David Sarrio - Take One  (Interviews) posté le jeudi 08 janvier 2009 19:48

daredevil, david sarrio, fabrice deville, feedback, hulk, jo prestia, lea parker, projet gamma, punisher, tiphany


Dans notre série du "Bon ben il se passe quoi, là, avec cette histoire de cinéma de genre français ?", voici une longue interview en deux parties du réalisateur David Sarrio, recueillie au mois de juin 2007 par Tequila, à l'époque où Sarrio avait fait paraître son teaser pour Punisher 2.
Je pense que beaucoup d'entre vous connaissent déjà David Sarrio, ont déjà entendu parler de son Daredevil et ont déjà lu quelque part une de ses interviews. Et c'est peut-être là que le bât blesse. Car voici un réalisateur versé dans l'action, assez connu depuis 7 ans dans le cercle des amateurs de ce genre, qui a à son actif trois courts-métrages, un promo-reel de long métrage, quelques
pubs, des making-of. Ses oeuvres ont déjà été vues par plusieurs centaines de milliers de personnes; plusieurs sites et magazines français lui ont consacré des articles, le plus souvent élogieux; il a obtenu des prix aux Etats Unis; son nom est parfois apparu lors de réunions chez Marvel ou Lionsgate; il a co-écrit plusieurs scripts, développé des projets et... et... il n'a toujours pas fait de long métrage en France ! Comme il le dit lui-même, "je pensais bêtement que mon travail parlerait pour moi". A force de s'entendre dire qu'il aurait du naître aux Etats-Unis, que là-bas on serait déjà venu le chercher, Sarrio finit par devenir un peu l'emblême de ce qui cloche dans le système de production français (je lui ai d'ailleurs conseillé de revoir le Ridicule de Patrice Leconte, qui est une belle démonstration de ce qui est à l'oeuvre, aujourd'hui, dans ce système). Mais je pense qu'il se passerait bien d'être un tel emblême, et qu'il préfèrerait que certains décideurs lui accordent la confiance que les spectateurs lui ont déjà accordé.




Avant de parler de ton travail, j’aimerai revenir sur ton parcours, tes études et ce qui t’as poussé à devenir réalisateur.

Enfant, au départ, je voulais être cosmonaute parce que l’espace m’intriguait. Et j'ai commencé par adorer les films de SF. Un jour au collège, un pote à qui je n’arrêtais pas de parler de cinéma m’a dit « mais pourquoi tu ne réaliserais pas de films ? ». Et là dans ma tête j’ai eu un déclic. Je n’avais jamais eu cette velléité avant cela. Le cinéma était pour moi un milieu tellement éloigné. L’idée m’a néanmoins trotté dans la tête. Par la suite j’ai eu des études chaotiques; glandeur à l’école, je ne suivais pas les cours régulièrementet. Et lorsqu’on m’a dit qu’il fallait bac+2 pour rentrer à l’IDHEC (aujourd’hui la FEMIS), ça me semblait impossible ! Alors j’ai fais plein de petits boulots, repassé le Bac en candidat libre et je suis allé jusqu’en début de Licence d’histoire. A un moment donné, je me voyais professeur, en pensant que mes trois mois de vacances annuels me permettraient de faire des courts métrages (rires). Je ne suis jamais parvenu à obtenir des stages sur des plateaux ou ce genre de chose. En y repensant, je n’étais pas très doué pour me vendre, plutôt timide, pas assez insistant. J’attendais une bonne rencontre que je n’ai pas eue. J'ai eu une fois l'occasion de croiser le réalisateur Jean-Charles Tacchella (Cousin, cousine, Escalier C). OK, les films qu’il faisait n’étaient pas mon genre mais au moins il faisait du cinéma. Je lui ai donc raconté mon envie d'en faire. Il m’a éjecté sans sourciller, sans aucune empathie, alors que je vivais dans un coin paumé de banlieue et que tout son milieu me semblait
vraiment inaccessible. Je pense aujourd'hui que cette rencontre m’a freiné inconsciemment. Bref, après plusieurs boulots à la con, un bon pote à moi, qui était au cours Florent, m’a fait rencontrer Gilles Lelouch et Tristan Arouet. Ils commençaient à faire des clips et ils avaient un peu la côte. On a parlé ciné et ils m’ont dit de me lancer, d'y aller à la démerde, de me faire prêter du matériel et de trouver des comédiens, même s’il faut y aller de ma poche. J’ai alors décidé d’arrêter mes études et de me lancer. Je savais que ça allait être galère mais je ne me voyais rien faire d’autre. J’ai mis de l’argent de côté et mon père m’en a aussi prêté. C'est comme ça que j’ai fait Daredevil pour un peu moins de 5000 euros. C'était pour moi un défi technique et artistique en même temps qu'un tribut au spectateur que je suis.

