McT Approved  (News) posté le vendredi 05 février 2010 16:25

 

De mémoire, cela donnait à peu près ceci :
"So you’re one of the screenwriters, right ? Know that we really enjoyed the movie. We had so much fun! And you know… what is cool about that kind of humor is that you can get away with pretty much all the violence you want. No it was really, really, a lot of fun."
(Vous êtes un des scénaristes, c’est ça ? Sachez que l’on a vraiment aimé le film. On s’est beaucoup amusés ! Et vous savez… ce qu’il y a de bien avec ce type d’humour, c’est qu’il vous autorise tous les débordements de violence que vous voulez. Non, franchement, on s’est beaucoup, beaucoup amusés.)


Voilà le genre d’instant qui ne vous permet pas de dégainer assez vite votre téléphone et vous laisse avec un cliché flou, incapable de saisir le très large sourire de John McTiernan, pourtant habitué à montrer un visage austère. Ca va très vite. Tellement vite qu’Arnaud Bordas ne comprend pas (ou refuse de comprendre) que l’auteur de Predator/Die Hard/Last Action Hero/Le 13eme Guerrier est bel et bien en train de lui dire qu’il a kiffé son film.
Or, un Président de Jury est tenu par son devoir de réserve. Il n’a pas le droit de parler aux créateurs d’un film en compétition. De fait, John McTiernan va être rappelé à l’ordre dans la seconde qui suit et s’excuser de cet "écart" avec la tête d’un môme pris la main dans un sachet de bonbecs (priceless ! mais j’avais abandonné à cet instant mon téléphone pour traduire à un Arnaud vacillant les propos qui venaient d’être dits).

Ainsi, Benjamin Rocher et Yannick Dahan, les réalisateurs de La Horde, n’auront pas l’honneur d’entendre ces félicitations de la bouche du Maître et devront se contenter de bruits de couloir et autres propos répercutés. Ils n’entendront pas non plus Florent-Emilio Siri évoquer les moments de rigolade et les sourires échangés avec McT durant la projection du film. Ils n’entendront pas les chaudes félicitations de Douglas Buck.

Visible à l'arrière-plan, McTiernan attend patiemment près de la navette que Florent Siri et son fan aient fini de faire les zouaves

Par contre ils auront tout loisir d’entendre le public de Gerardmer réagir avec une parfaite synchronisation à tous les instants over-the-top de leur premier film, avec rires et applaudissements qui rappellent les heures chaudes du Festival du Film fantastique du Rex. Voilà bien un cadeau suprême pour qui a la prétention de faire du cinéma populaire. Le lendemain, Arnaud Bordas écoutera un employé du festival lui raconter, en termes simples, que d’ordinaire il n’aime pas beaucoup les films d’horreur mais que lui et son ami se sont marrés comme des dingues à la projection de La Horde et en ont reparlé toute la nuit… ceci bien sûr sans savoir qu’il s’adresse à un membre de l’équipe !


Benjamin Rocher et Yannick Dahan interviewés par FilmActu (visible ici)

Entre cet accueil public et les félicitations indirectes des trois réalisateurs (dont celui qui a le plus amplement nourri leur cinéphilie), les créateurs de La Horde ont en quelque sorte reçu leur Légion d’Honneur ; ou comme le disait si bien le scénariste Erich Vogel, "sont entrés au Valhageek". Dès lors, le mauvais accueil réservé au film par la critique, et notamment par la presse spécialisée dans le cinéma d’horreur, devenait quelque peu secondaire (en plus d’être hautement prévisible dans certains cas).

En bref, MCT a aimé !! Qu’est ce qu'on peut bien rajouter à ça ?!?

L’honneur suprême aurait été, pour les auteurs, de recevoir un Prix du Public. A dix voix près (10 voix !), La Horde a perdu ce prix au profit du film québécois 5150 rue des Ormes. Ainsi, l’affiche de La Horde n’arborera pas cette distinction visant à convaincre l’audience que le film est, d’abord et avant tout, un moment de fun ; et qu’il s’affranchit de la sévérité des autres tentatives dite "de genre" en France. Une ultime avant-première du film aura lieu Mardi à 20h à l’UGC Cine Cite Les Halles, avant de sortir sur près de 200 copies mercredi prochain.

Allez-y, le slip détendu et l’iris pétillant ; vous verrez, c’est marrant.

