La Conspiration des ténèbres  (Articles) posté le mercredi 17 juin 2009 23:35

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Cette chronique débutera sur un énorme cliché ; désolé, mais je n’ai rien trouvé de mieux qu’une phrase galvaudée pour l’introduire. Il s’agit en l’occurrence de cette phrase interrogative : "Avez-vous déjà eu l’impression qu’un livre avait été écrit rien que pour vous ?"
Galvaudé, certes, mais fort à propos et je n’y peux rien. J’ai découvert La Conspiration des ténèbres durant l’été 2008, après quelques années à croiser régulièrement ce titre au fil de lectures et d’interviews. D’emblée, j’ai été séduit par un sentiment de connivence (logique si l’on considère le sujet principal du livre : le Cinéma) connivence qui a progressivement cédé la place à un sentiment de grande intimité. L’effet graduel fut si troublant que je me retrouvais régulièrement à prendre à partie des gens de mon proche entourage, à leur lire des paragraphes entiers, pour qu’ils puissent d’eux-mêmes constater l’étrangeté de la situation. Connaissant mes goûts, mes passions, et connaissant surtout mes obsessions, ces proches pouvaient ainsi s’étonner, en même temps que moi, de la parfaite concordance entre la structure du roman, la succession de ses thèses, et la biographie de mon propre psychisme.


La Conspiration des ténèbres, de son vrai titre original Flicker, fut publié aux Etats-Unis en 1991 et traduit tardivement en français en 2004. Comme son titre français l’indique assez lourdement, il s’agit d’un thriller conspirationniste. Son auteur, Theodore Roszak, est professeur d’Histoire à l’Université de Californie. Il a publié quelques autres fictions de SF ou de relecture fantastique (Dreamwatcher, Les mémoires d’Elizabeth Frankenstein) mais il est surtout connu pour être à l’origine du concept de « contre-culture » tel qu’on le comprend aujourd’hui, à travers un essai publié en 1970 et intitulé sobrement Vers une contre-culture.


L’histoire
L’histoire, en, résumé, est celle d’un jeune californien amateur de films, Jonathan Gates. Au tournant des années 50-60 Gates fait la connaissance d’une cinéphile influente et organisatrice de ciné-club : Clarissa Swan, alias Clare. Devenu son amant en même temps que son disciple, Gates va acquérir auprès de Clare toutes les bases d’une cinéphilie "classique", apprenant à trier le bon grain de l’ivraie et à se détacher de son goût latent pour un certain populisme hollywoodien ou les recettes de la série B. Malgré l’intransigeance de sa maîtresse (à tous les sens du terme), Gates va pourtant l’amener à s’intéresser au travail du réalisateur Max Castle, un allemand de l’époque du muet réputé génial et prometteur et qui, après avoir fui son pays, se réfugia à Hollywood pour n’y réaliser qu’une succession de séries B d’horreur. Le couple parvient à mettre la main sur des copies de ces œuvres d’horreur déjà oubliées. Ce qu’ils découvrent leur apparaît à la fois consternant et d’une étrange malfaisance. Gates finit par reconnaître que ces films, à priori quelconques, ont à posteriori sur lui un effet terrible et obsédant. Clare est la victime du même effet à posteriori, mais elle le refoule avec acharnement car il est en contradiction flagrante avec la mission qu’elle s’est fixée : défendre la Beauté du Cinéma et non pas étudier son éventuelle perversité. Jonathan Gates va donc entreprendre seul une enquête visant à retrouver les collaborateurs de Max Castle et à percer le mystère de ces films. Il découvrira que certains associés du cinéaste le considéraient comme un authentique génie, y compris sur ses œuvres de série B tardives ; il découvrira surtout que les images tournées par Max Castle semblent renfermer en elles d’autres images, comme un effet subliminal particulièrement élaboré qui fait défiler un autre film durant le film. C’est armé d’un appareil étrange récupéré durant son enquête, le Flicker, que Gates commencera à percer le secret des films de Castle. Il est loin de se douter que cette enquête va le mener bien au-delà du Cinéma et du XXème siècle, pour remonter le fil d’une conspiration quasi-millénaire faite d’hérétiques en tous genres.

