Dans notre série du "Bon ben il se passe quoi, là, avec
cette histoire de cinéma de genre français ?", voici une
longue interview en deux parties du réalisateur David Sarrio,
recueillie au mois de juin 2007 par Tequila, à
l'époque où Sarrio avait fait paraître son teaser pour
Punisher 2.
Je pense que beaucoup d'entre vous connaissent déjà David Sarrio,
ont déjà entendu parler de son Daredevil
et ont déjà lu quelque part une de ses interviews. Et c'est
peut-être là que le bât blesse. Car voici un réalisateur versé dans
l'action, assez connu depuis 7 ans dans le cercle des amateurs de
ce genre, qui a à son actif trois courts-métrages, un promo-reel de
long métrage, quelques
pubs, des
making-of. Ses oeuvres ont déjà été vues par plusieurs centaines de
milliers de personnes; plusieurs sites et magazines français lui
ont consacré des articles, le plus souvent élogieux; il a obtenu
des prix aux Etats Unis; son nom est parfois apparu lors de
réunions chez Marvel ou Lionsgate; il a co-écrit plusieurs scripts,
développé des projets et... et... il n'a toujours pas fait de long
métrage en France ! Comme il le dit lui-même, "je pensais
bêtement que mon travail parlerait pour moi". A force de
s'entendre dire qu'il aurait du naître aux Etats-Unis, que là-bas
on serait déjà venu le chercher, Sarrio finit par devenir un peu
l'emblême de ce qui cloche dans le système de production français
(je lui ai d'ailleurs conseillé de revoir le
Ridicule de Patrice Leconte, qui est une
belle démonstration de ce qui est à l'oeuvre, aujourd'hui, dans ce
système). Mais je pense qu'il se passerait bien d'être un
tel emblême, et qu'il préfèrerait que certains décideurs lui
accordent la confiance que les spectateurs lui ont déjà
accordé.
Avant de parler de ton travail,
j’aimerai revenir sur ton parcours, tes études et ce qui
t’as poussé à devenir réalisateur.
Enfant, au départ, je voulais être cosmonaute parce que
l’espace m’intriguait. Et j'ai commencé par adorer les
films de SF. Un jour au collège, un pote à qui je n’arrêtais
pas de parler de cinéma m’a dit « mais pourquoi tu
ne réaliserais pas de films ? ». Et là dans ma tête
j’ai eu un déclic. Je n’avais jamais eu cette velléité
avant cela. Le cinéma était pour moi un milieu tellement éloigné.
L’idée m’a néanmoins trotté dans la tête. Par la suite
j’ai eu des études chaotiques; glandeur à l’école, je
ne suivais pas les cours régulièrementet. Et lorsqu’on
m’a dit qu’il fallait bac+2 pour rentrer à
l’IDHEC (aujourd’hui la FEMIS), ça me semblait
impossible ! Alors j’ai fais plein de petits boulots,
repassé le Bac en candidat libre et je suis allé jusqu’en
début de Licence d’histoire. A un moment donné, je me voyais
professeur, en pensant que mes trois mois de vacances annuels me
permettraient de faire des courts métrages (rires). Je ne suis
jamais parvenu à obtenir des stages sur des plateaux ou ce genre de
chose. En y repensant, je n’étais pas très doué pour me
vendre, plutôt timide, pas assez insistant. J’attendais une
bonne rencontre que je n’ai pas eue. J'ai eu une fois
l'occasion de croiser le réalisateur Jean-Charles Tacchella
(Cousin, cousine, Escalier
C). OK, les films qu’il faisait n’étaient
pas mon genre mais au moins il faisait du cinéma. Je lui ai donc
raconté mon envie d'en faire. Il m’a éjecté sans sourciller,
sans aucune empathie, alors que je vivais dans un coin paumé de
banlieue et que tout son milieu me semblait
vraiment
inaccessible. Je pense aujourd'hui que cette rencontre m’a
freiné inconsciemment. Bref, après plusieurs boulots à la con, un
bon pote à moi, qui était au cours Florent, m’a fait
rencontrer Gilles Lelouch et Tristan Arouet. Ils commençaient à
faire des clips et ils avaient un peu la côte. On a parlé ciné et
ils m’ont dit de me lancer, d'y aller à la démerde, de me
faire prêter du matériel et de trouver des comédiens, même s’il faut y
aller de ma poche. J’ai alors décidé d’arrêter mes études et de me
lancer. Je savais que ça
allait être galère mais je ne me voyais rien faire d’autre.