 

 

Quels sont les films qui t’ont marqué ?

Je cite souvent les 3 B : Brazil, Blade Runner et Blue Velvet. Il y a aussi le plaisir de revoir pour le 15ème fois Les Dents de la mer, les Superman bien évidemment, découvrir Rencontres du troisième type, redécouvrir Les Aventuriers de l’Arche perdue. Spielberg, Michael Mann, Friedkin, Carpenter, Walter Hill, Joe Dante, Tobe Hooper et même les films de Ridley Scott au risque d’être déçu... Auparavant, j’attendais aussi chaque Wes Craven avec impatience, Freddy m’avait mis une tarte ! Pareil pour les films de Peter Weir. A côté de ça j'ai aussi grandi avec Chuck Norris, Van Damme et compagnie. J’étais fan de baston. Pour te dire, j’adorais le combat final de Portés Disparus 2 ! (rire). En fait je regardais de tout, je bouffais du film. Chaque mois de janvier, j’étais fébrile à cause du festival d’Avoriaz et je voyais dans les mags des photos de films qui me faisaient fantasmer, des trucs qui allaient sortir soit 6 mois après voire jamais. Par contre tout ce qui était cinéma bis, rital et série Z, je m’arrêtais aux affiches que je voyais en vidéo-club mais ça n’allait pas plus loin; ce n’était pas trop mon truc. Même si les affiches étaient très belles ! J’étais aussi un grand fan d’Héroïc Fantasy, Conan et Legend ont été des claques ! Plus tard, j'ai découvert dans les ciné-club les films de Tourneur, Fritz Lang, Kurosawa, les westerns.

Qu’est-ce qui t’intéresses dans la mythologie des super-héros ?

Au départ c’est vraiment une chose viscérale. Je dévorais les comics. J'allais
voir toute adaptation en salle, dont évidemment le premier Superman de Donner. Quand Superman 3 est sorti, j'ai récupéré absolument tout les magazines qui en parlaient ! C'était une autre façon de cultiver cette passion. J’avais déjà de vrais affinités avec les mecs en spandex mais là, après lecture, j’avais aussi l’impression d’être potes avec ceux qui parvenaient à intellectualiser les films de ce genre. Ca m’a permis de trouver une forme de légitimité, de ne plus simplement dire que c’était génial parce que des personnages s’envoyaient valser à travers les murs. En fait, ça explicitait ce que j’aimais. Mais mon rapport aux  super-héros reste viscéral. J'admire leur dépassement physique et éthique, mais aussi leur fragilité et leurs excès, à l'occasion leur côté sombre, comme chez Wolverine, Fragile ou Batman.

Suite aux deux courts métrages de super-héros, Daredevil et Projet Gamma, tu t’attaques au démo-reel de Feedback, un projet de long métrage de polar hard-boiled...

Je pense avoir une palette assez large, aussi bien en terme d’envie que - je ne veux pas paraître présomptueux - en terme de perception d’univers. J’ai été nourri aux polars des 70’s, des films de Penn, Pakula, Friedkin, Schlesinger; c'est un genre qui me parle et je pense pouvoir y être à l’aise. C'est Tiphany Production qui m’a contacté, une boîte qui faisait quelques films d'exploitation dans les années 80, comme L’Exécutrice. Après la distribution vidéo de films bis, ils ont eu envie de se lancer dans la production. Ils ont mené leur petite enquête et ont vu que je savais me débrouiller avec un budget de trois fois rien. Mon idée était de payer cette fois mon tribut aux Van Damme et Norris, mais aussi à New York 2 heures du matin d’Abel Ferrara. Tous ces films d'exploitation, avec scène de baston obligatoire, gunfight, mais aussi des personnages forts, le flic dur à cuire, l’univers un peu glauque, etc. Tiphany Production m’a demandé si je voulais développer ce projet; j’ai donc commencé à travailler avec un pote scénariste. En cours d’écriture, ils nous ont dit que ça serait bien de filmer quelques images pour aller à Cannes afin d'y vendre le projet, comme ça se fait souvent. Tu penses, j’ai tout de suite saisi l’opportunité (rire). On a donc mis en place le tournage. J’ai inventé des scènes qui reprenaient l’essentiel des enjeux narratifs et des relations entre les personnages du traitement original. Faire une fausse bande annonce ne me parlait pas, je voulais vraiment avoir des scènes complètes, d’où l’idée d’opter pour une démo-reel. J’ai réussi à négocier une caméra HD et à avoir une équipe réduite mais qualifiée, avec un chef opérateur, assistant opérateur et d’autres professionnels.