Pompages
Ecartons d’emblée les raccourcis malheureux. Publié en 1991, le livre de Theodore Roszak a, bien malgré lui, initié une petite portée d’avortons embarrassants. Certains auront reconnu dans son récit la source d’inspiration, fortement abétifiée, de l’épisode Cigarette Burns que John Carpenter réalisa pour la série des Masters of Horror. D’autres auront perçu là une des plus manifestes sources d’inspiration sur lesquelles Dan Brown a bâti sa collection de vulgarisation ésotérique pour lecteurs de Voici (Da Vinci Code, Anges et démons). Enfin, le parcours de Jonathan Gates, destiné à croiser la route des Templiers, nous renvoie évidemment vers un certain Benjamin Gates, héros d’une série de scooby-doo-like produits par Jerry Bruckheimer.

Ce qui distingue La Conspiration des ténèbres de ces descendants malheureux, ce sont d’abord les vingt ans de travail et de recherche auxquelles s’est adonné Theodore Roszak avant de se mettre à l’ouvrage, la précision avec laquelle il intègre sa fiction à l’histoire officielle du Cinéma (sons statut d’historien prend ici tout son sens) et enfin l’exigence et l’attention qu’il attend de ses lecteurs, bien décidé à ne pas leur mâcher le travail de déduction. Mais ce qui fait de son livre une œuvre vraiment à part est la description étonnamment juste du statut de la cinéphilie et surtout de son évolution; description qui fut précisément à l’origine de mon trouble vu qu’on serait bien en peine de la trouver à l’identique dans une revue ou même un livre estampillé « cinéma ».


Cinéphilie
La première partie de l’intrigue nous fait ainsi voguer dans les spécificités du milieu cinéphile d’après-guerre, à travers la naissance du concept « d’auteur », la découverte de cinématographies européennes et asiatiques et enfin la réalisation progressive qu’Hollywood a abrité en son sein nombre d’artistes dissidents avançant sous le masque du divertissement de masse. La description du personnage de Clare, cinéphile précieuse, arrogante, militante (et vaguement SM), capable de monter une opération commando pour sauver une copie des Enfants du Paradis, renvoie invariablement à une certaine Pauline Kael ; et le lecteur ne s’étonnera pas de la voir, quelques chapitres plus loin, devenir la grande prêtresse de la critique new-yorkaise de la fin des années soixante. Roszak attribue à ce personnage un vaste champ de connaissance historique du Cinéma, un sens politique marqué ainsi qu’une grande culture générale, mais il en montre également les limites lorsqu’il fait apparaître chez Clare une sorte de refus à comprendre les motivations profondes, intimes, de son goût pour les films. Explicitement décrite comme une control-freak (y compris dans sa vie sexuelle), Clare se refuse catégoriquement à pénétrer les zones d’ombre dans lesquelles va s’aventurer son disciple Jonathan. Elle rejettera les films de Max Castle et refoulera l’effet qu’ils ont eu sur elle ; de même, elle connaît l’existence du projet d’adaptation par Orson Welles de la nouvelle Au Cœur des ténèbres, mais elle en reste à l’aspect historique et politique et refuse de considérer, à l’inverse de son disciple, le mystère qui entoure ce projet maudit. Ce faisant, c’est comme si Roszak traçait les limites de cette cinéphilie "classique" (l’idiome de Clare est assez clairement celui des premiers Cahiers du cinéma, et elle fréquente par ailleurs un groupe de jeunes cinéphiles français) cinéphilie pour qui le décryptage historique, érotique et politique suffit à éclairer et donner sens mais où le caractère intime de la relation sujet-film relève presque du tabou. "Les films sont faits pour le spectacle, dira Clare. Pas pour la sensation ni l’émotion. J’aime qu’ils restent à leur place, là-bas sur la toile". Mais l’œuvre de Max Castle, qui se présente comme un mix entre celle de Jacques Tourneur, de Tod Browning, d’Edgar G. Ulmer et une référence appuyée à William Castle, est précisément de celles qui "ne restent pas sur la toile". Autre point non dénué d’intérêt : alors qu’ils se font projeter une copie d’un film apparemment inachevé de Max Castle, les deux héros s’avouent consternés (et secrètement révulsés) par ce qu’ils viennent de voir. C’est alors qu’une jeune fille dans la salle, clairement présentée comme une gourde inculte, exprime un sentiment tout personnel (qui s’avèrera être la note d’intention précise de Max Castle). La très érudite Clare ne peut s’empêcher d’agresser la bimbo tandis que Jonathan y devine une piste : "Elle avait l’air complètement absent : regard flou, mâchoire ballante, voix endormie. Néanmoins, sa remarque marquait une percée, c’était l’amorce, le point de départ qui nous manquait pour essayer d’empoigner l’art de Castle." Ou quand l’érudition et le regard critique sont un frein à la réception de l’évidence…


