De mémoire, cela donnait à peu
près ceci :
"So you’re one of the screenwriters, right ? Know that we
really enjoyed the movie. We had so much fun! And you know…
what is cool about that kind of humor is that you can get away with
pretty much all the violence you want. No it was really, really, a
lot of fun."
(Vous êtes un des scénaristes, c’est ça ?
Sachez que l’on a vraiment aimé le film. On s’est
beaucoup amusés ! Et vous savez… ce qu’il y a de bien
avec ce type d’humour, c’est qu’il vous autorise
tous les débordements de violence que vous voulez. Non,
franchement, on s’est beaucoup, beaucoup
amusés.)
Voilà
le genre d’instant qui ne vous permet pas de dégainer assez
vite votre téléphone et vous laisse avec un cliché flou, incapable
de saisir le très large sourire de John McTiernan, pourtant habitué
à montrer un visage austère. Ca va très vite. Tellement vite
qu’Arnaud Bordas ne comprend pas (ou refuse de comprendre)
que l’auteur de Predator/Die Hard/Last Action Hero/Le
13eme Guerrier est bel et bien en train de lui dire
qu’il a kiffé son film.
Or, un Président de Jury est tenu par son devoir de
réserve. Il n’a pas le droit de parler aux créateurs
d’un film en compétition. De fait, John McTiernan va être
rappelé à l’ordre dans la seconde qui suit et s’excuser
de cet "écart" avec la tête d’un môme pris la main dans un
sachet de bonbecs (priceless ! mais j’avais abandonné à cet
instant mon téléphone pour traduire à un Arnaud vacillant les
propos qui venaient d’être dits).
Ainsi, Benjamin Rocher et Yannick Dahan, les réalisateurs de La Horde, n’auront pas l’honneur d’entendre ces félicitations de la bouche du Maître et devront se contenter de bruits de couloir et autres propos répercutés. Ils n’entendront pas non plus Florent-Emilio Siri évoquer les moments de rigolade et les sourires échangés avec McT durant la projection du film. Ils n’entendront pas les chaudes félicitations de Douglas Buck.

Visible à l'arrière-plan,
McTiernan attend patiemment près de la navette que Florent Siri et
son fan aient fini de faire les zouaves
Par contre ils auront tout loisir d’entendre le public de Gerardmer réagir avec une parfaite synchronisation à tous les instants over-the-top de leur premier film, avec rires et applaudissements qui rappellent les heures chaudes du Festival du Film fantastique du Rex. Voilà bien un cadeau suprême pour qui a la prétention de faire du cinéma populaire. Le lendemain, Arnaud Bordas écoutera un employé du festival lui raconter, en termes simples, que d’ordinaire il n’aime pas beaucoup les films d’horreur mais que lui et son ami se sont marrés comme des dingues à la projection de La Horde et en ont reparlé toute la nuit… ceci bien sûr sans savoir qu’il s’adresse à un membre de l’équipe !

Benjamin Rocher et Yannick
Dahan interviewés par FilmActu (visible
ici)
Entre cet accueil public et les félicitations indirectes des trois réalisateurs (dont celui qui a le plus amplement nourri leur cinéphilie), les créateurs de La Horde ont en quelque sorte reçu leur Légion d’Honneur ; ou comme le disait si bien le scénariste Erich Vogel, "sont entrés au Valhageek". Dès lors, le mauvais accueil réservé au film par la critique, et notamment par la presse spécialisée dans le cinéma d’horreur, devenait quelque peu secondaire (en plus d’être hautement prévisible dans certains cas).
En
bref, MCT a aimé !! Qu’est ce qu'on peut bien rajouter à ça
?!?
L’honneur suprême aurait été, pour les auteurs, de
recevoir un Prix du Public. A dix voix près (10 voix !), La
Horde a perdu ce prix au profit du film québécois
5150 rue des Ormes. Ainsi, l’affiche de
La Horde n’arborera pas cette distinction
visant à convaincre l’audience que le film est, d’abord
et avant tout, un moment de fun ; et qu’il s’affranchit
de la sévérité des autres tentatives dite "de genre" en France. Une
ultime avant-première du film aura lieu Mardi à 20h à l’UGC Cine Cite Les Halles,
avant de sortir sur près de 200 copies mercredi
prochain.
Allez-y, le slip détendu et l’iris pétillant ; vous verrez, c’est marrant.

Bordas in Limbo, ou le traumatisme post-natal du scénariste en herbe (allégorie)
Rafik Djoumi
(aka le bouboule barbu à la droite du Bordas
moustachu dans la scène du cimetière)












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ven. 17 mai 2013 09:53