Les Fifils à sa Moman  (Coups de gueule) posté le lundi 10 novembre 2008 00:28

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J’avoue que je suis parfois une brêle lorsqu’il s’agit de déterminer à l’avance le succès au box-office de certains blockbusters. Et j’ai eu l’occasion ces derniers mois de me trouver stupéfait par les scores engendrés sur certaines séquelles.

Nom de Zeus ! Les gens ont-ils à ce point adoré Batman Begins au point de se ruer par millions dans les multiplexes qui projetaient The Dark Knight ? Ont-ils été à ce point traumatisés par Couscous Royale (copyright Stéphane Moïssakis) pour assurer à Quantum of Solace un démarrage foudroyant ? Quant à la saga des Jason Burne, qui cumule à elle seule toutes les tares connues du cinéma d’action contemporain (intrigue minimaliste beurrée de circonvolutions inutilement complexes, personnages translucides réchappés d’une pub pour téléphones portables, mise en scène dyslexique faite de gros plans sur des machins qui bougent) elle n’a fait qu’affirmer son succès d’épisode en épisode.

A l’évidence, le public réclame à grands cris ce type de films d’action. Et lorsqu’on se prétend, comme moi, amateur de cinéma populaire, il n’y a aucune gloire à retirer de sa désynchronisation d’avec les goûts du public. Il m’est même assez difficile de vivre mon divorce d’avec ces films que le peuple acclame. En regardant Coucous Royale par petits bouts, j’ai réussi, au bout d’un an, à parvenir péniblement à la cinquantième minute. Ma vision de chaque Jason Burne a duré en moyenne 30 minutes (les 10 minutes du début + accéléré en fois 4 sur la totalité du film + les 5 minutes de climax). Quant à The Dark Knight, du fait de la vision en salle, je n’ai pas eu la liberté de zapper les 18 chapitres du futur DVD, où l’on prenait soin de me résumer les enjeux, puis de me résumer le résumé des enjeux, puis de m’expliciter le résumé du résumé des enjeux, au travers de scènes de dialogue qui ont fini par me faire comprendre le vertige d’Al Pacino dans Insomnia.

 

 

Mais ce qui me frappe le plus régulièrement dans ces récents blockbusters à succès, c’est la consistance de ses héros. Car il est évident qu’au-delà d’une certaine indigence cinégénique qui n’a pas l’heur de flatter mes papilles peut-être trop précieuses (Palsembleu, je ne trouve plus mon plaisir que dans les toiles de maître Del Toro et les expérimentations d’Art dynamique des Wachowski, ces affreux chantres du snobisme le plus élitiste ! Serais-je devenu sans le savoir le valet de la néo-aristocratie citadine ? Sabrecouille et giclemorve ! Qu’on me guillotine et que l’on jette ma perruque empoudrée sur la grève !) il est évident, disais-je, qu’une énorme partie de l’ennui prodigué devant les films cités plus haut vient de mon incapacité notoire à m’identifier, ne serait-ce qu’un minimum, au personnages titres. A ma connaissance, le cinéma d’action a toujours été plus ou moins dirigé vers un public d’adolescents ou d’adultes qui assument leurs restes d’adolescence; on n’attend pas de ce cinéma-là qu’il soit particulièrement fouillé psychologiquement ou qu’il gravite dans les hautes sphères philosophiques. On attend de lui qu’il fasse vivre une expérience, et pour ce fait qu’il autorise le spectateur à s’immerger dans la peau du héros.

Or, contrairement aux responsables de studio, qui se nourrissent régulièrement d’études de marché et sont donc censés connaître le profil psychologique de leur public, j’admets avoir complètement raté certaines étapes dans l’évolution des mœurs du public de films d’action. Depuis plus de dix ans, j’essayais de comprendre ce qu’il était advenu des héros "d’hier" ; pourquoi les agences de casting n’avaient-elles plus dans leurs bagages des Lee Marvin, des Charles Bronson, des Sean Connery, des Belmondo, des Lino Ventura, des Steve McQueen, des Yul Brynner, des Jim Brown, des Burt Reynolds, des Burt Lancaster etc. Je refusais de croire que ces "tronches" avaient simplement disparu de la circulation (réponse que l’on me donne trop souvent). Non! On n’employait tout simplement plus ce type d’acteurs, ce genre de profils, car le public d’ados ne les réclamait plus. OK, mais pourquoi ? Et pour être plus explicite dans ma demande cinémaniaque de bourgeois emplumé :

          Where the fuck is John Wayne ?

