Un réalisateur surestimé – Die Hard (Dossiers) posté le samedi 19 avril 2008 09:00

Blog de rafik : Compagnon Geek, Un réalisateur surestimé – Die Hard

 

Résumé de l’épisode précédent :

Si l’on en croit les commentaires récurrents sur les forums de Cinéma, John McTiernan est un « réalisateur surestimé ». Afin d’éclaircir cette affirmation, j’ai décidé de me replonger dans les articles consacrés au personnage et à sa carrière.

Nous avons déjà vu que Predator avait été un film atrocement surestimé à sa sortie.

 

Aujourd’hui, ce sera au tour de Die Hard.

 

Toutefois, avant de sortir le martinet et distribuer les fessées, je souhaite étaler complaisamment mon mea culpa. En cette année 1988, j’étais au pic de ma période tu vois j’veux dire, me farcissant à peu près tout ce qui sortait en salle pour le passer dans une moulinette intello-boutonneuse typique de l’ado qui croit avoir tout compris au monde. Toujours amateur de cinéma populaire néanmoins (surtout Spielberg qui était déjà mon Dieu, et George Miller son prophète) je suivais son actualité et me forçait à faire rentrer les films populaires qui me plaisaient dans un moule universitaire normatif auxquelles ils n’appartenaient pas forcément. Toujours est-il qu’en cette fin septembre, je n’attendais pas particulièrement la sortie de Piège de Cristal ! La sortie qui occupait toute mon attention était celle du film de Martin Scorsese La Dernière tentation du Christ (« non passke tu vois, j’veux dire quoi ») que j’vais prévu de voir vendredi soir.

Or, ce vendredi justement, une très gentille fille, qui s’appelait Flavia, se proposa de m’offrir un ticket de cinéma (anecdote marrante : Flavia avait une grande admiration pour son frère musicien, qui était un « D .J. » tel qu’on les conçoit aujourd’hui. Ce frère avait quitté Paris pour rejoindre à Marseille un groupe de jeunes rappeurs. Et Flavia devait à l’occasion répondre aux moqueries de ses camarades, qui demandaient pourquoi son frère, puisqu’il était censé être si bon musicien, se retrouvait à zoner avec des rappeurs, ha ha ha !  Evidemment, vous l’avez compris, le groupe marseillais en question s’appelait I Am).

Bref, Flavia vint me voir car j’avais la réputation d’être le cinéphile du lycée, et la validité de son ticket de cinéma expirant en fin de journée, elle ne pourrait pas en profiter pour cause de cours tardifs. J’acceptais avec joie son présent car mon après-midi était libre. Le ticket de Flavia n’était valide que dans un petit nombre de salles UGC. L’une d’entre elles était l’UGC Normandie, déjà la meilleure salle à Paris. Je m’y rendais donc, sans même savoir quel film y était projeté. C’était Piège de Cristal. « OK. Pourquoi pas. Un film d’action qui fait boum en Dolby sur grand écran. J’achète. ». Et me voici dans la gigantesque salle de l’UGC Normandie, dans laquelle s’entassent … cinq personnes. Le film débute. Au bout de cinq minutes, je suis étrangement hypnotisé par la mise en images et la photo de Jan De Bont. A la séquence d’arrivée de la bande de Hans Gruber, je flotte à 50 cm au-dessus de mon siège, dans un état nirvanesque qui ne fléchira pas avant la fin du film. Le soir même, je vais comme prévu voir La Dernière tentation du Christ et passe deux heures… à me refaire Piège de Cristal dans ma tête.

Cette projection de Piège de Cristal a énormément contribué à me faire redescendre sur Terre, à me débarrasser de ma défroque de poseur qui séduit en soirée à coups de tirades hégéliennes qui font le lien entre Tarkovski et Indiana Jones, et à retisser le lien authentique qui m’avait dans un premier temps amené au Cinéma populaire (sans ce besoin d’acceptation sociale qui consiste à cacher son ressenti profond derrière les artifices rhétoriques qui font bon genre). Rien que pour ça, merci McTiernan, merci l’UGC Normandie, et merci Flavia !

