Those Were the Days  (News) posté le mercredi 15 juillet 2009 21:10

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Message aux vieux geekos. Si des noms tels que ceux de Jim Nelson, Bruce Nicholson, Steve Gawley, John Dykstra, Dennis Murren, Grant McCune ou Joe Johnston éveillent immédiatement en vous le souvenir des pages froissées de vos Cinefex ou de vos Starfix hors-série, alors le film ci-dessus, repéré par Julien Dupuy à cette adresse originelle, est résolument fait pour vous.
OK, oui, d'accord, ce ne sont guère que de jeunes barbus vaguement hippies, s'activant dans un local tout pourri de la San Fernando Valley et s'offrant occasionnellement une bronzette.
Mais jusque là, nous pauvres geeks, il fallait nous contenter (et encore, exceptionnellement) de les voir uniquement en photo, ces jeunes barbus.
Maintenant, ils bougent !
Ainsi Internet, gigantesque machine à collecter les souvenirs, nous envoie  régulièrement des images dont on ignorait jusqu'à l'existence, en une sorte de DVD bonus ultime de tous les films auxquels on pourrait penser.


Tenez, prenez par exemple ce fichier PDF que j'ai récupéré il y a peu, et dont je vous fais la traduction de la première page :

G : Nous allons d'abord parler des idées générales, du concept à la base. Puis je m'attacherais à détailler l'histoire. Enfin nous en arriverons à parler des scènes proprement dites. Généralement, je travaille en utilisant un code, une unité de mesure générale. Je peux commencer par trente scènes ou soixante scènes, en fonction de la taille de l'ouvrage sur lequel vous voulez travailler. Trente scènes, cela signifie que chaque scène fera environ quatre pages. Soixante signifie que chaque scène fera vingt pages (?). Cela dépend de... (un clic sur la bande) avec lequel on l'aura déterminé, et que ça ne marche pas comme nous l'entendions. Vous pouvez déplacer les éléments, mais cela vous donne une idée générale, en considérant que ce que l'on souhaite obtenir est un script de cent vingt pages, ou moins. Mais c'est notre but. Alors nous déterminerons plus ou moins le rythme, à quel vitesse les évènements vont se produire et comment nous nous y prendrons. J'ai une tendance à travailler de façon assez mathématique sur ce genre de choses. Je trouve que c'est plus simple et que ça élague efficacement. Surtout sur ce genre là. Le concept basique est qu'il s'agit d'un serial. Cela veut dire que les évènements doivent s'enchaîner. C'est également un film d'action, pour l'essentiel. Nous voulons que les scènes soient bien délimitées et en même temps construire l'intrigue avec elles. Vous verrez, au fur et à mesure, comment tout cela se repose vaguement sur les nombres.
Donc, d'un point de vue général, c'est un serial. Comme ceux produits par la Republic. Un serial des années trente. Beaucoup d'éléments en découlent directement d'ailleurs. Une des principales idées est d'avoir, selon que ce soit toutes les dix minutes ou toutes les vingt minutes, une sorte de cliffhanger dans lequel est pris notre héros. Si cela se produit toutes les dix minutes nous en ferons douze. Je pense que c'est un peu trop. Six, ce serait bien.

S : Et chaque cliffhanger est meilleur que le précédent.

G : C'est la progression à laquelle on doit se tenir. Et c'est difficile. Le problème avec les cliffhangers, c'est qu'une fois que l'on jette le héros dedans, il faut l'en sortir d'une façon plausible; une façon crédible. C'est un autre concept important du film, cette crédibilité. Voyez cela comme un western spaghetti qui se passerait dans les années trente. Ou un James Bond qui se passerait dans les années trente. Sauf que les James Bond ont tendance parfois à l'exagération. Nous allons nous débarasser de l'aspect irréaliste et plutôt en faire quelque chose dans l'esprit des westerns avec Clint Eastwood. L'idée c'est que l'on souhaite que notre personnage soit crédible. Et on veut qu'il soit extrêmement bon dans son domaine, à la façon d'Eastwood ou de James Bond. James Bond et l'Homme sans nom sont très bons dans leurs domaines. Ils sont excellents tireurs, rapides, très professionnels. Ce sont des supermen.

S : Comme Mifune.

G : Oui, comme Mifune. C'est un vrai professionnel. Il est très bon. Et c'est la clé du personnage. C'est quelque chose qu'on ne voit plus souvent.