A la fin des années 80, les producteurs télé Stephen J. Cannell et Patrick Hasburgh avaient cherché à se faire une place au milieu d’une avalanche de séries policières à succès (Miami Vice et consorts). Pour contourner la concurrence, ils eurent l’idée ingénieuse de concevoir une série exclusivement destinée au public de jeunes filles. Comme le marketing le leur avait alors depuis longtemps démontré, les jeunes filles avaient tendance à se détourner des figures par trop viriles. Traversant une période d’incertitude sexuelle nécessaire à leur développement, à la lisière de l’homosexualité, l’énergie de leur libido avait tendance à se focaliser sur des garçons aux traits féminins marqués, dans une recherche inconsciente d’hommes sans phallus. La stratégie consistant à créer de toutes pièces des idoles masculines qui ne sentent pas trop la bite (donc "non agressives" pour l’hymen apeuré de ces demoiselles) avait prouvé son succès croissant dans le milieu de la musique pop (souvenez-vous des A-ha, Duran Duran, Depeche Mode, Alphaville, Tears for Fears etc.). Et dans cette logique, Stephen J. Cannell et Patrick Hasburgh avaient trouvé la perle rare en la personne d’un jeune comédien appelé Johnny Depp. Comme prévu, la série TV policière pour jeunes filles, titrée 21 Jump Street, fut un succès immédiat auprès des adolescentEs et laissa de marbre le public de garçons (sauf un ou deux qui, depuis, sont sortis du placard). Mais jamais de leur vie, ces producteurs futés n’auraient pu imaginer que, vingt ans plus tard, l’éphèbe Johnny Depp deviendrait un icône du film d’aventure et de pirates, porté aux nues par des millions de garçons.


Celle qui semble avoir compris le plus tôt les nouvelles nécessités du ciblage marketing est Barbara Broccoli, héritière de la saga des James Bond. Dès 1995, à la suite de plusieurs échecs, Barbara s’était chargé, avec le film Goldeneye, de redéfinir de fond en comble le personnage de Bond, emblème le plus évident de la masculinité à l’écran.

Depuis les années soixante, le personnage de Bond se définissait, entre autres, par son caractère solitaire, sa détermination, sa loyauté sans faille envers la couronne, sa virilité flirtant avec le machisme, sa violence et surtout sa capacité à "prendre" les choses quand bon lui semble. Pur produit d’un fantasme masculin inféodé aux conjectures (c’est-à-dire indifférent à toutes les critiques qui pleuvaient sur son compte dans les cercles féministes), James Bond était, sous les traits de Connery, de Lazenby ou même de Roger Moore, le genre d’individu qui pénètre dans une salle huppée, en costume impeccable, et qui, sans prononcer un mot, sans un geste brusque, suggére à l’assistance par sa seule posture : "Salut les taffiotes. Baissez les yeux car c’est moi qui ait la plus grosse. Toutes les femmes dans cette pièce m’appartiennent et je ne vais pas leur demander l’autorisation si l’envie me prend de les retourner sur la table". Ce Bond-là ne se cherchait aucune excuse, aucune justification, ne montrait aucun état d’âme. La plupart des femmes qu’il "prenait" (car il ne perdait pas de temps à les séduire) se faisaient généralement tuer une fois consommées. Et l’agent secret ne réfléchissait pas à deux fois avant d’user de la prérogative que lui offre le fameux "double-zéro", à savoir le permis de tuer.