On a tourné en quelques jours, monté rapidement, et les retours ont été bons. Mais paradoxalement, ça ne nous a pas aidé à finaliser le projet : des gens voulaient acheter le film en pensant qu’il était déjà fini ! Je n'étais pas présent à Cannes, mais je crois qu'il leur a été proposé de d'abord mettre leurs billes dans le projet, et que le film serait prêt dans un an, le temps de réécrire le scénario et de le tourner. Ceux qui étaient intéressés par ce qu'ils ont vu n’avaient pas assez confiance, parce que la boîte de production était assez  peu connue. Il y a
peut-être aussi le fait que ça soit français, qu’on n'ait pas été assez roublard pour vendre le projet, je ne sais pas... Des boîtes américaines du même genre, comme Nu Image, ont un fond minimal qui leur permet de tourner, même rapidement. Nous, non. On avait besoin d’une co-production qu’on a attendu pendant des mois, sans résultat concret. Tiphany Prod sont des gens très cool; le projet  m’appartient et j’ai vraiment envie d’en faire un film. J’aimerais en faire un polar fort avec des scènes d’action dures et frontales. Avec mon scénariste, on le réécrit de A à Z parce qu’actuellement les polars marchent et sont demandés en France. Il y a pleins de choses dont je ne suis pas content dans cette demo-reel : je sais que j’utiliserai moins la steadycam la prochaine fois parce que c’est trop contraignant et qu’il y a des cadres que j’ai mal géré par exemple. Par contre j’étais content des comédiens : Fabrice Deville était novice mais il s’est beaucoup investi, notamment dans sa scène de combat. Au début je n’y croyais pas et, du coup, je lui ai fait un vrai étranglement pour qu’il sache ce qu’on ressent quand on se fait étrangler. Il faut que ça soit en même temps chorégraphique et en même temps "réel", que tu aie l’impression que les mecs se mettent des coups et souffrent. Je pense que les comédiens qui font ce genre de films doivent mouiller leur chemise. J’ai eu les comédiens qui me fallait. Tu n’apprends pas à Jo Prestia à mettre une droite. Quand il en met une, tu y crois, point barre. Fabrice a dû travailler beaucoup pour être à la hauteur. Ils avaient des bleus. J’ai fait le making-of du Scorpion et Clovis Cornillac m’a bluffé sur le tournage. Il y en a peu en France qui aurait fait ce qu’il a fait, il s’est totalement investi.

Est-ce qu'on manque de comédiens adaptés à ce genre en France ?

J’avais rencontré le producteur de la série Léa Parker. Je lui ai dit que je ne ferais pas faire à la comédienne des choses qu’elle ne sait pas exécuter lors d’une baston. Quand elle fait un retourné, à l'écran ça ne passe pas; ça ne sert à rien. Résultat : il ne m’a jamais rappelé ! Il faut s’adapter au comédien et au style du film; il ne faut pas bricoler. Quand deux personnages se parlent dans un film de Cassavetes, tu as l’impression de quelque chose de réaliste et filmé en douce, alors que c’est hyper travaillé. D’un point de vue émotionnel, c’est ça qui est perturbant, le fait que les personnages incarnent vraiment de la chair. Mon optique pour une scène de combat est la même : créer de la "fausse vérité". Mais pour pouvoir faire tout ça, il faut le regard du réalisateur. Il y a beaucoup de gens, dans le système français, qui n’ont pas de notion de ce qu’est un corps en mouvement, un corps qui prend des coups et qui en donne. A ce moment-là, comment savoir placer un comédien dans le cadre ? Souvent, la production s’en fout carrément . J’ai vu à l'oeuvre des gens qui traitaient complètement par-dessus la jambe ce qui avait trait aux corps en action, alors que c'est quand même la substance du cinéma ! Si on y croit pas en voyant un mec courir ou prendre une arme, c'est fini; ça casse le mouvement. Sur une scène de baston, n'en parlons même pas ! Ce n’est pas évident d’avoir une synergie entre le régleur de cascade et le réalisateur, lorsque ce dernier veut apporter une certaine émotion en plus d’une belle chorégraphie. Si tu rajoutes à ça un acteur qui ne veut même pas faire une roulade, par exemple, ça devient compliqué. C’est donc un ensemble, une collaboration, qui donne la bonne scène de combat.