J’ai mis de l’argent de côté et mon père m’en a
aussi prêté. C'est comme ça que j’ai fait
Daredevil pour un peu moins de 5000
euros. C'était pour moi un défi technique et artistique en même
temps qu'un tribut au spectateur que je suis.

Quels sont les films qui t’ont
marqué ?
Je cite souvent les 3 B : Brazil,
Blade Runner et Blue
Velvet. Il y a aussi le plaisir de revoir pour le
15ème fois Les Dents de la mer, les
Superman bien évidemment, découvrir
Rencontres du troisième type, redécouvrir
Les Aventuriers de l’Arche
perdue. Spielberg, Michael Mann, Friedkin,
Carpenter, Walter Hill, Joe Dante, Tobe Hooper et même les films de
Ridley Scott au risque d’être déçu... Auparavant,
j’attendais aussi chaque Wes Craven avec impatience,
Freddy m’avait mis une tarte !
Pareil pour les films de Peter Weir. A côté de ça j'ai aussi grandi
avec Chuck Norris, Van Damme et compagnie. J’étais fan de
baston. Pour te dire, j’adorais le combat final de
Portés Disparus 2 ! (rire). En fait
je regardais de tout, je bouffais du film.
Chaque mois de janvier, j’étais fébrile à cause du
festival d’Avoriaz et je voyais dans les mags des photos de
films qui me faisaient fantasmer, des trucs qui allaient sortir
soit 6 mois après voire jamais. Par contre tout ce qui était cinéma
bis, rital et série Z, je m’arrêtais aux affiches que je
voyais en vidéo-club mais ça n’allait pas plus loin; ce
n’était pas trop mon truc. Même si les affiches étaient très
belles ! J’étais aussi un grand fan d’Héroïc
Fantasy, Conan et
Legend ont été des claques ! Plus
tard, j'ai découvert dans les ciné-club les films de Tourneur,
Fritz Lang, Kurosawa, les westerns.
Qu’est-ce qui
t’intéresses dans la mythologie des
super-héros ?
Au départ c’est vraiment une chose viscérale. Je dévorais les
comics. J'allais
voir toute
adaptation en salle, dont évidemment le premier
Superman de Donner. Quand
Superman 3 est sorti, j'ai récupéré
absolument tout les magazines qui en parlaient ! C'était une
autre façon de cultiver cette passion. J’avais déjà de vrais
affinités avec les mecs en spandex mais là, après lecture,
j’avais aussi l’impression d’être potes avec ceux
qui parvenaient à intellectualiser les films de ce genre. Ca
m’a permis de trouver une forme de légitimité, de ne plus
simplement dire que c’était génial parce que des personnages
s’envoyaient valser à travers les murs. En fait, ça
explicitait ce que j’aimais. Mais mon rapport aux
super-héros reste viscéral. J'admire leur dépassement physique et
éthique, mais aussi leur fragilité et leurs excès, à l'occasion
leur côté sombre, comme chez Wolverine, Fragile ou Batman.
Suite aux deux courts métrages de
super-héros, Daredevil et Projet
Gamma, tu t’attaques au démo-reel de
Feedback, un projet de long métrage de polar
hard-boiled...
Je pense avoir une palette assez large, aussi bien en terme
d’envie que - je ne veux pas paraître présomptueux - en terme
de perception d’univers. J’ai été nourri aux polars des
70’s, des films de Penn, Pakula, Friedkin, Schlesinger; c'est
un genre qui me parle et je pense pouvoir y être à l’aise.
C'est Tiphany Production qui m’a contacté, une boîte qui
faisait quelques films d'exploitation dans les années 80, comme
L’Exécutrice. Après la distribution
vidéo de films bis, ils ont eu envie de se lancer dans la
production. Ils ont mené leur petite enquête et ont vu que je
savais me débrouiller avec un budget de trois fois rien. Mon idée
était de payer cette fois mon tribut aux Van Damme et Norris, mais
aussi à New York 2 heures du matin
d’Abel Ferrara. Tous ces films d'exploitation, avec scène de
baston obligatoire, gunfight, mais aussi des personnages forts, le
flic dur à cuire, l’univers un peu glauque, etc. Tiphany
Production m’a demandé si je voulais développer ce projet;
j’ai donc commencé à travailler avec un pote scénariste. En
cours d’écriture, ils nous ont dit que ça serait bien de
filmer quelques images pour aller à Cannes afin d'y vendre le
projet, comme ça se fait souvent. Tu penses, j’ai tout de
suite saisi l’opportunité (rire). On a donc mis en place le
tournage. J’ai inventé des scènes qui reprenaient
l’essentiel des enjeux narratifs et des relations entre les
personnages du traitement original. Faire une fausse bande annonce
ne me parlait pas, je voulais vraiment avoir des scènes complètes,
d’où l’idée d’opter pour une démo-reel.