Le Bond nouveau, apparu avec Goldeneye (et qui fit hurler de dégoût les bondophiles que je fréquentais à l’époque) était un personnage pétri de doutes, qui reste assis en silence dans un cimetière de statues de Lénine tel un ado gothique émule de Rimbaud ; un Bond sensible quoi ! in touch avec son feminine side au point de se faire à moitié violer par la méchante du film, seul personnage à la virilité agressive. Et pour bien souligner au Stabilo la nouvelle donne, ce Bond next generation était flanqué d’un nouveau supérieur hiérarchique : une femme en âge d’être sa mère et qui se comportait précisément comme telle ! En un seul film, les héritiers Broccoli ne se contentaient pas d’émasculer le personnage de Ian Fleming ; ils le rétrogradaient au stade d’un marmot de douze ans découvrant son premier poil de cul.

 

Six morts dans une ambassade. Non mais vous savez ce que ça veut dire, James ? Plus de forfait libre et plus de XBox pendant au moins un mois.

 

Ce que les producteurs de Goldeneye avaient senti venir (au lendemain de l’échec du trop ramboïde Permis de tuer ) c’est, je crois, l’arrivée en salle de la nouvelle génération de mômes ; celle qui fut élevée en masse dans des familles monoparentales ou recomposées. Dans ces familles qui se multiplièrent durant les années 70 et 80, la voix de l’autorité était généralement incarnée par la mère. Le père devenait soit absent, soit illégitime, soit il était prié d’adoucir ses angles, de laisser parler son côté maternel, en clair de devenir la voix de la tendresse et de l’apprentissage de la confiance en soi (c’est-à-dire le rôle dévolu à la mère dans les familles "d’avant").

Privés d’image du Père (au sens psychanalytique du terme) les gamins débarqués dans les années 90 étaient du même coup privés d’un certain modèle d’émulation, celui qui symbolisait l’autorité, la détermination et l’indépendance des générations précédentes. Privés de cette image, donc privés de cet élan, ils ne pouvaient plus chercher à s’identifier à un personnage qui incarne aussi pleinement cette figure patriarcale. L’identification ne peut désormais plus se faire qu’avec des semblables, des personnages qui auraient toutes les caractéristiques d’un ado.

Un môme des années 90/2000 refusera de s’identifier pleinement à John Wayne vu qu’il est beaucoup trop vieux du haut de ses quarante ans, le papy. Le môme des années 60/70, lui, s’identifiait à John Wayne précisément parce que ce dernier avait quarante ans "et que un jour je serais comme lui" ! Nous sommes passés d’une génération de mômes qui rêvent de grandir et de devenir des héros balèzes, indépendants, cavaliers solitaires… à une génération de quadragénaires qui vivent toujours chez môman et qui n’ont aucune envie de s’en émanciper (mais il paraît que c’est seulement la faute à la crizéconomik)

 

 

Autrefois il suffisait à James Bond de lever un sourcil pour que tout le monde comprenne qu’il avait un braquemard de dix kilos prêt à dégainer. Aujourd’hui James Bond fait de la muscu pour développer son beau corps d’adonis des clubs branchés de San Francisco ; quand il se bat avec des hommes, c’est dans les chiottes de préférence, et il hurle comme un porcin pour montrer  qu’il sait être vilaine ; dès qu’il approche d’une belle femme il se prend un vent ; et quand il fait une boulette, il se rend dans l’appartement de sa môman pour se faire excuser.

Dans son sillage direct a débarqué l’inénarrable Jason Burne. Avec lui, l’incertitude sexuelle propre au morveux pubère monte au niveau supérieur. Jason Burne, il sait pas qui qu’il est ; il sait pas d’où qu’il vient ; il sait pas qu’est-ce c’est les gouttes blanches dans son slip le matin. Alors Jason Burne, il se fait aider par des dames tatouées qui lui expliquent qui qu’il est, qui le prennent par la main pour lui faire faire le tour du monde. Jason, pour montrer qu’il est fort, il fait des prises de kung fu en grimaçant, en halètant, en criant (à comparer avec John Wayne qui reste assis dans le coin du saloon et se contente de dire : "That was my steak, Valence !" pour que tout le monde se fige d’effroi).

Jason Burne est interprété à l’écran par Matt Damon, le sosie à peine ridé de Dennis la Malice ; le profil type de ce qu’on appelait autrefois un «"une gueule de premier de la classe" ou une "tronche de fayot". Si Matt Damon avait du faire sa carrière dans les années 80, il aurait été abonné aux rôles de puceaux du club sportif dans les comédies teenageresques. Mais dans les années 2000, le porcelet joufflu devient sans problème l’une des plus grandes stars du cinéma d’action.