 

Allez hop. On enchaîne.

 

Donc, comme vous l’avez peut-être compris, le fait qu’un amateur de Cinéma populaire comme mézigue ne soit pas pressé d’aller voir Die Hard, et le fait qu’une séance dans la plus grande salle parisienne réunisse cinq personne, tout cela donne un vague aperçu du fait que la sortie française de Piège de Cristal fut un NON EVENEMENT total.

 

Pour donner une idée, et si j’en crois mes souvenirs, l’impact de cette sortie était à mi-chemin entre celle qu’a eu The Mist récemment, et celle des Fils de l’Homme en 2006. Ce non-évènement est encore un mystère à mes yeux, étant donné que Die Hard avait été, durant l’été, un des gros succès commerciaux aux Etats-Unis.

Je n’ai pas retrouvé les chiffres précis, mais j’ai le souvenir que Piège de Cristal avait fait environ 160 000 entrées sur la région parisienne. Et si j’en crois les quelques tableaux de box-office que j’ai ressorti de mes archives, le film de John McTiernan a fait chez nous moins d’entrées que Police Academy 5 et Benji la malice.

En somme, quelqu’un, quelque part, a très mal fait son travail dans la promotion de ce film en France. Même un magazine comme Starfix, qui fut parmi les très rares à reconnaître la virtuosité du film, se retrouve alors avec pour couverture Crocodile Dundee. Perdu dans le magazine, Die Hard doit, lui, se contenter d’une critique de quatre colonnes (la plus longue en France). L’hebdomadaire 7 à Paris, qui défendait déjà ardemment Predator, reconnaît en Die Hard un « tour de force » mais doit se contenter d’une colonne et quart pour l’expliquer. Le geek Philippe Ross, dans La Revue du Cinéma, se contente d’un texte d’une colonne sans photo. Quant à Impact, magazine entièrement dédié au cinéma d’action (et qui sur ce numéro traite Rambo 3 sur 16 pages), il consacre en tout et pour tout une page à Die Hard. Une page…

 

Comment l’un des plus grands films d’action de ces cinquante dernières années a-t-il pu à ce point manquer sa cible en France ? Pourquoi ceux qui l’ont découvert en projection de presse (y compris les amateurs du genre) ont-ils été à ce point aveugles à ses qualités et peu pressés d'en faire la promotion à sa mesure ? Le phénomène est d’autant plus mystérieux que, l’année suivante, Die Hard sortira en location vidéo et sera un énorme succès, bénéficiant d’un bouche à oreilles dithyrambique. Sa première projection télé regroupera un public gigantesque. Et la sortie de 58 minutes pour vivre en France sera un carton estival, avec des multiplexes qui affichent complet.

 

Je n’ai pas vraiment de réponse à ce mystère. Et pendant que le lecteur se plonge dans les chapitres suivants, je me permettrais de lui rappeler l’affirmation suivante : « Die Hard est l’un des plus grands films d’action de ces cinquante dernières années. »

 

 

STUDIO

(critique complète)

« Bruce Willis, récemment promu dans la catégorie poids welter des nouvelles stars américaines, se voit sacré dans ce film de McTiernan où tous les attributs du mâle américain cogneur-mais-brave lui sont décernés. Enfermé dans une tour de verre à Los Angeles en compagnie d’un commando de tueurs et d’une poignée d’otages,il va jouer, non sans peine, le grain de sable dans la mécanique criminelle. Unité de temps, de lieu, d’action, et unité de clichés sont doctement respectés dans ce thriller à gros budget. Willis, tout en pectoraux, joue les chasseurs solitaires et le rapport pellicule/bris de verre frise le record du monde. Les enfants vont adorer ça et Rambo l’a mauvaise. »

(D.P. – Studio Magazine)

 

 

 

PREMIERE

(critique complète)

Piège de Cristal n’est pas un film de tout repos. C’est même carrément secouant. Le héros, c’est John McClane, flic intègre new-yorkais (race en voie de disparition) seul à pouvoir sauver les otages d’une bande de terroristes internationaux (donc sadiques) dans une tour de verre et d’acier un soir de réveillon. Pieds nus et en maillot de corps, McClane (Bruce Willis, corps spectaculairement travaillé pour l’occasion, en émule citadin de Rambo) a plus d’un tour dans son sac, et la lutte sera sans merci, d’un côté comme de l’autre.