J’ai réussi à négocier une caméra HD et à avoir une équipe
réduite mais qualifiée, avec un chef opérateur, assistant opérateur
et d’autres professionnels.
On a tourné en quelques jours, monté rapidement, et les
retours ont été bons. Mais paradoxalement, ça ne nous a pas aidé à
finaliser le projet : des gens voulaient acheter le film en
pensant qu’il était déjà fini ! Je n'étais pas présent à
Cannes, mais je crois qu'il leur a été proposé de d'abord mettre
leurs billes dans le projet, et que le film serait prêt dans un an,
le temps de réécrire le scénario et de le tourner. Ceux qui étaient
intéressés par ce qu'ils ont vu n’avaient pas assez
confiance, parce que la boîte de production était assez
peu connue. Il y a peut-être aussi
le fait que ça soit français, qu’on n'ait pas été assez
roublard pour vendre le projet, je ne sais pas... Des boîtes
américaines du même genre, comme Nu Image, ont un fond minimal qui
leur permet de tourner, même rapidement. Nous, non. On avait besoin
d’une co-production qu’on a attendu pendant des mois,
sans résultat concret. Tiphany Prod sont des gens très cool; le
projet m’appartient et j’ai vraiment envie
d’en faire un film. J’aimerais en faire un polar fort
avec des scènes d’action dures et frontales. Avec mon
scénariste, on le réécrit de A à Z parce qu’actuellement les
polars marchent et sont demandés en France. Il y a pleins de choses
dont je ne suis pas content dans cette demo-reel : je sais que
j’utiliserai moins la steadycam la prochaine fois parce que
c’est trop contraignant et qu’il y a des cadres que
j’ai mal géré par exemple. Par contre j’étais content
des comédiens : Fabrice Deville était novice mais il
s’est beaucoup investi, notamment dans sa scène de combat. Au
début je n’y croyais pas et, du coup, je lui ai fait un vrai
étranglement pour qu’il sache ce qu’on ressent quand on
se fait étrangler. Il faut que ça soit en même temps chorégraphique
et en même temps "réel", que tu aie l’impression que les mecs
se mettent des coups et souffrent. Je pense que les comédiens qui
font ce genre de films doivent mouiller leur chemise. J’ai eu
les comédiens qui me fallait. Tu n’apprends pas à Jo Prestia
à mettre une droite. Quand il en met une, tu y crois, point barre.
Fabrice a dû travailler beaucoup pour être à la hauteur. Ils
avaient des bleus. J’ai fait le making-of du
Scorpion et Clovis Cornillac m’a
bluffé sur le tournage. Il y en a peu en France qui aurait fait ce
qu’il a fait, il s’est totalement investi.
Est-ce qu'on manque de comédiens adaptés
à ce genre en France ?
J’avais rencontré le producteur de la série Léa
Parker. Je lui ai dit que je ne ferais pas faire à la
comédienne des choses qu’elle ne sait pas exécuter lors
d’une baston. Quand elle fait un retourné, à l'écran ça ne
passe pas; ça ne sert à rien. Résultat : il ne m’a jamais
rappelé ! Il faut s’adapter au comédien et au style du film;
il ne faut pas bricoler. Quand deux personnages se parlent dans un
film de Cassavetes, tu as l’impression de quelque chose de
réaliste et filmé en douce, alors que c’est hyper travaillé.
D’un point de vue émotionnel, c’est ça qui est
perturbant, le fait que les personnages incarnent vraiment de la
chair. Mon optique pour une scène de combat est la même :
créer de la "fausse vérité". Mais pour pouvoir faire tout ça, il
faut le regard du réalisateur. Il y a beaucoup de gens, dans le
système français, qui n’ont pas de notion de ce qu’est
un corps en mouvement, un corps qui prend des coups et qui en
donne. A ce moment-là, comment savoir placer un comédien dans le
cadre ? Souvent, la production s’en fout carrément .