Ce refus de plus en plus généralisé de la figure du Père et de l’agressivité virile ne se limite évidemment pas aux thrillers d’espionnage. Vin Diesel a connu le succès lorsqu’il jouait aux Hot Wheels avec ses copains de l’école (Fast and Furious), lorsqu’il faisait du skateboard avec les enfants de la voisine (xXx le petit déjeuner des champions) et il s’est soudain ramassé au box-office dès qu’il a osé jouer les Conan le Barbare de substitution (avec Les Chroniques de Riddick). Au fond, Riddick respire trop l’indépendance; il se place au-dessus des lois et des institutions; difficile de l’imaginer se faire engueuler par sa moman.

 

 

En 2006, Zack Snyder adapte le 300 de Frank Miller. Jusqu’alors, les spartiates avaient été dans l’histoire un symbole relativement unanime de la virilité poussée à son paroxysme ; Sparte représentait la société patriarcale dans toute sa violence et son intolérance, une société où l’on jetait les bébés trop faibles du haut des collines, où l’on préférait mourir dans un bain de sang orgasmique plutôt que dans un lit confortable. Bref une démonstration par l’absurde qui, néanmoins, continuait d’exercer une fascination plus ou moins admise sur les machines à testostérone que nous sommes. Mais sous l’impulsion non déclarée de la société contemporaine et de ses valeurs, les spartiates du film de Snyder devinrent une troupe de marmots qui hurlent comme des bourricots dans le jardin afin de se prouver qu’ils seront bientôt en âge d’avoir du poil au menton. Totalement assujettis à leurs épouses, qui jouent ici très clairement le rôle de leurs mères, ces sales gosses de spartiates n’oublient jamais de demander l’autorisation à môman avant de kicker du perse dans le puits (intéressant que ce plan hallucinant d’échange de regard entre l’homme et la femme, dans la scène la plus emblématique du film, ait été coupé au montage dans la bande annonce). Et sur le champ de bataille, lorsqu’ils perdent un fils au combat (suprême honneur dans la Sparte d’origine) les gueulards en slip du film de Snyder se mettent à chialer et à renifler comme des petites orphelines : non mais What the F… quoi ?


A quelques jours de sa sortie, 300 avait déjà trouvé son (énorme) public, comme le montre cette vidéo d'époque.

 

Que le Joker du film de Christopher Nolan, The Dark Knight, se comporte comme un ado hyperactif qui aurait oublié sa Ritalin ne pose pas de problème en soi. Le Joker a toujours incarné le refus d’une certaine maturité et la criminalité qu’elle engendre, et c’était bien l’une des raisons qui en faisait un "bad guy" dans la bédé finalement traditionaliste de Bob Kane (d’ailleurs, le Valence qui s’opposait à John Wayne n’était pas très éloigné du Joker non plus). Ce qui trouble déjà dans ce plus-grand-film-de-super-héros-de-tous-temps du classique-instantané-trop-dark du (très long) film de Nolan, c’est que l’orphelin Bruce Wayne se voit ici placé sous la tutelle non pas de un, mais de TROIS pères de substitution ! Faisant la navette tous les week-ends entre le majordome Alfred, l’industriel Lucius Fox et l’inspecteur Gordon, le gamin doit avoir un sapin de Noël idéalement garni en fin d’année. Et c’est d’ailleurs l’omniprésence de ces figures de "pères mous" sans autorité  (qui lui passent toutes ses aberrations ; "ho mon fils t’as créé un système de surveillance digne de George Orwell ? Efface-moi ça, chenapan") qui donnent au film ses longues plages de dialogues interminables en travellings circulaires sous filtre bleu/gris.