Il était temps que John McTiernan, après deux navets boursouflés (Nomads et Predator), passe au rythme supérieur. Si Piège de Cristal n’est pas un film à l’originalité débordante (merci La Tour infernale et autres prises d’otages spectaculaires déjà vues), il n’en reste pas moins d’une redoutable efficacité. Cascades impressionantes, violence des situations, ingéniosité des effets spéciaux, tout est fait pour laisser le spectateur pantelant. Avec succès. Dans un rôle nouveau pour lui, Bruce Willis réussit l’exploit d’être de bout en bout crédible, portant sur ses épaules (largement exhibées) le poids de cette superproduction qui témoigne de la bonne santé d’un certain cinéma de genre hollywoodien. Du grand spectacle à ne pas prendre pour autant au sérieux. »

(J-P C – Premiere)

 

 

 

 

LE FIGARO MAGAZINE

Passé son résumé (qui spoile le film et écorche le nom du héros), la critique du Figaro Magazine tient en  23 mots !

« Merci pour le réveillon ! Déjà qu’il met les pieds pour la première fois en Californie pour passer Noël avec sa famille, John Mc Lane, le simple flic de New York, tombe sur une embuscade salée. Au cours de la fête de fin d’année, une poignée de malfrats investissent le building de la société où travaille son épouse pour faire main basse sur le coffre. Seul contre tous et avec humour, Bruce Willis fait florès, à l’aise dans cet excellent suspense comme Red Adair devant une tour infernale. »

(Pierre Grenard – Le Figaro Magazine)

 

 

 

LES CAHIERS DU CINEMA

Ce film n’existe pas

 

 

 

POSITIF

Ce film n’existe pas

 

 

« Die Hard est l’un des plus grands films d’action de ces cinquante dernières années. »

 

 

L’EVENEMENT DU JEUDI

Passé son résumé, la critique de L’Evènement du Jeudi tient en 68 mots :

« Un commando de douze terroristes supérieurement armés retient en otage le personnel d’une multinationale, la nuit de Noël, dans une tour en construction (le piège de cristal !) à Los Angeles. La tour est coupée du reste du monde. Un homme seul, un policier, viendra à bout de la bande. Disposant de moyens et d’un stock considérable d’explosifs apparemment inépuisable, le réalisateur John McTiernan commence par nous en mettre plein la vue. Les décors sont aussi beaux que dans un film de Ridley Scott, l’image et le son sont très sophistiqués. Tout se gâte très vite, l’entreprise est gagnée par la démesure au point d’y perdre toute crédibilité et de devenir carrément grotesque. Beaucoup de bruit pour rien. »

(D.R. - L’Evènement du Jeudi)

 

 

 

TELERAMA

(petit bonhomme qui fait le gueule) – Evidemment, refiler un tel film à Pierre Murat, qui déteste tout le cinéma d’action, et l'américain en particulier, ne risquait pas de mener aux sommets de l’exercice critique. Mais après tout qu’importe, cet avis ne va être lu que par quelques millions de personnes (qui chercheront en vain Bruce Willis dans le film de Norman Jewison Eclair de lune).

« Vous croyez avoir tout vu comme film d’aventure ? Zéro ! Piège de Cristal, c’est La Tour infernale au carré, question « Hou, fais-moi peur ». Et Les Aventuriers de l’arche perdue, question bruit. On en sort laminé.