 

Et comment l'obtient-on, cette "fausse vérité" ?

Quand Fabrice est étranglé dans Feedback, il l’est vraiment. Sauf qu’on a travaillé la scène de manière à ce qu’il ait une petite relâche sur une veine de son cou pour pouvoir respirer et ne pas être en panique. Du coup il le joue vraiment; il est rouge mais au moins il le vit, il sait ce que c’est. Pareil lors du low-kick que Jo Prestia lui donne vers la fin du combat; il a vraiment touché sa cuisse et du coup la réaction est immédiate et réelle. Pareil pour le coup de genoux frontal que Jo se prend etc. Un coup donné, même si c’est à force minimale, aura toujours plus d’impact qu’un coup simulé. Tu as peut-être un peu mal mais tu l’acceptes et quand tu vois le résultat à l’écran, tu es content au final. Je pense toujours au spécialiste, au mec qui connaît : si tu le touches lui, tu touches l’ensemble des spectateurs. Beaucoup sont conditionnés en acceptant le fait de savoir que ce qu'ils regardent, c’est pour de faux. Moi je veux qu’ils se disent que ce qu’ils voient à l’air vrai. Quand Jack Bauer, dans 24h chrono, étrangle un mec avec ses jambes en se tenant sur une barre de fer, je n’y crois pas. Ca demande un tel effort physique qu’il suffit que le mec qui se fait étrangler tire un grand coup pour le faire tomber. Un étranglement, ça ne tue pas la personne en 20 secondes, ça dure beaucoup plus longtemps. Ca me gêne parce que, en tant que réalisateur, j’ai envie d’être le plus proche possible d’une certaine vérité tout en offrant au spectateur l’émotion qu’il faut pour qu’il soit dedans et qu’il y croit, même de manière inconsciente. Il y a aussi dans Feedback le respect des techniques utilisées, qui passent notamment  par le montage. Mon monteur avait un peu trop coupé à certains endroits et je lui disais de revenir en arrière pour faire des plans plus longs, que le spectateur ait le temps de voir comment les personnages sont amenés à faire ce qu’ils font. Des gens ont inventé ces techniques, je me dois donc de les montrer dans leur ensemble. L’énergie d’une scène comme ça vient avant tout de ce qui se passe dans ton cadre et de ce que tu fais avec tes comédiens. Sur Youtube, quand tu regardes une scène de baston de rue, c’est à mille lieux du cinéma. Tout cela se situe dans un cinéma d’action réaliste bien sûr, pas dans le cinéma d’action de super-héros, qui est un domaine bien différent. C’est pour ça que, pour Feedback en film, j’aimerai vraiment être dans une option réaliste, quitte à mettre certaines personnes mal à l’aise. J’adore le style de Jackie Chan mais ce n’est pas du tout dans cette veine que je veux me situer. Il y a beaucoup de leurres dans les arts martiaux mais pas dans l’ultimate fighting. Lorsqu'une masse de deux mètres te balance contre un mur, tu auras beau faire de jolis gestes, tu es KO direct. J’ai pratiqué un peu; j’avais même crée un fanzine, Fight Magazine. Pour moi, l’avenir des scènes d’action est là. Les réflexes naturels, les chutes, les réactions aux coups, tout est là. J’ai fait la chorégraphie de Feedback avec Pierre Henry Nedelec, qui est un pote qui pratique depuis l’âge de 15 ans. Il est aussi très cinéphile et possède un regard très pointu sur les scènes de baston. On voulait que les gens y croient. Je pense avoir un vrai regard sur des scènes de combats grâce à ma pratique des arts martiaux, au fait d’avoir bouffé beaucoup de films et au fait d’avoir des envies particulières pour qu’on y croie. On a aussi mis en place une vraie scénographie, qui est liée aux personnages et aux endroits où ils se trouvent : Jo boxe et calcule, Fabrice est un pur bourrin, il y a donc opposition de style, ce qui crée une caractérisation des personnages. L’un est de la rue, c’est un bandit. L’autre a un passé art martial plus réglé. Le combat finit sur le ring; c’est l’élément où le personnage de Jo Prestia gagne car c’est là qu’il a l’habitude d’être, c’est codifié. Quand, dans un film, un personnage sort une technique de nulle part, je n’y crois pas. Dans le premier épisode de Bones, tu as un gros malabar qui se fait mettre direct K.O. par une jeune anthropologue. Je ne veux pas faire mon macho, mais une petite étudiante de 60 kilos ne peut pas mettre au tapis un type de la rue qui en pèse 100 ! Ou alors tu fais du bis second degré. Tu peux jouer avec la suspension d’incrédulité tout en arrivant à une certaine véracité. Il y a une manière d’amener ça, pour que tu ne l’acceptes pas en tant que convention mais en tant que cohérence diégétique du personnage ou du film. C’est une chose vers laquelle je vais essayer d’aller.