Autre détail intéressant du film, la nana que s’arrachent les deux plus grands playboys millionnaires de la ville ressemble à un Tom Sawyer qui aurait chipé la tunique de Joe l’indien pour s’en faire une robe de soirée. A dix mille années lumière de la pulpeuse Vicky Vale/Kim Basinger, loin, mais alors très loin d’une Catwoman SM incarnée par la plus belle femme au monde, le Bruce Wayne d’aujourd’hui ne se cherche pas une femme mais une Maggie Gyllenhaal, soit un copain avec qui aller faire les 400 coups au bord du Mississippi. (d’une façon plus générale, les ados et adultes des années soixante voyaient leur libido exploser sous la vision de trois attributs féminins précis : les jambes, les fesses et surtout le pubis -qu’on surnommait "triangle d’or", "chausson", "chatte", "jungle moite" et autres gentillesses poilues-. L’ado/jeune adulte contemporain ne jure plus que par deux attributs : le sein énorme et le vagin entièrement rasé. En clair il veut coucher avec sa mère ou avec sa petite sœur mais certainement pas avec une femme).

J’ignore où nous mènera cette mode socialement induite du héros morveux , sexuellement immature et plongé sous les jupes de sa moman; j’ignore si l’on reverra de sitôt Mad Max marcher stoïquement dans le désert sans prononcer un mot ou L’Inspecteur Harry ouvrir tranquillement sa porte à une groupie asiatique ; j’ignore même où me guide cette longue chronique décousue. De toutes façons, ma femme vient de me demander d’arrêter de taper comme un furieux sur le clavier. Et comme je suis un spartiate moderne, qui sait reconnaître la vraie voix de l’autorité, j’arrête sur le champ cette rédaction ; je vais regarder de ce pas mes 2 minutes mensuelles de Couscous Royale puis me coucher en suçant mon pouce et en rêvant à des seins énormes décorés de tétines.

Rafik Djoumi

 

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Les Fifils à sa Moman

  • stanislas

    dim 07 déc 2008 19:52

    Ce qui me choque c'est la facilité à caricaturer des personnages qui deviennent complexe. L'envie de voir le verre à moitié vide ou à moitié plein quand ça vous chante monsieur Djoumi. Bond apparaissait autre fois comme un personnage sans nuance couillu surement, mais aujourd'hui dépassé. La puissance sexuelle de Bond était forte a cause de l'impuissance de ses ennemis. Mais lorsque Bond est par exemple face à Red Grant la tendance s'inverse. Le concours de la plus grosse tient deux minutes et non pas une franchise de 22 film. Le pari sur Casino Royale était justement de montrer un Bond en devenir. Il est puéril plein d'esbroufe mais tout le monde sait que si par la magie geek le Bond de Connery et celui de Craig se rencontraient, le Bond de Connery se ferait bitchslaper tellement fort que sa perruque s'accrocherait à la caméra (ça venant d'un fan de Connery). Et alors Bond ne considère plus les femmes comme des conserve à sperme où est le probleme. Bond qu'on le veuille ou non est le reflet de la masculinité actuelle et si elle s'épile les aisselles pour plaire à madame ainsi soit-il. Hellboy en revanche est dans le film le personnage pueril par essence. N'arrivant jamais à être seul et à s'affirmer comme tel, il est soit coequipier soit amant soit fils soit papa!!! Rien de Bad ass dedans!!! Monsieur n'obéit pas aux ordres mais joue quand même au Tanguy en squattant la maison de Papa jusqu'a 30 ans. A voir l'arme du bonhomme qui cache un dangereux complexe. Et Liz! Affirmer qu'elle ne joue pas la maman poule n'est plus de la mauvaise foi c'est limite du revisionisme. Lorsque le diable rouge est au combat c'est un chef mais dés qu'il est avec maman il faut qu'il aille se laver mains et qu'il ne laisse pas de saleté par terre.
    Maintenant Batman/Bruce Wayne. Nolan le montre biensur comme un enfant qui joue avec les mauvais jouet et c'est l'une des beauté du film. Comment prendre totalement au serieux un homme qui décide de porter une cape. Tout le personnage est enfantin mais c'est l'essence meme de ce dernier. Voila pourquoi Burton l'a installer dans un univers enfantin. A la manière d'une experience, le réalisateur montre comment un homme alors qu'il ne connait rien au crime organisé décide de s'en prendre à ces dernier et la réaction de ce meme univers.
    Les personnages que vous citez comme des modèles sont des personnages sans conscience de leur conséquence, stériles. Car tous les personnages se foutant de tout dans un univers qui se fout lui même d'eux et de leurs actions sont stériles. Ainsi les actions de Bond Connery ne servent à rien seul son apparition amuse le spéctateur. Mais les nouveaux Bond et Batman sont des personnages conscient de leur conséquences et se savent comme des enfants dans un univers plus grands un peu comme tous les hommes d'aujourd'hui. Le seul personnage conscient de ses conséquence et toujours Bad Ass est Tyler Durden car il sait que combattre l'ordre établi est le seul moyen d'y etre homme. Mais Hellboy come on man!!