Ca fait « boum ». Ca ne fait même que ça d’ailleurs, durant deux heures. Comme John McTiernan (l’immortel réalisateur de Predator) n’est pas un imbécile, il tente de jouer sur l’humour. Vous savez, celui qui, au 2ème, 3ème, 54ème, 727ème degré, amuse les intellectuels fatigués. Donc c’est rythmé (très) mais c’est bête (vraiment). Les bandits, déguisés en terroristes, sont évidemment des Européens (des Allemands, en l’occurrence) et les autorités légales, des incapables. Seul, l’Homo americanus, solide et invincible, restaure l’ordre… pour mieux passer Noël en famille ! On en veut beaucoup à Bruce Willis. Des Schwarzenegger, Stallone, Norris et autres Steven Seagal, on en a à la pelle. Mais on n’a qu’un seul successeur possible à Cary Grant et c’est lui.

Par pitié, que Bruce Willis retrouve au plus vite Cybill Sheperd dans la seule série américaine valable (Eclair de lune), ou, mieux encore, Kim Basinger dans Boires et déboires de Blake Edwards. Please, Bruce, please. »

(Pierre Murat – Télérama)

 

 

 

LE POINT

Un exercice très couru (et totalement stupide) consiste pour certains paresseux à laisser traîner l’oreille à la sortie des projections de presse (*) afin de recaser, sans la moindre cohérence, des idées qu’ils n’ont compris qu’en surface. La fin de cet article du Point s’approprie sans la moindre gêne un argument qui appartient manifestement à François Cognard et à Christophe Gans (des gars qui parlent fort), et dont on a vraiment du mal à croire que l’auteur proclamé en soit effectivement l’auteur.

« Rambo dans la tour infernale : selon la mécanique en vigueur à Hollywood, qui a remplacé le film de genre par le cocktail (des recettes plus efficaces), voilà l’occasion d’un joyeux jeu de massacre dans l’univers-glacé-et-vertical-de-nos-mégalopoles-modernes. McTiernan ne lésine pas sur l’explosif et le verre brisé, et il a suffisamment de savoir-faire pour que le combat de son lonesome flic avec une bande terroriste dans un gratte-ciel crépite comme une mitraillette. Le meilleur du film restant l’affrontement à distance des adversaires, grâce aux éléments constitutifs du building (ascenseurs, gaine d’aération, câblage électrique…) qui transforme la tour en un immense échiquier à trois dimensions. Dommage que d’inutiles relents sentimentalo-populistes viennent empuantir et freiner ce thriller de chez le bon faiseur. »

(Jean-Michel Frodon – Le Point)

 

« Die Hard est l’un des plus grands films d’action de ces cinquante dernières années. »

« à ne pas prendre au sérieux » - « grotesque » - « vraiment bête » - « sentimentalo-populiste »

 

 

 

FRANCE SOIR

Coincé dans un quart de page, le vieux briscard Robert Chazal essaie, dans France Soir, de souligner que le film est tout de même bien mis en scène (sans citer pour autant le nom de son metteur en scène). Passé le résumé, sa critique tient en 52 mots.

« C’est du suspens et du spectacle, cent pour cent, et ce Piège de Cristal est fort efficace. Une seule relative faiblesse : Bruce Willis paraît parfois un peu mou pour son rôle de merveilleux risque tout. Mais le punch de la mise en scène fait oublier le manque de punch de l’interprète. »

(Robert Chazal – France Soir)

 

 

 

Dans un magazine que je n’ai hélas pas pu identifier, un certain M.Ca (non, ce n’est pas McClane) débute son papier par une affirmation qui ne supporte pas la contradiction :

« Le seul intérêt de ce troisième long métrage de John McTiernan –dont nous ne connaissons en France que Predator, son premier film Nomads avec Pierce Brosnan et Lesley Ann Down étant encore inédit- réside dans l’interprétation de Bruce Willis (…) »

(D’accord, m’ssieu. Alors quand mes copains et moi on a vu Nomads en salle, ça veut dire qu’on n’était pas en France ?) Bref, M.Ca enchaîne avec une démonstration rigoureuse, qui consiste en un comparatif de mise en scène (enfin quelqu’un parle de la mise en scène de ce film ! chouette !) :

