Gross Gamelles of 2007  (Articles) posté le lundi 04 février 2008 22:02

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Blog de rafik :Compagnon Geek, Gross Gamelles of 2007

 

Vous le savez bien, puisque vous l’avez entendu des milliers de fois en soirée, sortant d’une bouche experte gorgée d’apéricubes, le succès d’un film en salle dépend ex-clu-si-ve-ment du matraquage médiatique, parce que tout ça, en fait, c’est des histoires de dollars des grosses majors hollywoodiennes du capitalisme sauvage transgénique. Aucune place pour l’imprévu, puisqu’avec des gros sous le risque d’échec n’existe quasiment pas. Aucune place pour l’intérêt « naturel » du public envers certains sujets, certains films, à certaines périodes, selon certaines conjonctures, puisque les désirs de ce public sont façonnés de toutes pièces par des experts du marketing, spécialisés dans la manipulation de masse et le message subliminal qui brosse dans le sens du poil le beauf moyen en flattant ses bas instincts à coups de spots et d’affiches lobotomisantes qui coûtent des millions de dollars (transgéniques).

 

Et comme à côté de ça, la presse, la radio et la télévision n’ont pas de temps à perdre en enquêtes pour remplir leur flux d’info, elles peuvent se satisfaire des communiqués généreusement cuisinés par les distributeurs, et qui offrent à l’agora (et principalement aux actionnaires) l’image paradisiaque de majors enquillant les records au box-office et surfant sur des montagnes d’or. Oh bien sûr, pour faire bonne mesure, un vilain petit canard vient de temps en temps servir de soupape et donner le change pour montrer que, parfois quand même, faut pas déconner, ça marche pas si bien que ça. Dans la catégorie « échec », on trouvera bien un Matrix Reloaded par exemple, qui n’atteint même pas la barre du milliard de dollars de bénéf’ (bouh, la honteuh !) ou bien encore, dans la décennie précédente, un Waterworld labellisé « méga échec » par pratiquement tout le monde, et qui s’était juste contenté de rapporter en salle trois fois son énorme budget (Seulement le triple ? Et Costner ne s’est pas suicidé ? Mais qu’a-t-il fait de sa dignité ?).
 

La formule reste quasiment inchangée depuis la fin des années 70, époque à laquelle les studios ont commencé à « communiquer » à coups de chiffres. Pas question de sortir les chiffres qui fâchent vraiment, et s’attarder sur les vraies grosses plantades embarrassantes. Et comme les lois de l’échec font décidément bien les choses, un vrai bide, un film qui se plante misérablement et en grande largeur, c’est un film généralement zappé des consciences à vitesse grand V puisque, par définition, personne ou presque ne l’aura vu !

Toi lecteur de ce blog, gros consommateur de films, geek abreuvé d’infos, de news et de chiffres, as-tu toi-même vu ces films américains peuplés de stars et à gros budget qui sont sortis ces dernières années ? Pluto Nash, Monkeybone, A Sound of Thunder, Potins mondains, Les Fous du roi, Gigli, Famille à louer, Mindhunters, les deux versions de L'Exorciste au commencement ? Hein ? Hein ? Bon ben CQFD alors...

 

Voici donc pour vous un petit état des lieux parfaitement inutile, qui ne vous servira à rien, et surtout pas à contre-argumenter face aux bouffeurs d’apéricubes, puisqu’ils n’auront pas la moindre idée de ce dont vous êtes en train de parler.

 

Gross Gamelles in USA – The Winner

 

1ère place : Ze Best. Top of the pop. Grand gagnant du concours, toutes catégories confondues, l’inestimable Evan Tout Puissant, qui mérite un article à lui tout seul.

 

 


 

Un véritable cas d’école que celui-ci, l’exemple ultime de ce que peut donner un projet qui passe successivement entre les mains de centaines « d’experts ». A l’origine de la pagaille, bien sûr, il y a le succès en 2003 de la comédie avec Jim Carrey Bruce tout puissant (budget : 81 millions de $ - recettes monde : 484 millions de $). Dix exécutifs s’écrient en chœur : « Ouais ! Génial ! On va faire une suite ! ».

Mais problème ; Jim Carrey ne rempilera pas. « Pas grave, annonce un nouvel exécutif qui passait dans le couloir, les indices de satisfaction montrent bien que la scène qui a le plus fait rire les gens c’est celle où Steve Carell bégaye en présentant le JT. On n’a qu’à faire un spin-off sur son perso à lui, Evan… Evan tout puissant ! »… « Ouaiis ! Géniaaal ! » Et hop, Steve Carell est signé pour la séquelle. « Oui mais c’est pas une séquelle, c’est un spin-off. Les spin-offs c’est généralement pas aussi rentable que les séquelles », annonce un nouvel exécutif fraîchement promu qui est aussitôt viré. Entre-temps, Steve Carell, comique de télévision très populaire, change de registre et va séduire un public nettement plus citadin avec ses prestations dans The Office et Little Miss Sunshine, puis se mettre dans la poche les ados et adulescents que nous sommes avec 40 ans toujours puceau. Extases, orgasmes en pagaille dans les locaux d’Universal. Evan Tout Puissant devient projet prioritaire numéro uno access top priority. Déjà on signe des chèques dans tous les coins.

