Le Cercle et le Divertissement  (Coups de gueule) posté le dimanche 12 octobre 2008 19:01

cinéma d'auteur, cinéma de genre, clint eastwood, diversion, divertir, entertain, entertainment, flags of our fathers, mémoires de nos pères


 

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"Le Cercle des Cinéphiles" est une émission de radio hebdomadaire de 60 minutes, diffusée dans la région toulousaine, et présentée par Alexandre Tylski.

 

Octobre 2006. Il y a déjà deux ans de cela, j’affirmais que la façon même avec laquelle on militait en France pour un "cinéma de genre" condamnait ce mouvement à n’être finalement qu’une continuation du "film d’auteur bien d’chez nous", avec juste un peu de barbaque en plus (et c’est pas les films d’horreur français de cette année qui vont me faire changer d’avis).

Au cœur du problème, à mon avis, le choix du vocabulaire et ce qu’il induit sur nos mécanismes de pensée : en l’occurrence ici, le mot "divertissement".

A ce sujet, guettez les réactions de mes collègues du Cercle qui, d’une certaine façon, démontrent mon propos. Bien que nous ne soyons pas en désaccord, vous constaterez que notre échange bute sur l’emploi même du mot "divertissement" et ce qu’il sous-entend.

 

 

 to Entertain ou Divertir ? That is la question

 

 

J’ai laissé un peu tourner la bande à la fin de l’intervention, pour que vous puissiez profiter de la séance de torture à laquelle me soumet l’ami Alexandre Tylski. Le salopiot change complètement de sujet et m’oblige à partir en impro sur un film d’Eastwood que je venais de voir. Ha la solitude du chroniqueur qui cherche ses mots pour parler d’un film pas évident !

 

Rafik Djoumi

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Tous les commentaires de l'article:
Le Cercle et le Divertissement

  • Michael

    sam 01 nov 2008 16:44

    Cette chronique me rappelle une remarque de Kiyoshi Kurosawa, dans un livre d'entretien sur son intérêt pour le cinéma d'horreur américain, qui arrivait pas à comprendre le besoin des critiques Occidentales à vouloir imposer une ampleur intellectuelle aux films d'horreur. Comme si, en soit l'horreur n'était pas un spectacle assez digne. Comme toi, il prend en exemple Romero ou Hooper. Intéréssant quoi (point de vue d'un japonais sur le ciné occident, c'est original et rare, non ? )

    Belle reprise pour le film d'Eastwood, un divertissement en règle qui zappe presque le début de la chronique .

  • Julien

    lun 27 oct 2008 16:14

    Merci Rafik, ça marche très bien avec downloadhelper ;)
    sinon pour le crédite photo, c'est normal : ce blog est une référence.

  • Rafik

    dim 26 oct 2008 19:51

    Julien : si tu parles des fichiers son que j'ai mis en ligne ici; non je ne sais pas. Perso j'ai downloadhelper sur Firefox qui permet d'enregistrer pratiquement n'importe quoi sur une page. Mais je crois que ces blogs sont faits pour justement éviter de récupérer photos et sons dessus. ;-)

    Maintenant, si tu veux les mp3 de mes interventions qui sont sur mon disque dur, suffit de demander gentiment et je les case sur un site d'échange de fichiers.

    PS : presque rien à voir mais drôle (ou triste), matez le crédit photo sur cette page du plus grand quotidien suisse :
    http://www.lematin.ma/Actualite/Express/Article.asp?id=95554

  • Julien

    dim 26 oct 2008 19:01

    Dis-moi, mon cher Rafik, tu ne saurais pas comment je peux enregistrer tes interventions au "cercle des cinéphiles" ? Merci d'avance.

  • Janto

    lun 20 oct 2008 09:29

    C'est pas un article de Rafik mais de Julien Dupuy (on va dire que c'est la même famille^^) http://www.dvdrama.com/news-29790-hellboy-2-des-effets-speciaux-en-or.php

  • dick laurent is dead

    dim 19 oct 2008 08:54

    > "Ma question portait globalement sur la capacité de l'industrie ciné française à bien entourer les jeunes cinéastes orientés vers le cinéma populaire, ce qui fait resurgir la polméique sur le fait de laisser totale liberté à des "auteurs de genre" qui ne sont peut-être pas aussi géniaux qu'ils l'imaginent (ou pas) "

    Tiens ca me rappelle cette réflexion de Yannick Dahn dans l'interview qu'il a donnée à DVD Classik :