« (…) Cela mis à part, on ne peut que constater le manque d’originalité du scénario de Jeb Stuart et Steven De Souza, et la faiblesse de la mise en scène de John McTiernan qui se limite –en mineur- au style  « high tech » d’un John Badham ou d’un Peter Hyams. »

John Badham, je resitue pour les plus jeunes, venait de sortir à cette époque deux films, Short Circuit, l’histoire d’un gentil petit robot, et Etroite surveillance, une comédie en appartement avec Richard Dreyfus et Emilio Estevez. Peter Hyams, lui, venait de réaliser coup sur coup la comédie Deux flics à Chicago et le thriller Presidio. Donc il ne vous reste plus qu’à mater ces quatre films, qui apparemment déchirent sa gueule à ce très surestimé Piège de Cristal.

 

 

Jeu : la critique du film d'un réalisateur très surestimé s'est glissée sur cette page du magazine Studio. Sauras-tu la retrouver ?

 

 

Pour soutenir la sortie internationale de leur film, Bruce Willis et John McTiernan feront le déplacement à Paris. Comme on s’en doute, ça ne pressera pas au portillon. Les quelques journalistes à faire le déplacement et à s’entretenir avec eux en tireront (comme souvent dans le cas de films populaires) des articles qui parlent de fringues, de musique, d’amourettes, de pognon et très rarement du film.

 

L'EXPRESS

L’Express consacre ainsi une pleine page au comédien Bruce Willis, dans un article de Sophie Grassin qui débute par la phrase suivante : « Osons le dire tout net : Bruce Willis est une bombe sexuelle. » Cette plongée dans les méandres analytiques est là pour nous rappeler l’un des angles fondamentaux par lequel un critique français est susceptible d’appréhender le cinéma populaire. Et Sophie Grassin n’est certainement pas la seule, hier comme aujourd’hui, à focaliser toute son attention sur sa libido pour ensuite balayer d’un revers de main dédaigneux ce Cinéma des masses et sa flagrante vulgarité. Ainsi son article va longuement s’attarder sur les pectoraux du comédien et ses qualités de séducteur. Et un simple paragraphe servira à traiter du film, sans mépris aucun…:

« Noël. John McClane, flic new-yorkais, débarque dans un Los Angeles rose et doré : Piège de Cristal est un polar esthétique. Il vient se réconcilier avec sa femme Holly, cadre dans une multinationale installée en haut d’une tour de 40 étages : Piège de Cristal est un polar romantique. D’affreux cambrioleurs prennent le building en otage. C’est le carnage. Les agents du FBI se comportent comme des crétins. Les journalistes, comme des pourris. Les monte-en-l’air, comme des nazis. Mais tout ce joli monde sera bien puni : Piège de Cristal est un polar éthique. »

(Sophie Grassin – L’Express)

 

L’ironie mordante de Sophie Grassin est-elle en mesure d’appréhender la phrase suivante : « Die Hard est l’un des plus grands films d’action de ces cinquante dernières années. » ?

 

 

 

LIBERATION

Libération décide à son tour d’offrir un encadré au comédien Bruce Willis, et en confie la rédaction à Marie Colmant, beaucoup plus calme et discrète que sa collègue de L’Express. Tellement discrète, d’ailleurs, qu’on n’est pas tout à fait sûr qu’elle ait osé assister à la projection du film Piège de Cristal. Son résumé fait très nettement penser à un thriller de Jonathan Kaplan et pas vraiment à celui de McT :

« Sous prétexte de changer, il (Willis) se lance alors dans ce Piège de Cristal. Bruce se gonfle les muscles jusqu’à en éclater et adopte le rictus du vengeur solitaire. Comme Belmondo, il tient à exécuter lui-même toutes les cascades, et se compose le personnage du bon père de famille agressé dans son intimité domestique. Pas commode le gars, surtout quand on touche à sa femelle, même s’ils sont divorcés. Une métamorphose très relative. »

(Marie Colmant - Libération)

 

 

 

LE FIGARO

Evenement !!! Le Figaro, lui, consacre un petit encadré au réalisateur (vous savez, le mec surestimé), sous le titre « Le Clin d’œil de McTiernan ».