Un jeune stagiaire a beau faire remarquer qu’il y a une différence entre une comédie populaire au pitch efficace avec une star internationale comme Jim Carrey, et un spin-off avec un comique de télé devenu coqueluche des bourgeois, il est aussitôt bâillonné et conduit à la cave.

Reste à savoir maintenant de quoi le film va parler. Refaire à l’identique le film avec Jim Carrey serait mal vu. Et c’est là qu’un autre exécutif, qui était jusque là resté silencieux, sort l’idée de génie : « Eh les gars. Réfléchissez à ça : on a un concept defilm où l’un des personnages principaux c’est Dieu. OK ? Et là, ce petit bâtard de Mel Gibson vient de tous nous mettre la honte en engrangeant 600 millions de brouzoufs avec une prod indépendante au budget inexistant, que personne dans cette ville il voulait la faire, et où y’a que du Dieu dedans : La Passion de Chris ou ch’ais plus quoi là. On n’a qu’à faire comme lui et se mettre dans la poche le public de la Bible Belt et tous les chrétiens de la planète. » Un grand silence, suivi d’une explosion de semence qui envahit les locaux d’Universal. Une batterie de scénaristes, dont ceux des deux épisodes de Garfield, se met au travail pour accoucher en un temps record (et moyennant finances) du concept qui tue : « après Bruce, c’est maintenant Evan qui est contacté par Dieu pour construire une nouvelle Arche de Noë en vue du nouveau déluge ; réchauffement climatique tout ça tout ça, les gens vous êtes des vilains, Dieu est fâché. ». Extase, félicité. Oh certes, il y a bien cette responsable de comm’ qui affirme que le public de la Bible Belt ne va jamais au cinéma (d’où la surprise des scores du Mel Gibson) puisque Hollywood est assimilé chez eux à une Babylone décadente et qu’en plus ils savent même pas qui est Steve Carell, comique clairement libéral ; on fait semblant d’écouter un peu la pimbêche, puis on la revend à des maffieux russes qui sauront bien la recaser dans un lupanar en Roumanie.

Le tournage d’Evan tout puissant est lancé et Tom Shadyac, réalisateur de Bruce Tout Puissant et recordman de la comédie populaire américaine, dispose d’un accès illimité aux caisses. Et de l’argent, il va en avoir bien besoin le gars, parce que « je sais pas quels sont les foutriquets qui ont écrit ce truc, mais tourner des séquences entières avec cinq éléphants, trois chameaux, dix perroquets des îles, vingt flamands roses, des serpents, des léopards et des lamas, ça va nous prendre trois quarts de siècle, si déjà on arrive à faire en sorte que les léopards ne bouffent pas les chameaux. Tous les gags sont basés sur des animaux qui interagissent avec des comédiens ; y’a des nardin amouk d’animaux dans tous les plans ; et la moitié de mon casting humain c’est des gosses qui peuvent pas tourner plus de quatre heures par jour ! » Donc : réécritures, reshoots, deuxième, troisième, quatrième équipe. Pour la question épineuse des animaux, un exécutif brillant a la solution. Il suffit de convoquer en même temps treize compagnies d’effets spéciaux ultra-performantes (genre ILM, Rythm and hues, CafeFX etc.), les faire bosser 24h/24 pour peupler l’écran de bestioles et le tour est joué, « bon certes ça va facturer chèros mais on est en train de faire E-van tout pui-ssant les gars ! ». En plus, avec tous ces zanimaux en zeffets spéciaux, les gosses vont grave kiffer. Ca nous fait de la peluche pour les Toys R us ça. On aura dans la poche et les gosses, et leur famille, et la Bible Belt, et les bourgeois new-yorkais (= nouvel orgasme). Le projet prioritaire numéro uno access top priority gagne donc un cran et devient affaire d’état, limite on convoque pas le Major Chief of Staff et les Marines. « Oui alors justement, vis-à-vis de la classification tout public, y’a un souci, rapport à la fin du film – De quoi la fin du film ? – Ben c'est-à-dire que c’est le déluge quoi ; vous savez la punition divine tout ça, des foules entières d’impénitents qui sont emportés par les flots en poussant des cris atroces ; regardez, je vous ai ramené une Bible illustrée pour les 4-8 ans, c’est ce dessin là – Ha ouais effectivement. Ca, ça le fait pas du tout. Bon vous rappelez Tom. On refait toute la fin. On n’a qu’à dire que le déluge il emprunte une avenue qui a été spécialement bloquée pour l’occasion. Comme ça les gens impénitents ils s’arrêtent au feu rouge avec leur bagnole et ils regardent passer le déluge en restant au sec. »