  • Jorje

    mar 18 nov 2008 10:10

    Le point de vue intéressant du scénariste Denys Corel sur QoS, qui semble faire une lecture quasi campbellienne de la trajectoire bondienne développée par Paul Haggis :

    http://denyscorel.over-blog.com/article-24737075.html

    Ce qui gêne quand même le plus chez ce Bond, c'est qu'il nous demande de boire du Coca Zero.

  • Macfly

    lun 17 nov 2008 17:48

    "Soit ces héros tant vanté désormais ne peuvent plus être républicain, ou de droite"

    http://www.youtube.com/watch?v=9teLeXZ3XMU

    Un film qui a l'air de se demander ce qu'est un héros.
    (Moi je vous laisse, je dois m'entrainer à lancer des "Get off my lawn" devant ma glace)

  • Fantômas

    lun 17 nov 2008 16:04

    Oui ...Brian Singer... Superman... Pourquoi? J'ai dit une bêtise?

  • Rafik

    lun 17 nov 2008 15:38

    La création du forum est en cours.
    La longueur des commentaires atteignant presque certains de mes textes, nous aurons le loisir de nous épancher (et nous étriper) dans un espace plus confortable.

    PS Fantomas : Le Superman de Singer ? Vraiment ?

  • Fantômas

    lun 17 nov 2008 14:38

    ... ce que vous reprochez donc, c'est cette filiation avec une mère réelle ou de substitution et qui transforme ces personnages de fiction en névropathe ou pré-ado dont la mue n'est pas finie... Cela je l'avais aussi compris.. mais ce sont vos parallèles que je ne cautionne pas.
    Certes, L'acteur de Jason Bourne a une tête de chausson aux pommes et on a du mal à lui prêter au départ de la série une crédibilité faute à notre back ground cinéphagique qui nous avait habitué à des gueules hyper masculines.
    Tim Burton avait été l'un des premier à renverser pourtant la tendance en collant Michael Keaton dans le latex de Batman. On a crié, on on a brandi nos cuillères et puis on s'est calmé parce que finalement on fini pas comprendre la démarche de Burton.
    Pareil pour 24h et Jack Baueur. Difficile à la base de penser que Kieffer Sutterland sera un héros du haut de ses 1m70 avec sa tête oscillant entre la pomme de terre de Noirmoutier et la poupée Chucky.
    Il se trouve et en effet, je suis d'accord avec vous (oh? sisi), que James Bond est une entreprise avant tout mercantile sans autre but que de rapporter un max d'argent. Et ce nouveau bond est la combinaison de Bourne, Bauer; ces héros d'un genre nouveau avec tout de même une tête super, archi, méga, giga masculine.
    ... Mais ces héros monolithiques dont vous déplorez la perte sur nos écrans; il en existe encore mais ne sont plus appréciez par le plus grand nombre parce qu'on les assimile maintenant à une sorte de confrèrie de la "beaufrie". Les Steven Seagal, les Chuck Norris, les Stallone, les Van Dame, ou même encore Les Estwood période Harry sont regardés avec une sorte de honte politiquement correct.
    Oui, vivre avec son temps et ce que l'on nous sert comme soupe. Soit ces héros tant vanté désormais ne peuvent plus être républicain, ou de droite comme Belmando dans sa période Le Marginal, être hétéro pure souche sans une once d'ambuguité avec s'il le faut à un moment donné des scènes dans des bars gays cuir où on l'on voit notre héros prendre une tête consternée devant le spectacle... Et puis aussi très important, toujours montré des filles qui n'existe pas dans le réel. des filles supers belles, un peu connes mais super belle avec des attribus que seules les filles qui n'existent pas peuvent avoir... Et l'on jette son papier collant dans la corbeille prévue à cet effet, etc.