De tout son entretien avec le cinéaste, l'article retient UNE déclaration, celle où il parle de l’humour du film (parce que humour = à ne pas prendre au sérieux. voir plus haut).

Au passage, le rédacteur, dont la signature gainsbouresque est seulement constituée des initiales B.B., nous dévoile les influences de Die Hard, puis nous rappelle la carrière passée de John McTiernan. Il prend notamment soin de re-situer pour nous le genre précis auquel appartenait le film Predator, un film sorti très très longtemps auparavant, c’est-à-dire l’année précédente :

 

« Le Piège de Cristal de John McTiernan relève à la fois de La Tour infernale et de Rambo. Après Nomads, un thriller fantastique, et Predator, un polar musclé où il démontre son sens aigu du rythme et de la mise en scène inventive et précise, John McTiernan désirait nous offrir un film clin d’œil. »

(B.B. – Le Figaro)

 

 

 

 

Effectivement, tout porte à croire que rarement, dans l’Histoire du Cinéma, un cinéaste a été à ce point surestimé.

 

 

On poursuivra notre périple avec A la poursuite d’Octobre rouge

 

Rafik Djoumi

 

 

 

 

(*) Un peu comme quand Dupuy et Djoumi évoquent en rigolant le film Robocop 2 à la sortie de la projection de presse de Iron Man, par exemple

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Le Cercle et la "fidélité au comic-book d'origine" (Coups de gueule) posté le mardi 15 avril 2008 20:13


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"Le Cercle des Cinéphiles" est une émission de radio hebdomadaire de 60 minutes, diffusée dans la région toulousaine, et présentée par Alexandre Tylski.

 

Note technique : lorsque je parle dans mon combiné téléphonique, je n'ai plus le retour de mon interlocuteur. Ceci explique que ma voix et celle d'Alexandre se chevauchent à l'occasion, et que parfois je ne comprenne pas les questions posées.

 

Octobre 2006. Un petit coup de gueule à l'encontre de certains réalisateurs geeks, qui ne veulent pas comprendre que la bédé c'est de la bédé, et le cinéma du cinéma. Et que passer de l'un à l'autre (dans les deux sens) nécessite parfois de réfléchir un peu plus de dix minutes à ce qu'on fait.

A voir certaines images de projets à venir, je pense hélas que cette digression reste d'actualité

 

 

Mains propres et Dents blanches

 

 

Rafik Djoumi

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Tintin et Spielberg, 1983 (News) posté le vendredi 11 avril 2008 23:57

Blog de rafik : Compagnon Geek, Tintin et Spielberg, 1983

 

 

La presse, spécialisée et moins spécialisée, a commencé à remplir ses colonnes sur l’annonce du projet « Tintin » réalisé par Steven Spielberg et Peter Jackson. Comme d’habitude, la précision et la rigueur de l’information sont reines. Ainsi, on a déjà pu lire ici et là que l’acteur Thomas Sangster était « virtuel » ou que le tournage se ferait « à coups de clics ». Et croyez-moi, étant donné le non intérêt abyssal que génère la performance capture, d’autres perles similaires sont à prévoir. Bref, comme le disait l’intendant de la Bastille au matin du 14 juillet 1789 : « Je sais pas pourquoi, mais je le sens moyen, là »

 

Dans ce contexte, on peut toujours se gratter pour que surviennent des articles rétrospectifs sur l’époque où Spielberg, au lendemain du succès de E.T., avait sérieusement envisagé de concentrer ses efforts sur le reporter belge. Le film ne put se faire pour de multiples raisons (entre autres des questions de droits) mais les plus attentifs remarquèrent que le film suivant de Steven, Indiana Jones et le Temple maudit, était manifestement empreint de l’héritage d’Hergé (du jeune Tchang au maharadjah de Rawhajpoutalah en passant par la secte de Kih-Oskh et son maléfique fakir).