    " j’ai tendance à croire que je défends une approche du langage cinématographique, du découpage, une sincérité ; or, je pense que c’est dans le cinéma de genre que se développe ce langage. Bon, ce que je vais dire va peut-être sembler un peu sarkozyste, mais bon… (rires) : C’est lorsque l’on doit respecter les règles qu’on est le plus créatif. Et ça je le crois vraiment. Lorsque l’on n’a pas de cadre, on se regarde le nombril, on énonce des ‘vérités’ sans avoir à réfléchir sur son support. Le cinéma de genre, en tant que dérivé du cinéma d’exploitation, doit répondre à des contraintes, entre autres de rentabilité. Le film doit correspondre à une structure, à des codes, et le réalisateur qui souhaite aller plus loin est obligé de les transgresser. Voyez le western classique, qui non seulement obéissait à des codes, mais aussi à des lois qui interdisaient de traiter de certains sujets, entre autres la sexualité ; on a pourtant de nombreux westerns où l’homosexualité est latente, mais traduite par le travail sur l’image, par des enjeux scénaristiques, sans jamais être exprimée littéralement. Voilà aussi pourquoi j’admire quelqu’un comme McTiernan, dont les films véhiculent énormément de choses par le biais de la mise en scène, et uniquement par elle. Idem pour Verhoeven ou Cronenberg, qui ont travaillé à l’intérieur des codes tout en étant extrêmement créatifs et subversifs"

  • Reda

    sam 18 oct 2008 10:24

    Ok je ne l'avais pas compris comme ca.
    Il nous faut un Joël Argent

  • Jorje

    ven 17 oct 2008 10:15

    Ouh, j'ai jamais "encensé" Laugier sur le terrain de la prétention, au contraire, je conçois très bien qu'on trouve Martyrs gorgé de prétention... Et puis parler d'ego concernant des réals dont nous n'avons que des extraits d'interviews (fin je sais pas toi, mais c'est mon cas), c'est de toute façon un peu portnawak, et je m'en cognerais bien volontiers si les films étaient inattaquables. Ma question portait globalement sur la capacité de l'industrie ciné française à bien entourer les jeunes cinéastes orientés vers le cinéma populaire, ce qui fait resurgir la polméique sur le fait de laisser totale liberté à des "auteurs de genre" qui ne sont peut-être pas aussi géniaux qu'ils l'imaginent (ou pas).
    Quant à Martyrs / Vinyan, j'ai beaucoup de mal à évaluer ces deux films de toute façon, je n'attendais rien de Martyrs mais il m'a secoué, j'attendais beaucoup de Vinyan mais il m'a déçu, voilà qui explique ma rancoeur (passagère) contre Du Welz.
    Mon impression, très schématique, c'est que Laugier fait des films cérébraux avec ses tripes, que Du Welz fait des films viscéraux avec sa tête, et que dans les deux cas, y'a quelque chose qui (me) manque, le ptit truc qu'il y a dans les films de Rob Zombie par exemple.

    Bon sinon, j'ai écouté l'émission et l'observation lexicale est très intéressante. Mdr quand un des animateurs relance : "et alors le Eastwood, c'est du divertissement ou pas ?". On recommence... lol

  • Reda

    jeu 16 oct 2008 18:26

    Critique Du Welz et encenser Laugier sur le terrain de l'égo (ou plutôt de la pretention), c'est quand même du nimpnawak !

  • Jorje

    jeu 16 oct 2008 15:33

    Pas (encore) pu écouter l'émission mais ce que je lis des commentaires me laisse un peu perplexe : pourquoi prêter à Gens ou Laugier des arrières-pensées quand ils introduisent telle dimension sociale ou philosophique à leur récit ? Je pense au contraire qu'ils sont parfaitement sincères, et qu'en bons fanboys, ils rêvent de faire des films à la fois efficaces et porteurs de sens (Romero, Carpenter et toute la clique de réals de genre "consacrés") parce que c'est le cinéma qu'ils aiment. Après, qu'ils cherchent une certaine reconnaissance, ça me semble assez naturel. Don't we all ?
    A mon sens, la responsabilité des échecs artistiques de notre production "de genre" est davantage liée à un système de production opportuniste et à la ramasse, qui monte des projets sans grande connaissance des attentes du public ni réelle exigence qualitative, et se rend compte trop tard qu'il a financé une merde et qu'il faut la sortir discrètement pour pas trop se choper la honte.

    La sacro-sainte place de l'auteur au sein du système français est peut-être à revoir, pas dans le sens où Gens se fait casser les burettes sur Frontières pour en faire un Disney, mais dans le sens où son film sent l'amateurisme à plein nez. Sinon, on n'a pas fini de voir des égos démesurés genre Du Welz nous pondre des soufflés à la Vinyan et ne jamais se remettre en question.
    Le jour où les jeunes réals français auront en face d'eux des producteurs bienveillants mais exigents, ça changera peut-être. Question de génération : les producteurs d'aujourd'hui sont certainement imprégnés du clivage cinéma d'auteur prestigieux / cinéma populaire pouet-pouet qu'on a fait rentrer dans les crânes les décennies précédentes. Il est déjà loin, l'héritage de Duvivier ou même Melville...
    Bref, il est temps que les geeks prennent le pouvoir. ;)




 

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