Feedback a eu un prix au festival du film d’action de Long Beach en été 2006, Quels souvenirs as-tu de ce voyage ?

C’est le seul festival où on l’a présenté. Il a été sélectionné dans la catégorie "Meilleur court-métrage" et dans la catégorie "Meilleur scène d’action", pour lequel il a gagné le prix (Best Action Sequence Short). J’ai été très bien accueilli et j’étais doublement fier : d’abord c’est quand même le pays du film d’action, Hong-Kong mis à part, et aussi parce que la concurrence était au niveau. Le Frelon vert, sur lequel j’ai participé, a aussi eu un prix cette année. Je trouve que ses scènes de kung-fu sont vraiment bien et surtout bien ancrées dans l’univers et que les chorégraphies sont de haut niveau.

Il y a un soin très particulier accordé aux génériques de Daredevil, de Projet Gamma et des intermèdes écrits de Feedback...

Un générique de début, surtout dans un court, fait pour moi partie intégrante du film. Je suis fan des génériques de Saul Bass ou de Kyle Cooper. En quelques minutes, mettre en place l’atmosphère d'un film et ses thématiques, c’est fort.

C’est d’autant plus utile dans un court parce que tu as peu de temps; il faut donc capter l’attention du spectateur immédiatement. Pour celui de Daredevil, je voulais baliser le terrain d’un univers déjà connu, signaler aux gens ce qu'ils allaient voir. Pour celui de Projet Gamma, je suis allé un peu plus loin en faisant un générique narratif. L’ambition de Projet Gamma, et c’est par là que ça a péché, était de faire un one shot de Hulk sans vraiment présenter ce dernier. Il fallait que je me débarrasse de ça dans le générique, que je raconter la genèse de Bruce Banner. A côté de ça, j’aime aussi l’aspect graphique des génériques : les intermèdes dans Feedback, c’est pour mettre dans l’ambiance polar du film. Je dois ça au génie de François Ferracci. Je lui ai écrit un scénario rien que pour les génériques, en détaillant ce que j’avais en tête mais en le laissant libre d'y ajouter ce qu'il voulait. Le générique de Daredevil est trop long, j’ai péché par excès de remerciements, j’étais novice mais j’y tenais. Un beau générique, c'est cohérent sur un film de super-héros.

à suivre
Propos recueillis par Tequila en juin 2007


sites officiels :

http://dsarrio.free.fr/
http://www.nomad-films.com/sitecontent/index.html
extraits de Feedback

 


Partager

Déposez un commentaire !

(facultatif)

(facultatif)

error

Attention, les propos injurieux, racistes, etc. sont interdits sur ce site.
Si une personne porte plainte, nous utiliserons votre adresse internet (38.107.191.110) pour vous identifier.     

Tous les commentaires de l'article:
David Sarrio - Take One

  • hal_lex

    sam 24 jan 2009 08:51

    Pas besoin de t'excuser Galean. Y a pas mort d'homme~! J'avais cru de mon cote avoir ENCORE a faire a un "kikoo lol comen Batman c tro d'la balle"... Mais si ce n'est pas le cas, tant mieux, d'autant plus si tu developpes deja des projets personnels. Je te renouvelle donc mes encouragements, curieux de voir ce que tu mets en scene, et si necessaire, a l'occasion, je suis pret a t'apporter mon aide. Kikoo lol san rankune & good luck dude !

