination plus ou moins admise sur les machines à testostérone que nous sommes. Mais sous l’impulsion non déclarée de la société contemporaine et de ses valeurs, les spartiates du film de Snyder devinrent une troupe de marmots qui hurlent comme des bourricots dans le jardin afin de se prouver qu’ils seront bientôt en âge d’avoir du poil au menton. Totalement assujettis à leurs épouses, qui jouent ici très clairement le rôle de leurs mères, ces sales gosses de spartiates n’oublient jamais de demander l’autorisation à môman avant de kicker du perse dans le puits (intéressant que ce plan hallucinant d’échange de regard entre l’homme et la femme, dans la scène la plus emblématique du film, ait été coupé au montage dans la bande annonce). Et sur le champ de bataille, lorsqu’ils perdent un fils au combat (suprême honneur dans la Sparte d’origine) les gueulards en slip du film de Snyder se mettent à chialer et à renifler comme des petites orphelines : non mais What the F… quoi ?


A quelques jours de sa sortie, 300 avait déjà trouvé son (énorme) public, comme le montre cette vidéo d'époque.

 

Que le Joker du film de Christopher Nolan, The Dark Knight, se comporte comme un ado hyperactif qui aurait oublié sa Ritalin ne pose pas de problème en soi. Le Joker a toujours incarné le refus d’une certaine maturité et la criminalité qu’elle engendre, et c’était bien l’une des raisons qui en faisait un "bad guy" dans la bédé finalement traditionaliste de Bob Kane (d’ailleurs, le Valence qui s’opposait à John Wayne n’était pas très éloigné du Joker non plus). Ce qui trouble déjà dans ce plus-grand-film-de-super-héros-de-tous-temps du classique-instantané-trop-dark du (très long) film de Nolan, c’est que l’orphelin Bruce Wayne se voit ici placé sous la tutelle non pas de un, mais de TROIS pères de substitution ! Faisant la navette tous les week-ends entre le majordome Alfred, l’industriel Lucius Fox et l’inspecteur Gordon, le gamin doit avoir un sapin de Noël idéalement garni en fin d’année. Et c’est d’ailleurs l’omniprésence de ces figures de "pères mous" sans autorité  (qui lui passent toutes ses aberrations ; "ho mon fils t’as créé un système de surveillance digne de George Orwell ? Efface-moi ça, chenapan") qui donnent au film ses longues plages de dialogues interminables en travellings circulaires sous filtre bleu/gris.

Autre détail intéressant du film, la nana que s’arrachent les deux plus grands playboys millionnaires de la ville ressemble à un Tom Sawyer qui aurait chipé la tunique de Joe l’indien pour s’en faire une robe de soirée. A dix mille années lumière de la pulpeuse Vicky Vale/Kim Basinger, loin, mais alors très loin d’une Catwoman SM incarnée par la plus belle femme au monde, le Bruce Wayne d’aujourd’hui ne se cherche pas une femme mais une Maggie Gyllenhaal, soit un copain avec qui aller faire les 400 coups au bord du Mississippi. (d’une façon plus générale, les ados et adultes des années soixante voyaient leur libido exploser sous la vision de trois attributs féminins précis : les jambes, les fesses et surtout le pubis -qu’on surnommait "triangle d’or", "chausson", "chatte", "jungle moite" et autres gentillesses poilues-. L’ado/jeune adulte contemporain ne jure plus que par deux attributs : le sein énorme et le vagin entièrement rasé. En clair il veut coucher avec sa mère ou avec sa petite sœur mais certainement pas avec une femme).

J’ignore où nous mènera cette mode socialement induite du héros morveux , sexuellement immature et plongé sous les jupes de sa moman; j’ignore si l’on reverra de sitôt Mad Max marcher stoïquement dans le désert sans prononcer un mot ou L’Inspecteur Harry ouvrir tranquillement sa porte à une groupie asiatique ; j’ignore même où me guide cette longue chronique décousue. De toutes façons, ma femme vient de me demander d’arrêter de taper comme un furieux sur le clavier. Et comme je suis un spartiate moderne, qui sait reconnaître la vraie voix de l’autorité, j’arrête sur le champ cette rédaction ; je vais regarder de ce pas mes 2 minutes mensuelles de Couscous Royale puis me coucher en suçant mon pouce et en rêvant à des seins énormes décorés de tétines.

Rafik Djoumi

 

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Hellboy II  (News) posté le mercredi 29 octobre 2008 16:49

Blog de rafik :Compagnon Geek, Hellboy II

 

Cette semaine, vous allez voir (ou revoir) Hellboy II, the Golden Army en salle. Parce que c'est un film qui a été conçu pour l'écran géant panoramique et le dolby digital SE-Ex Sdds DTS 18.1 hq.

Si aucune salle dans votre région ne propose le film dans ces conditions de projection et surtout dans sa langue d'origine, vous prendrez la voiture ou le train afin de voir (ou revoir) Hellboy II en v.o.s.t. Et une fois que vous aurez vu (ou revu) cet énorme cadeau fait à tous les geeks de la planète, alors vous pourrez éventuellement, pour entretenir le souvenir, feuilleter les quelques articles ci-dessous que j'ai rédigé autour de cette joie filmique.


 

 

Interview avec Maître Del Toro


Première partie : Le Choix et les règles


Deuxième partie : Correspondances et Philosophie de la magie


Le Salon des motifs

images et symboles récurrents

 


La Vision de l'artiste

assurer son indépendance en terre hollywoodienne

 

La Troupe (Perlman, Doug Jones, Cuaron, Navarro, DDT)
pour ceux qui se poseraient la question, je n'y parle pas de Marco Beltrami parce que je ne sais pas s'ils travailleront à nouveau ensemble


Avis à chaud
j'insiste sur ce terme; ceci n'est pas une critique mais un texte rédigé en sortie de salle


Des Effets spéciaux en or
c'est un article de l'ami Julien, qui a eu la chance de visiter la post-prod à Londres

 


et merci à Reda pour ses mises à jour {#}


Rafik Djoumi

 


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