 

Bordas in Limbo, ou le traumatisme post-natal du scénariste en herbe (allégorie)

 

Rafik Djoumi
(aka le bouboule barbu à la droite du Bordas moustachu dans la scène du cimetière)

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Avatar dans une seule salle  (News) posté le lundi 21 décembre 2009 10:34

 

Bonjour,
ce court billet, à caractère informatif, fait suite à plusieurs questions qui m'ont été posées au sujet d'Avatar et de l'Imax.
J'ai tâché d'y répondre de la façon la plus simple possible (et corriger des erreurs que j'ai pu faire moi-même!) :

James Cameron a tourné son film Avatar afin qu'il soit diffusé en Imax 3D.
L'Imax utilise une pellicule de 70mm (soit le double d'un film traditionnel en 35mm), et son image est d'un rapport de 1,43 sur 1.
L'Imax est conçu pour des projections sur écran géant.

Cela signifie que tout le visuel d'Avatar, sa définition, son cadre, la précision de son design, la finition de ses effets spéciaux etc., a du être conçu en fonction de ce format.

Avatar dure 2h40 car ceci est la durée maximale que puisse supporter un projecteur Imax.

On peut donc affirmer que le cinéaste a entièrement privilégié les conditions de projection de l'Imax 3D lorsqu'il a conçu son film, jusqu'à penser ses cadrages dans un rapport 1.78:1 plutôt que le traditionnel 2.35:1 auquel il est habitué. Comme il le confiait en interview aux amis Dupuy et Bordas : "quand on parle de projection relief, je préfère qu'une image soit plus haute que le cadre cinéma classique : j'ai la sensation qu'une image haute diffusée en relief donne le sentiment que l'on vous a plongé dans le monde projeté, notamment parce que la notion de cadre disparaît. J'ai été surpris quand je me suis découvert cette préférence, parce que depuis toujours, j'ai aimé le format large du CinémaScope. Mais en relief, avec une image plus haute comme celle du format Imax, vous avez vraiment une sensation de profondeur, voire de vertige. Et c'était très important pour Avatar, notamment pour les scènes de vol."

Or, une seule salle en France diffuse le film de James Cameron au format et avec la définition pour laquelle il a été pensé. Il s'agit du Gaumont Disney Village, situé face au parc EuroDisney, à Marne la Vallée (écran de 26m sur 15m).
Ayant entendu parler de l'Imax, d'aucuns se demandent s'il est vraiment nécessaire de faire le déplacement et s'ils y perdraient beaucoup à voir le film dans une "simple" projection 3D numérique.
Les images ci-dessous se proposent d'expliciter le rapport entre les deux formats (l'image de droite est celle que vous avez vue dans la bande-annonce; notez que le dessous des rochers flottants n'y apparaît plus; idem pour les accessoires en bois de Neytiri)




à gauche, Imax 3D (1.78:1)    -    à droite, numérique 3D (2.40:1)

 

A vous de voir si le déplacement en vaut la peine.


Rafik Djoumi

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Hommage geek à Jennifer Jones  (News) posté le vendredi 18 décembre 2009 00:06

 

L'actrice Jennifer Jones est morte aujourd'hui Jeudi, à l'âge de 90 ans.

Je pense (j'espère) que les médias consacreront quelques lignes ou un petit temps d'antenne à la mémoire de l'ancienne Star. Et il est probable qu'entre deux titres de films oscarisés, récupérés à la va-vite sur imdb, on nous parle de celle qui fut la "chose" du producteur David O'Selznick, du glamour de l'époque qu'elle représentait ou, mieux encore, de la très pieuse Bernadette Soubirous qu'elle incarna à l'écran.

Et comme la geekitude bourrine et macho a paraît-il peu de choses à voir avec de la vraie cinéphilie, je vous propose ici une très brève rétrospective visuelle, insistant sur une facette de Jennifer qui ne risque pas de ressurgir dans les hommages qui seront rendus.

Ou pour faire bref, en ce qui me concerne, Jennifer Jones c'est avant tout trois films :


Les Insurgés (We Were Strangers - 1949) de John Huston




Duel au soleil (Duel in the Sun - 1946) de King Vidor


La Furie du désir (Ruby Gentry - 1952) de King Vidor

Et voilà. La Sarah Connor des années 40-50 nous a quittés,
non pas couverte de sang et de boue, un shotgun à la main
mais tranquillement chez elle.
A bientôt sur mon écran, Jennifer.



