Voici plus d’un mois que
court la rumeur selon laquelle George Miller réaliserait
l’adaptation ciné de Justice League of
America. Aussitôt bien sûr, une partie de
la communauté geek s’est concentrée sur les
éléments les plus importants d’une telle
annonce, à savoir quels super-héros de la ligue
apparaîtraient à l’écran et si le slip de
Wonder Woman aurait quinze étoiles blanches ou seulement
douze. Une autre portion de la communauté se contentait de
soupirer d’extase à l’annonce que George Miller
prendrait les commandes de l’opération,
auréolé du récent succès international
de son Mad Max 4 (sorti en salles sous le titre
Happy Feet… si vous tiquez sur cette parenthèse, c’est
que vous n’avez pas vu le film).
Dans les bureaux de Los Angeles, les choses sont plus pragmatiques : les exécutifs du studio Warner, échaudés par les annonces de grève qui planent sur Hollywood, souhaitent que le film entre en production au plus tard au mois de février-mars 2008 pour une sortie à l’été 2009. Un premier jet du script, exécuté par Kieran et Michele Mulroney (scénaristes du prochain film d’horreur d’Alexandre Aja), leur a déjà été soumis.

Mais un film tel que JLA, porté entre autres par les personnages de Superman et Batman, entrerait en conflit avec les suites programmées de Superman Returns et de Batman Begins. En effet, leurs interprètes respectifs, Brandon Routh et Christian Bale, pourraient difficilement accorder leurs agendas pour être présents sur le tournage des deux franchises consécutives. Pour Superman, pas trop de problème. Warner n’est pas si pressée d’enchaîner sur la suite étant donné la gamelle relative du film arthritique de Bryan Singer (qui a rapporté en salles un tout petit peu plus que ce qu’il a coûté; il n'est donc pas dit que le studio ait récupéré ses billes). Singer ayant signé pour une suite, il est plus probable qu’on préfère lui rembourser le manque à gagner plutôt que le laisser à nouveau faire mumuse avec les perruques de Lex Luthor. Mais la suite de Batman Begins, à savoir The Dark Knight, est elle sacrément bien entamée. Et comme son interprète Christian Bale tient de plus la forme au box-office (son 3h10 pour Yuma est le succès surprise de la semaine) rien n’est moins sûr que de le voir rempiler sous une cape dès le début de l’année prochaine, pour un JLA dont il ne serait même pas la tête d’affiche. D’où problème de casting (ou plutôt de visage) sur notre Justice League of America.

Un JLA avec un
Superman ressemblant ? Et Seinfeld en side-kick
?
Et c’est là qu’entre en scène notre grande amie la performance capture (oui on vous a prévenu : vous allez en bouffer !). George Miller a déjà testé le processus sur quelques scènes de Happy Feet et, tout comme ses plus prestigieux collègues, il semble convaincu que l’Histoire est en marche (à l’inverse de Singer d’ailleurs, qui s’était dit très déçu par le résultat sur Superman Returns ; d’un autre côté, personne ne l’avait prévenu que c’était d’abord la mise en scène, plus que la technologie, qui faisait exister les personnages sur un écran).
A priori, le contrat de la Warner spécifie bien les termes « all-cgi photo-real motion capture », et entérine donc l’idée que Justice League of America ne sera ni un film live ni un film animé, mais l’hybride du nouveau genre. Le recours à la performance capture pourrait donc permettre à la Warner d’avoir à l’écran un Batman possédant les traits de Christian Bale tout en étant interprété par un autre comédien (les traits de Brandon Routh n’ont pas l’air de préoccuper autant les décideurs). Ce serait assurément une première, et permettrait peut-être au public de réaliser les possibilités quasi-infinies de ce nouveau système.

Hé les gars ! Et si on faisait plutôt un JLA qui soit
beau comme un dessin d'Alex Ross ?
En attendant, l’alliance de George Miller et de la performance capture est assurément LA grande nouvelle, qui fait espérer du projet un peu plus que les franchises télévisuelles qui ont inondé récemment le grand écran. Entre les mains d’un tel chorégraphe, qui a su obtenir du cinéma live et de l’animation des plans, des cadres et des séquences inégalées, un tel processus augure, au minimum, d’un choc esthétique.
Rafik Djoumi















Ps je suis né en 86 donc je ne suis pas la génération mad max (huage bis bis)