Intellectuels français
Les années passant, Jonathan Gates s’enfonce dans l’enquête autour du mystérieux cinéaste et s’affranchit de son mentor Clare. Cherchant à percer le secret de la mise en scène de Castle, il découvre (non sans une pointe de jalousie) qu’un groupe d’intellectuels français semble avoir révélé le mystère. Il se rend donc à Paris, à la rencontre de Victor Saint-Cyr, professeur et gourou d’un groupe d’étudiants spécialisés dans la "neurosémiologie". La description que Roszak fait de ce groupe est en tout point jouissive. Animés d’un snobisme éclatant, ces jeunes français abusent d’un jargon universitaire prétendument précis mais volontairement abscons ; ils écartent d’un "peuh" indélicat toute idée qui ne cadre pas avec leur spécialité et qui serait de toute façon l’expression d’une dégénérescence conservatrice et/ou bourgeoise ; ils assimilent les intellectuels américains à des paysans ; et enfin ils s’avouent régulièrement blasés par l’objet même de leur étude qu’est le film. Si, de prime abord, ces "neurosémiologues" font penser au linguiste Christian Metz  et à sa technique d’analyse dans laquelle s’est enfermée l’université française, il est impossible de ne pas songer également à Guy Debord  et aux situationnistes. "Le fondement matériel de la dialectique est le système nerveux cérébral. Le mécanisme de la projection se connecte avec lui objectivement. Ici, la machine, là, le cortex rétinien. La technologie, l’anatomie. Le reste est superfétatoire. Le film avance, recule. Superfétatoire (…) Toutefois, demandons-nous quelle est la sociographie de cette hypnose ? Cela reste à spécifier." En un chapitre aussi hilarant que documenté, Roszak étale la complaisance et la vanité de toute une école du structuralisme linguistique qui a cru débusquer le cœur du Cinéma pour le réduire à un simple levier des mécanismes de domination sociale. Le héros, Jonathan Gates, réalise avec stupeur que ces frenchies snobinards ont découvert pratiquement toutes les techniques de manipulation du film qu’utilisait Max Castle pour hypnotiser son audience. Mais il est encore plus stupéfait par leur manque total (leur refus ?) de fascination face à l’artiste et son oeuvre. En résumé, ils ont tout compris au Cinéma sans pourtant rien y comprendre.


Bis
De retour au pays, Gates est aux premières loges d’un soubresaut culturel qui va confirmer ses craintes quant à l’influence des anciens films d’horreur de Castle. Débarrassée de la "tyrannie du bon goût" qui lui était imposée par Clare, la salle de ses débuts cinéphiliques est devenu un temple du "nanar", diffusant Devil Bat’s Daughter ou I Was a Teenage Werewolf pour un public massif et festif aux motivations toutes nouvelles : "une multitude tapageuse d’adolescents à peine déniaisés qui sifflaient durant toute la séance. Plus le film était minable, plus ils s’éclataient. Ils aimaient les nanars, ils adoraient ça. Ils se délectaient de l’imbécillité de bas étage (…) ils s’intéressaient aussi au film. Ils s’y intéressaient de près, ricanant avec méchanceté et mépris du film pitoyable sur l’écran, attendant de le revoir, s’attardant sur l’incompétence et l’ineptie comme un érudit se serait arrêté sur des passages subtils de Chaucer ou Milton."