Rafik Djoumi

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I’m Back Mozeufeukeu !  (News) posté le mardi 15 décembre 2009 23:09

 

Nom de Zeus ! Aucune mise à jour entre le mois de l’Avatar Day et le mois de sortie d’Avatar ! A croire que j’aurais décidé de ne publier que lorsque James Cameron sort un nouveau film (prochain article dans douze ans). Que tous ceux qui sont venus traîner leurs guêtres en ces lieux désertiques durant ces quatre derniers mois (et les stats me disent qu’ils furent nombreux !) se rassurent : ce blog continuera à pulser.

Cette news est donc une mise à jour à caractère purement informatif et je vais tâcher d'y lister quelques épisodes de ce qui a fait mon quotidien ces derniers temps :

1/ Ma collaboration au site Toutlecine s’est arrêtée au mois d’août. Cette décision s’est faite d’un commun accord mais elle a entraîné naturellement la fermeture du forum qui  y était hébergé et portait mon nom.

2/ Le camarade FlyingTotoro, qui aimait bien venir flâner en ces lieux lorsqu’il sortait de son chêne, a surpris de voir la boutique fermée. Aussi a-t-il décidé dans le même mouvement d’ouvrir sa propre taverne, aussi connue sous le nom de Forum Tichoux. Allez y faire un tour ; vous verrez l’ambiance y est plutôt civilisée, hospitalière, avec moins de 0,01% de kevins et autres kikoolol, bien qu’on y croise parfois des renégats patibulaires tels qu’Arnaud Bordas, Julien Dupuy, Stéphane Moïssakis ou certains membres de la dangereuse bande de L’Ouvreuse. Deux règles pour tous les visiteurs : soyez tichoux et parlez français.



3/ Je n’ai pu, dans un premier temps, vous informer de ces remaniements car j’ai aussitôt enchaîné, au mois d’Août, sur un boulot pour les magasins FNAC, à savoir la rédaction d’un Guide de 135 pages entièrement consacré au Blu-ray. Cette commande m’a largement occupé pendant deux bons mois, passés entre le visionnage intensif de plus de 200 titres (oui, oui, je sais, je fais un boulot atroce et vous vous proposeriez bien de m’aider) et bien sûr la rédaction de textes qui vont de la carrière de Peter Jackson à celle de Guillermo Del Toro en passant par Tarantino, Eastwood, Scorsese, une interview de Jeunet et d’autres surprises.

Ce Guide est vendu 2 euros dans les magasins FNAC et il est gratuit pour tout achat d’un Blu-Ray. Il est aussi téléchargeable gratuitement, sous forme de fichier PDF de 20Mo en cliquant sur ce lien.



 

4/ Le tout premier texte de ce blog,  rédigé il y a plus de deux ans, vous annonçait qu’une révolution cinématographique était en cours. Comme vous le savez maintenant, Avatar est le jalon quasi-officiel de ce bouleversement. Or UNE SEULE salle en France le diffuse dans les conditions requises, celle du Gaumont Disney Village située à Marne-la-vallée. Je ne saurais trop vous recommander de braver les grèves et de tenter de le voir là-bas. Je me suis moi-même privé de le découvrir en projection de presse puisqu’il n’y était diffusé "que" en simple 3D numérique. Et pour ceux que la VF rebute, le Gaumont Disney Village semble avoir fait l’acquisition d’une autre copie Imax, en v.o. sous-titrée, qui devrait commencer à être diffusée en début de semaine prochaine.



5/ Voyant que rien ne semblait annoncer aux spectateurs français quelles étaient les spécificités du projet Avatar, Julien Dupuy, Arnaud Bordas et moi-même avons décidé, au mois de Juillet, de lancer une série de dossiers sur le site Excessif. Ceux-ci couvrent à la fois la notion de Cinéma virtuel, le développement du projet, la particularité de sa 3D, son marketing inédit, son lieu de fabrication et ce qu’il représente globalement dans l’évolution du média qui nous réunit en ces lieux. Voici les liens vers ces textes :

- Introduction aux dossiers
- Opus 1 - La démarche de James Cameron  (J. Dupuy)
- Opus 2 - L’ancienneté du projet Avatar  (R. Djoumi)
- Opus 3 - Cinéma virtuel, mode d’emploi  (J. Dupuy)
- Opus 4 – A Shock to the System  (A. Bordas)
- Opus 5 – Hollywood, Nouvelle-Zélande (R. Djoumi)
- Opus 6 – Une nouvelle dimension  (J. Dupuy)
- Opus 6 bis – La Machine  (J. Dupuy)
- L’Avatar Day (J. Dupuy)
- Entretien avec Jon Landau  (J. Dupuy)
- Entretien avec James Cameron (J. Dupuy et A. Bordas)
- La Critique "spoiler free" du Film  (J. Dupuy)