J’ai vu à l'oeuvre des gens qui traitaient complètement
par-dessus la jambe ce qui avait trait aux corps en action, alors
que c'est quand même la substance du cinéma ! Si on y croit pas en
voyant un mec courir ou prendre une arme, c'est fini; ça casse le
mouvement. Sur une scène de baston, n'en parlons même pas ! Ce
n’est pas évident d’avoir une synergie entre le régleur
de cascade et le réalisateur, lorsque ce dernier veut apporter une
certaine émotion en plus d’une belle chorégraphie. Si tu
rajoutes à ça un acteur qui ne veut même pas faire une roulade, par
exemple, ça devient compliqué. C’est donc un ensemble, une
collaboration, qui donne la bonne scène de combat.

Et comment l'obtient-on, cette
"fausse vérité" ?
Quand Fabrice est étranglé dans Feedback,
il l’est vraiment. Sauf qu’on a travaillé la scène de
manière à ce qu’il ait une petite relâche sur une veine de
son cou pour pouvoir respirer et ne pas être en panique. Du coup il
le joue vraiment; il est rouge mais au moins il le vit, il sait ce
que c’est. Pareil lors du low-kick que Jo Prestia lui donne
vers la fin du combat; il a vraiment touché sa cuisse et du coup la
réaction est immédiate et réelle. Pareil pour le coup de genoux
frontal que Jo se prend etc. Un coup donné, même si c’est à
force minimale, aura toujours plus d’impact qu’un coup
simulé. Tu as peut-être un peu mal mais tu l’acceptes et
quand tu vois le résultat à l’écran, tu es content au final.
Je pense toujours au spécialiste, au mec qui connaît : si tu
le touches lui, tu touches l’ensemble des spectateurs.
Beaucoup sont conditionnés en acceptant le fait de savoir que ce
qu'ils regardent, c’est pour de faux. Moi je veux
qu’ils se disent que ce qu’ils voient à l’air
vrai. Quand Jack Bauer, dans 24h chrono,
étrangle un mec avec ses jambes en se tenant sur une barre de fer,
je n’y crois pas. Ca demande un tel effort physique
qu’il suffit que le mec qui se fait étrangler tire un grand
coup pour le faire tomber. Un étranglement, ça ne tue pas la
personne en 20 secondes, ça dure beaucoup plus longtemps. Ca me
gêne parce que, en tant que réalisateur, j’ai envie
d’être le plus proche possible d’une certaine vérité
tout en offrant au spectateur l’émotion qu’il faut pour
qu’il soit dedans et qu’il y croit, même de manière
inconsciente. Il y a aussi dans Feedback
le respect des techniques utilisées, qui passent notamment
par le montage. Mon monteur avait un peu trop coupé à certains
endroits et je lui disais de revenir en arrière pour faire des
plans plus longs, que le spectateur ait le temps de voir comment
les personnages sont amenés à faire ce qu’ils font. Des gens
ont inventé ces techniques, je me dois donc de les montrer dans
leur ensemble. L’énergie d’une scène comme ça vient
avant tout de ce qui se passe dans ton cadre et de ce que tu fais
avec tes comédiens. Sur Youtube, quand tu regardes une scène de
baston de rue, c’est à mille lieux du cinéma. Tout cela se
situe dans un cinéma d’action réaliste bien sûr, pas dans le
cinéma d’action de super-héros, qui est un domaine bien
différent. C’est pour ça que, pour
Feedback en film, j’aimerai
vraiment être dans une option réaliste, quitte à mettre certaines
personnes mal à l’aise. J’adore le style de Jackie Chan
mais ce n’est pas du tout dans cette veine que je veux me
situer. Il y a beaucoup de leurres dans les arts martiaux mais pas
dans l’ultimate fighting. Lorsqu'une masse de deux mètres te
balance contre un mur, tu auras beau faire de jolis gestes, tu es
KO direct. J’ai pratiqué un peu; j’avais même crée un
fanzine, Fight Magazine. Pour moi, l’avenir des scènes
d’action est là. Les réflexes naturels, les chutes, les
réactions aux coups, tout est là. J’ai fait la chorégraphie
de Feedback avec Pierre Henry Nedelec,
qui est un pote qui pratique depuis l’âge de 15 ans. Il est