De citations de Plan 9 from Outer Space à Reefer Madness, ce nouveau chapitre prépare l’arrivée des Rocky Horror Picture Show et autres Pink Flamingo, bref la culture du Midnight Movie qui va foutre à la poubelle la "qualité" et le goût esthétique développé par la génération précédente. La façon avec laquelle Roszak décrit ce petit monde de la culture bis est d’une acuité étonnante. Après mes trois ans passés à tenir la boutique Movies 2000, je n’aurais pas été en mesure de décrire les mécanismes de cette communauté avec un tel jusqu’au-boutisme. Qui plus est le portrait est ici d’une violence sans retenue puisque vu à travers les yeux d’un Jonathan Gates qui, lui, lutte depuis des années pour la reconnaissance d’un artiste ambitieux : "…et ils étaient là, les gosses, peut-être une demi-douzaine d’entre eux agglutinés autour de nous dans notre box tels de petits sauvages observant cette chose bizarroïde qui se produisait sous leurs yeux : quelqu’un prenait quelque chose au sérieux."


Gnose
C’est pourtant au cœur de cette communauté qu’il exècre que Jonathan finira par relier les pièces du puzzle et retrouver la trace de Max Castle, ou plutôt de son descendant direct en la personne d’un très jeune réalisateur de films ultra-violents. En effet, après l’épuisement par les voies inévitables du trash et du porno auxquelles menait immanquablement cette « culture contestataire », Gates va assister à la naissance d’une nouvelle forme de cinéma
axé sur la sur-stimulation sensorielle (et qui répugne bien évidemment son ancienne collègue Clare). Découvrant les premières images d’un film post-apocalyptique en tournage (qui ressemble furieusement à Mad Max 2) Gates reconnaît avec stupeur les méthodes secrètes de mise en scène qu’il a étudié durant toutes ces années chez Castle. Cherchant à rencontrer le mystérieux réalisateur de l'oeuvre, il va entrer en contact avec les membres d’une étrange communauté religieuse, réputée gnostique. A partir de là, La Conspiration des ténèbres plonge presque sans retenue dans l’histoire de l’ésotérisme occidental.


Evidemment, je ne révèlerais pas ici les tenants et aboutissants de cette aventure. Tout au plus, je constaterais que Roszak jongle avec des analogies dont certaines relèvent du génie. Un simple exemple pour ne pas trop spoiler : la pièce maîtresse qui permit de résoudre le problème du défilement de la pellicule, et donc l’invention de la prise de vue et de la projection cinématographique, s’appelle la « croix de Malte », en raison de sa forme particulière qui renvoie au symbole d'un ordre proche des Templiers. Ce type d’analogies, mises en parallèle avec les multiples concepts développés durant l’intrigue (projection, lumière, réception, image, politique, spiritualité, manipulation, vérité etc…) permettent à l’auteur d’imposer l’idée selon laquelle le Cinéma était inévitable, prévu de très longue date, mécanisme évident d’un combat secret dont l’enjeu est l’Humanité même. Pour tout dire, à plusieurs chapitres de la fin, je savais précisément dans quel type de lieu se conclurait cette aventure (merci Campbell) et ne fut évidemment pas déçu par une conclusion qui a pourtant décontenancé beaucoup de critiques et de lecteurs.
Cinéphilie classique, série B, auteurs obscurs, projets maudits des grands metteurs en scène, sémiologie, situationnisme, manipulation des masses par l’image, sensitif versus intellectuel, culture bis, cinéma d’horreur, films « de genre », impact social de la sous-culture et enfin, au bout du parcours, ésotérisme à tous les étages… ceux qui me lisent depuis quelques années auront compris en quoi le livre de Théodore Roszak a pu m’absorber et justifier ainsi ma formule d’entrée de texte. Au bout du compte, son énorme travail de recherche et de développement aura eu sur ma petite personne un effet concret et rassurant : je ne suis donc pas le seul fou à avoir perçu cette logique