 

 


 

En attendant, la promo s’est intensifiée. Les grandes villes américaines sont quasiment laissées à l’abandon mais les bourgades de la Bible Belt sont noyées d’affiches qui annoncent l’évènement cosmique, du genre à laisser penser que La Passion du Christ c’était un peu votre American Graffiti à vous les culs-bénits, hé ben là avec Evan Tout puissant vous allez enfin l’avoir votre Star Wars. Même les sexagénaires new-age se voient ciblés, puisque la haute tenue morale de Evan Tout puissant en fait aussi un film qu'il est écolo dans l'âme (déluge, réchauffement, Dieu pas content tout ça). Ente deux nettoyages des tables de conférence au kleenex, les executifs d'Universal signent un chèque de 25 millions de dollars pour la campagne Ecomagination, qui expliquera aux petits américains pourquoi la nature c'est bien et lui faire du mal c'est mal, glissant discrètement au passage quelques images de leur futur bloquebustaire. Oui vous ne rêvez pas : ça fait 25 millions de dollars pour une pauvre page de pub indirecte, même pas de la vraie pub qui t'ordonne d'aller voir le film (au fait ça fait combien d'arbres 25 millions de billets ?). A quelques jours de la sortie, Tom Shadyac fait publiquement savoir qu’il est quand même un peu inquiet de ne pas avoir vu un seul spot de son film à la télé, alors qu’il livre tout de même un des trucs les plus chers de l’année, au budget tellement énorme qu’on ne le communique même pas, du genre à permettre à Spielberg de faire trois films. On le rassure en lui expliquant que le vrai marché, c’est pas les gens comme lui mais la Baïbeul-Belteuh. Le jeune stagiaire enfermé dans la cave d’Universal parvient à retirer son bâillon et hurle : « Mais la Bible Belt, c’est des protestants rigoristes, c’est du fondamentalisme chrétien. L’Arche de Noë c’est dans l’Ancien Testament, c’est pas dans le Nouveau. C’est un mythe juif quoi… » Mais ses cris sont couverts par le concert de bouchons de Dom Pérignon qui sautent à tous les étages, mêlant la mousse du champagne au dernières éjaculations que des bourses trop sollicitées parviennent à produire.

Evan tout puissant finit par sortir en salles sur 5700 écrans (le double du film de Jim Carrey), avec pour seule concurrence ces fourmis pathétiques que sont la suite des 4 fantastiques, la comédie En Cloque mode d’emploi et Ocean 13. Et sur son premier week-end, le chef-d’œuvre qui a monopolisé l’argent et toute l’attention d’Universal fait un score similaire à… Dr Doolittle 2 ! (ho tiens ! un film avec des zanimaux à zeffets spéciaux). Assez curieusement, la Bible Belt et les new-yorkais se contrefoutent du film. A Dallas, Chicago, Washington, Detroit, L.A, on ne sait même pas que le film existe, et dans l’ensemble personne ne reconnaît Steve Carell sur l’affiche, avec sa barbe de trois kilomètres et ses cheveux pouilleux. En fin de parcours, le film de Shadyac engrange péniblement 100 millions sur le territoire américain et cumulera à 72 millions sur le monde. C’est, avec Dragonfly, l’un des plus mauvais résultats de toute sa carrière !

Mais vous savez quoi, même si ces 100 millions correspondent au 1/5ème des expectatives du studio, il faut quand même noter que ça reste un score hallucinant pour ce spin-off cul-bénit, incohérent de bout en bout, dont les gags pousseraient au suicide toute personne de plus de 4 ans, et où l’on parvient à ressentir de la douleur et de l’embarras pour les comédiens qui s’y sont fourvoyés. Comme quoi, les millions de dollars de marketing, ça pousse quand même à la consommation.

 

Rafik Djoumi

A demain…

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10 commentaire(s)

  • Asaliah mailto

    jeu 30 jui 2009 15:29

    Désolé de déterrer tes vieux posts, mais celui-ci est un pur chef d'oeuvre :D

    On dirait presque que tu as participé à la création de ce "film" ;)

  • Rafik

    mar 12 fév 2008 21:57

    Dabdas : quand on voit ce dont sont capables les quelques rares vrais génies du marketing qui ont peuplé ce dernier siècle (convaincre la population de la nécessité d'envahir un pays, décider les femmes à fumer, normaliser l'idée du bonheur, populariser la bouffe lyophilisée par l'adjonction psychanalytique d'un oeuf à rajouter dans le plat etc.) on finit par se réjouir que l'essentiel de la profession soit en fait peuplée de comédiens qui brassent du vent et se fassent passer pour indispensables.