    Pour ce qui est de ma petit personne, egaree comme bien d'autres, sur les sentiers de la perdition cinematographique, y a pas grand chose a en dire...
    Comme tout le monde j'ai fait l'assistant-stagiaire de base, sur quelques pubs, tout en essayant de developper des projets personnels qui n'ont pas aboutis. Face a l'indifference et au renoncement qui caracterise notre paysage cinematographique national, faisant moins preuve de patience que de ruse, avec quelques cordes a mon arc, et fleches a mon carquois, a decocher pour survivre dans cette lutte de survie artistique : je suis passe a l'Est.
    J'ai fait mes valises et je suis parti vendre mes services de mercenaire en Asie. Comme mercenaire-photographe d'abord, aupres de journeaux. Puis comme mercenaire-assistant-real sur des "TV-Drama" cantonais.
    Ce n'est, c'est certain, pas ce qui se fait de mieux au monde. Malheureusement, j'ai rate d'une decennie le vent vivifiant qui soufflait sur HK, etant aujourd'hui le plus mort des ilots de resistance cinematographique. Fort heureusement, ces series-tele risquent de rapidement tomber dans l'oubli le plus obscur ! Cela etant, j'y trouve une liberte (creative ? p'etre pas quand meme~!) que je n'aurais jamais eu en France. Reste, maintenant que mon carquois est pleins de fleches aiguisees et tranchantes, qu'il me faudra bientot rentrer, affronter mes demons et les fourvoyeurs du genre, en France.


    PS : Desole pour ma reponse tardive, retardee a cause de la Nouvelle Annee... Chinoise ^~^ ! Bonne Annee du Boeuf a tous ;) !!!

  • Lord Galean

    mer 21 jan 2009 11:10

    en attendant un de tes prochains articles Rafik, si je te dis "Never give up, Never surrender" ;) tu me dis ? j 'suis sûr qu'un geek comme toi sait de quoi je parle

  • Lord Galean

    dim 18 jan 2009 17:36

    entendu Hal, je suis un peu à cran en ce moment, ce qui pourrait justifier (même si pas excuser) le message précédent.

    et puis je te rassure lol, ce court métrage sur Batman est tout autant pour moi un exercice de style, qu'un hommage à un personnage de comics que j'adore, qu'une envie d'approfondir des thématiques qui m'intéresse. Bref, ça n'est pas que "ouah komen j'ador tro ,Batman, ça tate ! je ve fer pareil kikoo lol"

    Ca reste pour l'instant un projet vague en cours d'écriture et les deux cours que j'ai en ce moment sur le feu sont deux projets originaux. Un dont le montage son achève de me rendre fou car j'ai pris énormément de retard pour X ou X raison depuis son tournage en 2005 aussi du fait que j'ai tout fait tout seul dessus et l'autre dont la pré-prod pour un tournage en février me tétanise, car je vais me retrouver cette fois à la tête du équipe "conséquente", plus de 9 personnes, et ça me terrorise rien que d'y songer mais en même temps j'espère que ça se passera bien et surtout que l'ambiance sera bonne.

  • sarrio

    sam 17 jan 2009 11:19

    Et si tu nous racontais ton "exil" Hal ?

  • sarrio

    ven 16 jan 2009 11:46

    ...C'est mon combat. ..garder un minimum d'integrite artistique...Et pouvoir payer son louayer...Vais je devenir borgne ou aveugle

    En rapport avec cette problematique, je conseille de de voir le dernier film de David Mamet "RED BELT"

  • hal_lex

    ven 16 jan 2009 05:19

    FAIRE, oui, est important !
    Mais ne pas faire les yeux fermes.
    Or, aujourd'hui, on ne sait plus VOIR. Comme l'avait prophetisé Kubrick, en un sens, nous sommes tous 'eyes wide shut"~!
    Devant ce peu d'entendement (peu de "vue" je devrais dire) de nos compatriotes et confreres de la grande famille du cinema francais, moi j'ai choisi l'exil. Je suis parti 'faire' en Asie.
    Meme si "cette histoire de cinema de genre " n'est pas plus rejouissante ici-bas, tant le cinema local tend a se faire "harakiri", fourvoyant ce qu'il avait pu produire de plus élevé... une autre maniere de se Jack-bauer-iser par étouffement syncopé.
    Certe on peut faire un tableau ou un morceau de musique tout seul dans son coin. Faire seul un film, c'est plus difficile. En France, ici, ou ailleurs. Tu l'as bien démontré deja dans ton interview comme dans tes propos ci-dessous.
    Faire accepter sa vision cependant, est indeniablement le veritable enjeu dans le 'faire' d'un film. Il faut acquerir une force pour l'imposer.
    Or c'est bien cette force aujourd'hui qui manque au cinema, dans le genre ou ailleurs. Cette force du regard, que peu de realisateurs ont.
    Il faudra bien neanmoins, que nous la trouvions, en nous-meme, ou entre nous, pour affronter nos demons de l'etouffement culturel.