    ... ce que l'on pourrait reprocher peut être dans cette nouvelle mouvance héroîque ripolinée, c'est de ne plus avoir des oeuvres avec des hanti-héros.
    ...Ou les derniers en date serait peut être Mc Lane ou le Blade de Del Torro ou son Hell Boy ou même encore en m' hasardant à le dire, le Superman de
    Brian Singer.

  • Rafik

    lun 17 nov 2008 00:35

    Fantômas : je vais répondre à vos messages en assumant qu'ils soient à prendre au premier degré.
    Je crois que vous avez pris certaines évocations au pied de la lettre. Le texte parle de virilité, pas d'homme préhistorique. Et les qualités que vous attribuez à Roger Moore ("dandy cultivé, racé et précieux") n'ont rien d'incompatible avec cette virilité. Même si je vous accorde que ce mot, "virilité" a presque autant de définitions qu'il y a d'hommes sur Terre.
    Spock vous a déjà en partie donné la réponse : ce qui est en ligne de mire ici, c'est avant tout la (non)maturité de ces héros contemporains.

  • Fantômas

    dim 16 nov 2008 23:49

    ... de toute façon, je n'aime pas Star Treck non plus.

  • spock

    dim 16 nov 2008 23:21

    Fantomas a écrit : Le dernier Bond en date est un mixe de Connery (avec un Y) et du T1000. je trouve qu'il est violent, laconique et qu'il n'a rien d'un fifils à sa môman.

    Le Bond de Craig a des relations fils/mère avec M, c'est bien le fifils à sa moman, et le reste du temps il fait des grosses colères (violentes) comme un bébé, la classe et l'humour c'était Connery Moore Dalton AMHA (et pour ceux qui aiment, Lazenby, Brosnan)

  • Fantômas

    dim 16 nov 2008 22:38

    Cette idée de penser que les héros cinématographiques de naguère ont été subtitué par des clones de gens normaux est une bien étrange évocation...
    On peut juste constater seulement un va-et viens de comportement et de caractère mais jamais comme le disent l'auteur de l'article ou bien encore "Spock", une si nette évolution de ces personnages de fictions qui tendraient tous vers une humanisation ou une féminisation totale ou partielle.
    Sean Connery apportait il est vrai dans les premiers Bonds toute l'animalitée requise, le sex appeal et la violence brusque qui sciait à merveille au principe même de la série. Lazambi avait sans doute été choisi pour ce léger mimétisme et cette pâle ressemblance de physique avec l'acteur écossais. Quand à l'arrivée de Sir Roger Moore, je suis désolé de contredire vos théorie sur le fait que ces trois Bonds soient des parangons de l'utra-masculinité mais l'acteur du saint et de Amicalment vôtre n'a jamais représenté pour moi l'archétype du mâle mais plutôt du dandy cultivé, racé et précieux. D'ailleurs les combats avec lui paraissaient toujours assez peu réalistes et plus porté vers l'humour et le décalage. Ceux de Connery étaient plus secs et nerveux.
    En gros comme si le personnage incarné par Moore n'accordait qu'une relative attention à ces "épanchements" pour mieux favorisés ces promenades dans des décors kitchouilles en changeant de tenues à chaque plans, accessoires compris. J'y vois là plus des attitudes de mondains vernis plutôt que de super héros mâles comme vous l'entendez.
    C'est avec Timoty dalton (que j'aime beaucoup dans le rôle) qu'il faut attendre pour retrouver l'aspect rude du personnage de l'agent 007.
    Pierce Brousnane (je sais pas comment cela s'écrit), renoue un peu avec le style Moore avec son broshing bablilys et ses attitudes de mannequin La redoute.
    Le dernier Bond en date est un mixe de Connery (avec un Y) et du T1000. je trouve qu'il est violent, laconique et qu'il n'a rien d'un fifils à sa môman. ou alors j'ai du avoir moi-même une enfance bien malheureuse...