    Lurdo : tu n'es qu'un geek !

  • Dabdas

    mar 12 fév 2008 21:40

    Pas vu le film... (qui ne semble donc même pas être un bon nanard, y a pas de justice!)

    Par contre, ce qui me sidère à la lecture de cet excellent rappel des faits, c'est apparemment la méconnaissance la plus totale de la composition sociologique du (des) public(s) (ou l'aveuglement) chez ces producteurs! Vu les sommes extravagantes en jeu, on imaginerait plutôt des gourous du marketing armés de sondages, enquêtes quantitatives et qualitatives et autres chiffres élaborant savamment un produit en fonction de critères "objectifs", persuadés de mieux savoir que les spectateurs eux-mêmes ce qu'il veut.

    En fait c'est ça mais il abusent un brin des substances illicites? ;)

  • Janto

    lun 11 fév 2008 08:55

    Merci pour ce savoureux article !^^

    La boussole d'or ça a pas fait un gros bide aussi ? (pour un budget avoisinant les 250M$ selon son réal', tout de même...)

  • Jorje

    ven 08 fév 2008 23:59

    D'après le bien nommé Ciné Miscellannées de F. Guérif (ed.Payot), les 20 plus gros flops hollywoodiens (en pertes nettes de dollars courants) sont dans l'ordre :
    Alexandre - Speed 2 - Furtif - Final Fantasy - La Planète au Trésor - Pluto Nash - Waterworld - The Island - Le tour du monde en 80 jours - Town and Country - Kingdom of Heaven - L'Ile aux Pirates - A Sound of Thunder - Windtalkers - K-19 - Basic Instinct 2 - Le Postman - Osmosis Jones - Soldier - Catwoman.

    Si un tel classement peut laisser songeur, notamment par le flou qui préside à ses indicateurs (quid du BO international, du budget com, de l'équivalence en monnaie "ajustée" ?) , il faut avouer que c'est un beau catalogue de plantages relativement prévisibles pour une majorité...

  • Shin

    jeu 07 fév 2008 11:11

    Savoureux cet article.

    !Il est vrai que "Bruce Tout-Puissant" n'était déjà clairement pas le meilleur film comique avec Jim Carrey. Et son spin-off est encore pire. Cela dit, on a déjà eu le droit à des suites pourries des succès où il était à l'affiche. "Le fils du Mask" ou "Dumb & Dumberer" étaient d'absolus nanars par exemple...

    Pour le reste, ça m'a toujours amusé que "Waterworld" soit cité comme le flop absolu alors qu'il me semble (je n'ai plus les chiffres en tête) que "Postman" avec le même Kevin Costner était bien plus emblématique du flop (surtout que pour le coup le film était très mauvais).

    Amicalement,

    Shin.

  • Lurdo

    jeu 07 fév 2008 02:56

    Bonjour, je m'appelle Lurdo, et j'ai aimé Evan Tout-Puissant.

    (par contre, Bruce, je tiens 45 minutes, grand max, et c'est parce que j'aime bien Carrey à la base...)

    Ah, et pour répondre à ta question, Raf....

    Oui, j'ai vu Pluto Nash, Monkeybone, A Sound of Thunder, Gigli, Famille à louer, Mindhunters, & les deux versions de L'Exorciste au commencement :D

    (et j'en ai même apprécié certains...)

    Maintenant, j'attends la suite des grosses gamelles...

  • Navet

    mar 05 fév 2008 17:14

    Oui, et puis le truc aussi c'est que Bruce Almighty était bien minable à la base, qualitativement parlant.
    Je ne suis pas certain que les personnes qui ont vu ce dernier, et qui l'ont forcément trouvé chiant, avait envi de se redéplacer pour un spin-off au pitch encore moins excitant.

    Un échec mérité. Et dire que Carell aurait eu un rôle dans Talladega Nights s'il avait refusé Evan Almighty... ;)

  • Rafik

    mar 05 fév 2008 17:11

    130 millions ?
    arf...
    Shadyac avançait 180 millions de budget, là où d'autres, off-the-record, affirment qu'on a clairement dépassé les 200 millions (plus les 50 millions de promo "de base" aux USA, plus les 25 millions dont je parlais plus haut, plus... etc.)


  • jacob krigstein

    mar 05 fév 2008 16:25

    je l' ai pas vu mais chaque fois que j' en entendais parler je me demandais pourquoi il ont foutu 130 millions de dollars dabns " ça " grace à rafik je commence a comprendre mieux pourquoi ya encore des " costards cravates " qu' arrive à " greenlighter "des bouses pareilles


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