S : Et une des choses qui aide beaucoup Mifune dans les films de Kurosawa c'est qu'il est toujours entouré de caractères particulièrement ineptes, de vrais bouffons, ce qui souligne sa majesté. A l'exception de son ennemi juré, il serait bon que le héros soit parfois entouré d'individus pas forcément brillants...

G : Ben, pas forcément des bouffons. Une des choses que l'on va faire c'est que ce sera un film d'époque relativement réaliste et crédible. Un film des années trente, un peu à la Sam Spade. Même dans Le Faucon maltais il y a des personnages étranges, mais ils apparaissent assez réels dans leur bizarerie.

S : Elijah Cook.

G : Elijah Cook n'est peut être pas la personne la plus intelligente au monde. Dans un sens il est le bouffon de l'histoire, mais en même temps il est dangereux et il est très... ce sont des personnages forts. Si nous gardons ce cap de la crédibilité...

S : C'est juste qu'on ne fera pas de Lee Van Cleef le complice du héros quoi.



OK, vous l'avez compris, il s'agit de la retranscription des trois séances de travail entre George Lucas, Steven Spielberg et Lawrence Kasdan; avant l'écriture du script des Aventuriers de l'arche perdue. Il y en a 126 pages comme cela, et les anglicistes  qu'on trouve en ces lieux devraient logiquement bondir sur le document.
Ca se chope ici : http://www.sendspace.com/file/cnoe3r

Internet, machine à déterrer les souvenirs et à offrir au cinéphile scrutateur des témoignages d'une précision d'historien.
Récemment, l'excellent blog ForgottenSilver (dont je découvre à l'instant qu'il a, lui aussi, mis en ligne le film de vacances de chez ILM, gasp !) s'émerveillait de trouver en ligne une interview d'une heure avec George Lucas, interview méconnue et datant carrément de 1971 !
Le fichier vidéo est entièrement téléchargeable à cette adresse  (il pèse 650 Mo), tout en anglais, avec un son étouffé, mais il constitue typiquement le genre de document qu'on n'imagine même pas découvrir en faisant son surf matinal.

Le bonus DVD ultime, j'vous dis...


Rafik Djoumi

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Tous les commentaires de l'article:
Those Were the Days

  • Bu

    jeu 30 jui 2009 21:23

    edit : autant pour moi il existe...dsl :p

  • Bu

    jeu 30 jui 2009 16:42

    c'est moi ou le forum n'existe plus??

  • spock

    mar 28 jui 2009 23:43

    en fait l'Homme sans nom existe et raconte l'histoire d'un docteur, injustement soupçonné d'un crime, qui vit retiré du monde. Mis en présence de la femme qu'il a aimée jadis, il reprend son ancien métier pour opérer et sauver la fille de cette dernière.

    sauf que je ne vois pas trop le rapport avec le reste

  • spock

    mar 28 jui 2009 12:02

    l'Homme sans nom c'est pareil que Mon nom est personne ?

  • Lord Galean

    lun 27 jui 2009 19:47

    http://www.youtube.com/watch?v=FsRzQRcvPDg

    comme dirait Rafik, ne mésestimez jamais le pouvoir de film comme la Mélodie du Bonheur sur les gens et sa possible action sur le système

    oui je sais c'est pas le bon topic, ,mais personne ne l'aurait vu là-bas

  • jerome

    sam 18 jui 2009 22:05

    une autre video rare sur star wars
    http://forgottensilver.wordpress.com/2009/07/16/premiere-video-de-boba-fett-en-juin-1978/

  • Riddick

    ven 17 jui 2009 13:20

    Woooua énorme !
    Si vous avez d'autres archives introuvables de ce type ne nécessitant pas un article entier faudrait créer un topic sur le Forum (si ce n'est pas déjà fait)
    En tout cas j'ai hate d'avoir d'autre doc de ce genre

  • Reda

    ven 17 jui 2009 01:52

    (faudrait attaquer Selick en justice pour le nom du petit garçon de Coraline...
    ---->)

  • jerome

    ven 17 jui 2009 00:03

    merci pour le lien cher monsieur Djoumi

    Jerome

  • Reda

    jeu 16 jui 2009 21:02

    Faut remercier dvdvision.
    Et Rafik qui diffuse mieux que les autres ! Parce que la sur le coup dvdvision s'était chier dessus, il était en page d'accueil assez longtemps puis après rien, et c'est bonbon pour retrouver sur le site (alors que c'est de la pépite) !