    Contre ce renoncement ambiant, il est rassurant d'entendre que quelques uns sont prets a se dresser, bientot j'espere les VOIR.

  • hal_lex

    ven 16 jan 2009 02:55

    ou siegent dans nos miroirs aux alouettes*

  • hal_lex

    ven 16 jan 2009 02:51

    Galean : On peut avoir 30 ans et rester jeune dans sa tete, ^~^!

    Si tu veux te lancer dans un court-hommage a Batman, y a pas de mal, vas-y lance-toi ! Passe outre les langues de viperes dans mon genre.
    Ce que je faisais seulement remarquer precedement c'est que l'exemple de Monsieur Sarrio, fort enthousiasment c'est certain ne lui avait pourtant pas vraiment permis de concretiser ses projets de longs de super-heros ou de polar--- ce qui est bien regrettable.
    Donc ma replique mordante est juste a prendre comme un petit rappel, une mise en garde. Apres, a 30 ans, c'est toi qui decide de ta route, en connaissance de cause, en sachant que cela ne t'ouvrira pas les portes du Paradis du 7eme Art (ou siege dans nos Spielby, Del Toro et les autres sur leur petit nuage dore~~)...
    Quoiqu'il en soit "Bon courage" !


    PS : Tachiguishi-Retsude est pas trop une nouveaute, elle l'est seulemment dans nos contrees, comme toujours, mal desservies--- pour Sky Crawlers qui est, par contre, le dernier Oshii en date, sorti l'ete dernier au Japon, vous pouvez vous brosser encore longtemps...

  • Lord Galéan

    jeu 15 jan 2009 19:48

    "Mes allusions douteuses autant qu'etranges (je te l'accorde) s'adressaient bien plus aux petits jeunes (trop?) enthousiastes qui deja veulent suivre tes traces. Faut-il les laisser perserverer, naivement, dans l'idee de faire leur propre "batman" "

    euh si cette remarque s'adresse à moi, permets moi déjà de te dire que 1)je ne suis pas un petit jeune enthousiaste, du moins enthousiaste je le suis toujours, mais petit jeune à presque 30 ans, ça fait longtemps que je le suis plus. 2) je ne suis pas les traces de David, je dis simplement que la production de son court hommage sur Daredevil m'a redonné l'envie et la gnaque de faire mon projet sur Batman, que j'avais commencé en 2005 mais que j'avais bientôt abandonné à cause justement de remarque de petit malin comme toi. Et enfin 3), qu'est-ce que je m'en moque de pérsévérer naïvement tant qu'il ya la passion de faire du cinoche et de tenir une caméra. Et puis si je fais un court sur Batman, c'est que j'ai quelque chose à en dire de ce perso que j'adore et aucune remarque ne me fera abandonner mon idée maintenant. 4) pourquoi on fait du cinéma ? hé ben revois ou vois Speed Racer, je crois que tout est dit, ce film est la profession de foi de tout réalisateur

    ps : pour finir dans une tonalité plus neutre et un peu HS, avez-vous vu la BA du nouveau Oshii, étrange, mais sans doute pas inintéressant
    http://www.we-prod.com/v3/catalogue/longsmetrages/tachigui/tachigui.php

  • sarrio

    jeu 15 jan 2009 18:50

    Hal, tes ramarques ont bcp de sens.Et la metaphore avec le sous genre "survival est bien vu.
    Et, je dirais que l'essentiel pour survivre en tant que real et de faire un 1er film d'une maniere ou d'une autre...l'important c'est de "faire" ds ce millieu...tant mieux si en plus tu le fais tres bien...Si tu n'es pas trop mauvais, tu finiras pas faire un tres bon film.
    ...Mes potes reals... tu as peut etre vu leur film...D'ailleurs, j'attends avec impatience celui de Dahan et Rocher : la Horde.