6/ Le projet en tous points monstrueux de James Cameron a très largement monopolisé les esprits de la petite planète geek ces dernières semaines (et on espère que quelqu’un aura eu la bonne idée d’archiver les millions de textes où il était question de schtroumpfs, de pompage du dessin animé Delgo, d’images de synthèse pourrie, de cinématique à peine digne d’une PSOne, d’un James Cameron largué par son époque, aux goûts esthétiques ultra-datés, mièvre, bien loin d’égaler le film Final Fantasy en termes de rendu et de toute façons promu à l’échec total… j’ai comme dans l’idée que les prophètes des forums vont changer de toge).
Toujours est-il que cet évènement a jeté dans l’ombre une certaine quantité d’oeuvres à venir - Agora d’Alejandro Amenabar, Lovely Bones de Peter Jackson, Le Livre d’Eli des frères Hugues - qui vont tout autant contribuer au réchauffement climatique de notre petit monde intérieur.
J’espère avoir le temps, dans les semaines qui viennent, de rédiger quelques billets extatiques sur ces pépites, d’autant que je suis convaincu que les habituels dandys des gazettes vont s’empresser de plaquer leurs réflexes conditionnés et leurs névroses fondamentalistes sur ces trois purs objets de Cinéma (allez ! on prend les paris ?) comme à chaque fois que de vrais cinéastes osent faire appel à l’intelligence sensible de leur public sans transiter par l’explication de texte ou le gavage d’oie à la graisse de conformisme.

Bien sûr, il serait temps que je conclue certains des dossiers à épisodes (Pris sur le vif, Animation, McTiernan) et que je reparte sur les terres analytiques (Spielberg, mais aussi quelques autres films méga-connus et trop rarement analysés). Je n’ai pas encore de programme établi pour les mois à venir mais quelques surprises dans ma besace qui, je l’espère, vous feront plaisir.

Content de vous revoir en tous cas !

Rafik Djoumi

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John Lasseter et les Maximonstres  (News) posté le dimanche 02 août 2009 18:21

 

Maurice Sendak, auteur et dessinateur du livre pour enfants Max et les Maximonstres (Where the Wild Things are) a été durablement marqué dans son enfance par le Fantasia du studio Disney. Aussi, lorsque ce même studio Disney acquit les droits d'adaptation de son livre, l'auteur fut logiquement flatté et réceptif à toute entreprise de traduction de son oeuvre pour l'écran.

Début 1982, un jeune animateur du studio Disney, John Lasseter (qui travaillait alors sur le moyen métrage du Noël de Mickey, 17894ème adaptation de A Christmas Carol) découvrit le travail des artistes des studio Magi et Digital Effects, sur un film nommé Tron, et il fut subjugué par les promesses d'avenir que renfermaient leurs séquences animées en images de synthèse. Sachant que Disney cherchait un moyen original d'adapter Max et les Maximonstres, Lasseter et son collègue aîné Glen Keane (futur pilier de La Belle et la bête et de Tarzan) proposèrent aux dirigeants du studio une formule hybride, qui intègrerait des personnages animés traditionnellement sur des décors entièrement en images de synthèse. Mais le test, livré par Lasseter et Keane, ne suffit pas à convaincre entièrement les responsables du studio.

Aussi, John Lasseter décidera, en 1984, de quitter Disney et de rejoindre la toute nouvelle branche Computer Division du studio Lucasfilm, sous la présidence d'Ed Catmull. Il y réalisera son premier court métrage en images de synthèse, The Adventures of André and Wally B, travaillera sur quelques publicités, et s'y retrouvera chef de projet lorsque George Lucas renvendra cette filière à Steve Jobs, faisant de Lucasfilm Computer Division un petit studio nommé Pixar.
Finalement, en 1986, le studio Disney réutilisera la formule hybride autrefois proposée par Lasseter et Keane, sur la séquence finale de son dessin animé Basil, détective privé (visible ici)

Un documentaire évoquant l'usage de l'imagerie électronique chez Disney a refait récemment surface, et nous permet d'admirer cette petite page d'histoire précursive.
Le test débute à 1mn29 sur la vidéo



 

Rafik Djoumi

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