Rafik Djoumi
Remerciements à Arnaud Bordas

PS : Il fut un temps question que Darren Aronovsky adapte Flicker au Cinéma, sur un script de Jim Uhls (Fight Club) et sous l’égide de la compagnie New Regency. Franchement ça me ferait de la peine. L’idée même d’une telle adaptation nécessiterait un metteur en scène qui maîtrise à la fois la question de l’ésotérisme et les mécanismes de découpage et de filmage les plus élaborés. Il y a bien quelques noms qui viennent à l’esprit, mais le Darren n’est pas dans la liste.

PS2 : les photos de cet article sont hébergées sur le site Flickr


"It is spiritual intelligence the moment demands of us: the power to tell the greater from the lesser reality, the sacred paradigm from its copies and secular counterfeits. Spiritual intelligence--without it, the consciousness circuit will surely become a lethal swamp of paranormal entertainments, facile therapeutic tricks, authoritarian guru trips, demonic subversions.
"But where is spiritual intelligence to be found, especially in this society whose peculiar history renders it as incompetent at dealing with the subtleties of the spiritual life as the Bushman-Hottentots would be at programing a computer ? The answer that suggests itself at once to my own taste is: we must find it in sacred tradition, in those ancient springs of visionary knowledge which are the source of the mystic and occult schools, and from which we draw our entire repertory of transcendent symbolism and metaphysical insight. The 'perennial wisdom,' the 'secret doctrine,' the 'old gnosis' . . . if the idea of such an original and universal epiphany is a 'myth,' then it is one of the good myths; in fact, the myth which underlies our very conception of truth as that to which all people voluntarily acquiesce in their common humanity."

(Theodore Roszak - Unfinished Animal)

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Tous les commentaires de l'article:
La Conspiration des ténèbres

  • John Mac Louzering

    sam 12 sep 2009 14:56

    Fatigué, Big John ? Ça ne l'empêche pas de reprendre la caméra en tout cas. Il a un film prévu pour 2010, je crois.

    Après, comme on dit, "les goûts et les couleurs"...

  • rafik jeu 10 sep 2009 15:16
    Bienvenue John Mac et merci.

    Concernant le MoH de John Carpenter, je me dois de préciser que son pitch m'avait diablement excité et que, peut-être, en attendais-je trop.

    Naïvement, je pensais y revivre ce sentiment de gouffre sous mes pieds, qui m'avait saisi en salle, à l'époque de la sortie de Prince of Darkness.

    C'était peut-être trop demander pour une oeuvre à la fois de commande, télévisuelle, d'un metteur en scène qui s'avoue lui-même fatigué. (tout cela dit sans animosité)

  • John Mac Louzering

    mer 09 sep 2009 18:04

    Félicitations pour cet article qui parvient à cerner correctement ce bouquin pourtant très touffu. En revanche, je suis un peu surpris de ne trouver aucune référence à Roger Corman, qui pourrait pourtant être un bon alter-égo pour Max Castle.

    À noter que les autres ouvrages de Roszak, qu'ils soient de l'ordre du roman ("Le diable et Daniel Silverman") ou de l'essai politique ("La menace américaine") comme sociologique ("Vers une contre-culture"), sont brillants. Ce gars là n'a pas volé sa chaire d'Histoire à Berkeley.

    Par contre, je ne suis pas tout à fait d'accord avec toi concernant "La fin absolue du monde" (Titre français du MoH réalisé par Carpenter) : ce film là provoque un réel "dérangement". Il en émane quelque chose de nauséeux. Influence de lecture ou pas, en le voyant, j'ai immédiatement pensé aux films réalisés par le jeune réalisateur décadent de "Filcker". Je précise que ce sentiment de gêne a été aussi éprouvé par d'autres personnes que moi.

