Cela fait pile poil trente ans que je fréquente avec assiduité les salles de ciné parisiennes. Trente ans passés chaque semaine à éplucher les programmes et la presse, à parcourir de long en large les avenues des Champs-Élysées, de l’Opéra, de Bonne Nouvelle, de Montparnasse, les sous-sols des Halles ou les allées de Bercy ; trente ans passés à scruter les photos et les bandes annonces, à la recherche de la perle inattendue, pour comprendre la tendance du moment ou simplement dans l’anticipation du blockbuster séducteur. Par respect pour la mémoire de mon argent de poche, je ne m’amuserais pas à comptabiliser la quantité de films que j’ai pu grailler dans les multiplexes, le nombre de fauteuils que mes fesses ont épousé, la montagne de tickets entredéchirés qui se sont glissés dans les coutures de mes pantalons.
Tout ce que je veux dire, c’est qu’en trente ans et je ne sais trop combien de milliers de films, il y a une chose qui ne m’était jamais arrivée et qui s’est récemment produite :
Ces derniers jours, je suis allé voir en salle trois films français…
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… d’affilée …
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D’affilée, trois films français ont attisé ma curiosité, sont parvenus à me convaincre qu’ils devaient être vus en salle, m’ont donné envie de me bouger le train, de me farcir les transports en commun, de faire la queue, de débourser mes dix euros, de supporter des pubs infantilisantes pour enfin plonger dans l’écran. Ils ont pour titre 99 francs, L’Ennemi intime et Sa Majesté Minor.

Oui, je sais, ça n’est pas grand-chose. D’autres que moi, plus courageux ou plus inconscients, se farcissent absolument tout ce qui sort. Mais pour un geek tel que mezigue, vendu aux anglo-saxons et aux asiatiques, considéré au choix comme intégriste, populiste, sectaire, snob ou tout simplement anti-français, l’évènement est notable.
Alors je ne m’appesantirais pas trop sur les commentaires d’outre espace entendus à la sortie de ces films, sur les chiens de garde de la critique qui ont pris soin de mordre violemment ce vent nouveau… une chose est sûre : trois films français, sortis d’affilée, me sont apparus comme des œuvres inédites, ambitieuses chacune à leur façon, chargées de promesses véritablement cinégéniques et visiblement faites pour être accueillie sur grand écran.
Rien que pour cela, j’aimerais humblement remercier les initiateurs de ces expériences.
Merci les gars.
Rafik Djoumi
jonathanplacide
ven 18 jan 2008 14:21