aussi très cinéphile et possède un regard très pointu sur les
scènes de baston. On voulait que les gens y croient. Je pense avoir
un vrai regard sur des scènes de combats grâce à ma pratique des
arts martiaux, au fait d’avoir bouffé beaucoup de films et au
fait d’avoir des envies particulières pour qu’on y
croie. On a aussi mis en place une vraie scénographie, qui est liée
aux personnages et aux endroits où ils se trouvent : Jo boxe
et calcule, Fabrice est un pur bourrin, il y a donc opposition de
style, ce qui crée une caractérisation des personnages. L’un
est de la rue, c’est un bandit. L’autre a un passé art
martial plus réglé. Le combat finit sur le ring; c’est
l’élément où le personnage de Jo Prestia gagne car
c’est là qu’il a l’habitude d’être,
c’est codifié. Quand, dans un film, un personnage sort une
technique de nulle part, je n’y crois pas. Dans le premier
épisode de Bones, tu as un gros malabar
qui se fait mettre direct K.O. par une jeune anthropologue. Je ne
veux pas faire mon macho, mais une petite étudiante de 60 kilos ne
peut pas mettre au tapis un type de la rue qui en pèse 100 !
Ou alors tu fais du bis second degré. Tu peux jouer avec la
suspension d’incrédulité tout en arrivant à une certaine
véracité. Il y a une manière d’amener ça, pour que tu ne
l’acceptes pas en tant que convention mais en tant que
cohérence diégétique du personnage ou du film. C’est une
chose vers laquelle je vais essayer d’aller.
Feedback a eu un prix
au festival du film d’action de Long Beach en été 2006, Quels
souvenirs as-tu de ce voyage ?
C’est le seul festival où on l’a présenté. Il a été
sélectionné dans la catégorie "Meilleur court-métrage" et dans la
catégorie "Meilleur scène d’action", pour lequel il a gagné
le prix (Best Action Sequence Short). J’ai été très bien
accueilli et j’étais doublement fier : d’abord
c’est quand même le pays du film d’action, Hong-Kong
mis à part, et aussi parce que la concurrence était au niveau.
Le Frelon vert, sur lequel j’ai
participé, a aussi eu un prix cette année. Je trouve que ses scènes
de kung-fu sont vraiment bien et surtout bien ancrées dans
l’univers et que les chorégraphies sont de haut niveau.
Il y a un soin très particulier accordé
aux génériques de Daredevil, de Projet
Gamma et des intermèdes écrits de
Feedback...
Un générique de début, surtout dans un court, fait pour moi partie
intégrante du film. Je suis fan des génériques de Saul Bass
ou de Kyle Cooper. En quelques minutes, mettre en place
l’atmosphère d'un film et ses thématiques, c’est
fort.
C’est
d’autant plus utile dans un court parce que tu as peu de
temps; il faut donc capter l’attention du spectateur
immédiatement. Pour celui de Daredevil,
je voulais baliser le terrain d’un univers déjà connu,
signaler aux gens ce qu'ils allaient voir. Pour celui de
Projet Gamma, je suis allé un peu plus
loin en faisant un générique narratif. L’ambition de
Projet Gamma, et c’est par là que
ça a péché, était de faire un one shot de Hulk sans vraiment
présenter ce dernier. Il fallait que je me débarrasse de ça dans le
générique, que je raconter la genèse de Bruce Banner. A côté de ça,
j’aime aussi l’aspect graphique des génériques :
les intermèdes dans Feedback, c’est
pour mettre dans l’ambiance polar du film. Je dois ça au
génie de François Ferracci. Je lui ai écrit un scénario rien que
pour les génériques, en détaillant ce que j’avais en tête
mais en le laissant libre d'y ajouter ce qu'il voulait. Le
générique de Daredevil est trop long,
j’ai péché par excès de remerciements, j’étais novice
mais j’y tenais. Un beau générique, c'est cohérent sur un
film de super-héros.
à suivre
Propos recueillis par Tequila en juin
2007
sites officiels :
http://dsarrio.free.fr/
http://www.nomad-films.com/sitecontent/index.html
extraits de Feedback

aussi du fait que j'ai tout fait tout seul dessus 


hal_lex
sam 24 jan 2009 08:51