  • Lord Galean

    dim 28 jun 2009 16:16

    Sinon moi je comprend pas pourquoi on cite Del Toro, ok il est penché sur l'ésotérisme mais il ne réalise que des films fantastiques (ou d'heroic fantasy) purs, ce que ne semble pas être le livre.

    cher Eglantine, justement pourquoi Guillermo n'évoluerait pas vers autre chose que du fantastique, après tout.

    Spielberg ça m'étonnerais qu'il aborde de manière aussi frontal le sujet.

    si tu te poses la question c'est que tu connais pas trés bien Spielberg, et que tu as raté son travail depuis A.I

  • Eglantine

    ven 26 jun 2009 16:36

    Ah ok, je l'avais pas compris comme ca.

  • ygrael

    ven 26 jun 2009 15:59

    En fait, ce que je voulais dire c'est que c'est avant tout sur ces compétences et pas sur son passif que l'on devrait choisir le réal susceptible de réussir une adapt de Flicker, mais de toute façon ce n'est pas nous qui le choisirons et j'avoue que je ne suis pas sur que ce soit souhaitable qu'il y en est une, par les temps qui courent.

  • ygrael

    ven 26 jun 2009 15:37

    le problème c'est que le choix "idéal" d'un éventuel réalisateur ne peut pas se résumer a son passif. Que Del Toro ne fasse que des films fantastiques ne veut pas dire qu'il ne soit pas capable de mener ce projet vers une adaptation réussi (et ça tiens également a tous les autres réals nommés). J'ai lu ce bouquin il y a quelques années et j'avoue que sur le coup, j'avais pensé a Amenabar dont je venais juste de découvrir le formidable Tesis, qui réussissait a rendre palpable l'oppressive sensation d'une salle de cinoche dévolu aux ténèbres (la scène de la découverte du cadavre du prof) et d'une manière générale la fascination d'une personne normal vers un "spectacle" morbide et lugubre, tout ça en plus d'être un excellent thriller. Je dis pas que Tesis se rapproche vachement de Flickers et qu'Amenabar serait donc le choix idéal mais il me semble qu'en plus du talent du monsieur, Tesis développait - peut être un peu superficiellement, Tesis est avant tout un suspense - une réflexion sur la fascination et le pouvoir que peut exercer l'image, et a plus forte raison le ciné. Parce qu' honnêtement, je pense pas que cela soit spécialement nécessaire d'avoir un historien de l'ésoterisme européen pour appréhender une adaptation de ce livre.

  • Eglantine

    ven 26 jun 2009 09:53

    Rah Weta, y a pas de "H" à frères Coen. (c'est une faute que je vois souvent).
    Sinon moi je comprend pas pourquoi on cite Del Toro, ok il est penché sur l'ésotérisme mais il ne réalise que des films fantastiques (ou d'heroic fantasy) purs, ce que ne semble pas être le livre. Spielberg ça m'étonnerais qu'il aborde de manière aussi frontal le sujet. Les frères Coen je ne vois pas du tout ce qu'ils viennent faire la O.O (je les adore, mais je comprend pas) Scorsese pourquoi pas, mais en fait moi je penserais plutôt à un petit Jap : Mamoru Oshii. Il s'est déjà questionné sur la préhistoire du cinéma et ses pionniers oubliés avec Talking Head (ok c'est pas brillant, mais peu importe), doit certainement s'y connaitre en ésotérisme, quand il reste dans le domaine de l'animation son découpage est juste génial, et il aime les enquêtes qui débouchent sur des réflexions "plus large". En plus, dès qu'il a une bonne base scénaristique d'un autre auteur, il arrive a des sommets... Ça semble le choix presque idéal ! Même si le projet ne lui tombera jamais entre les mains.

  • elZecchio

    jeu 25 jun 2009 00:06

    Ouah ça y est depuis Happy Feet Djoumi il veut du Miller partout! Bientôt il va lui demander de venir refaire le carrelage de sa salle de bains...

    Il maîtrise tant que ça l'ésotérisme le père George?

  • snowman mer 24 jun 2009 17:12
    J'aurais dit Zack Snyder
    (et loin)