 

 

 

Heureusement, Internet a été inventé pour que ceux qui ont véritablement quelque chose à raconter n’aient pas à attendre la présence d’esprit des médias traditionnels. C’est le cas d’Alain Baran, secrétaire particulier d'Hergé et directeur commercial de ses studios qui, sur son site, nous fait l’honneur de raconter en détail un rendez-vous manqué de 1983; rendez-vous qui devait réunir deux grands artistes du XXème siècle. Baran était en effet au cœur des négociations entre Hergé et les américains, et il fut le premier à prendre contact avec l’équipe de Spielberg.

 

Extraits

 

Sur la porte d'entrée ce simple panneau "AMBLIN ENTERTAINMENT". C'est bien ici que notre rendez-vous a été fixé. Nous nous présentons à l'entrée et sommes immédiatement accueillis avec une grande gentillesse. La secrétaire nous introduit aussitôt dans une pièce où nous attendent cinq personnes: deux femmes et trois hommes. L'une des femmes s'avance vers nous et se présente: "Hello! I am Kathy Kennedy". Elle est jeune et paraît tout à fait charmante. Un sourire franc et direct illumine tout son visage.

L'homme qui est à côté d'elle a une quarantaine d'années, il est barbu, ses cheveux sont cachés par une casquette bleue. Il est en jeans et en baskets.   "May I introduce you to Steven?" nous dit Kathy Kennedy en le présentant.   La poignée de main est chaleureuse. Tout s'annonce pour le mieux. Ensuite c'est au tour de la seconde femme de nous saluer. Elle s'appelle Melissa Mathison. Nous saurons très vite qu'elle a écrit le scénario d'E.T. et que Spielberg lui demandera d'écrire celui du futur "Tintin". Nous apprendrons également que c'est elle qui a découvert les albums "Tintin" alors qu'elle faisait du baby-sitting dans une famille française. Emballée par les aventures du jeune reporter, elle les fera lire par Spielberg qui s'en éprendra à son tour. Les deux derniers hommes à nous être présentés sont les "lawyers" de Spielberg. Ils ne prendront la parole qu'une seule fois pour nous demander où sont nos avocats...

 

 

La conversation portera d'abord sur Hergé. Comment est-il ? Son âge ? Marié ? Des enfants ? Comment l'idée lui est venue de créer Tintin ? A-t-il beaucoup voyagé ? Toutes les questions sont précises et révèlent une réelle volonté de connaître l'auteur des albums "Tintin". Spielberg nous déclare ensuite qu'il envisage non pas un mais trois films avec acteurs. Il mettra le premier en scène et songe notamment à François Truffaut pour diriger un des deux autres films. Il cite le jeune acteur qui vient d'incarner le personnage d'Elliot dans E.T. pour interpréter Tintin. Il pense à Jack Nicholson dans le rôle du capitaine Haddock. Je lui rétorque qu'Hergé a pensé que Philippe Noiret serait fabuleux dans ce rôle.

 

Spielberg adore le côté "détective" de Tintin et le qualifie d' "Indiana Jones for kids". Il lui donne entre treize et seize ans. Il aime également beaucoup Milou, mais se demande comment il le fera "parler" comme dans les albums. Spielberg a hâte de rencontrer Hergé pour discuter avec lui des options à prendre. Enfin, il n'est pas encore certain si le, voire les films seront des adaptations directes d'albums, un mélange de plusieurs aventures ou encore basés sur de nouveaux scénarios.

 

Plus loin, Alain Baran donne quelques clés sur la confiance qu’Hergé semblait porter au cinéaste américain.

 

Le droit moral par exemple, n'est-il pas aussi essentiel pour Hergé ?  Le dessinateur nuance son point de vue. Dans le cas de Spielberg, et dans ce cas uniquement, il est disposé à renoncer à son droit moral. Parce que, pour Hergé, il est non seulement question ici d'un film, un autre univers que celui des albums, mais surtout ce film est réalisé par un cinéaste génial. Spielberg est un créateur au sens plein. Il ne fabrique pas de la pellicule, il la crée. A ce titre, il doit conserver toute sa liberté de création.

 

Hergé me rappelle à ce propos le terrible sentiment de carcan qu'il avait éprouvé lorsque faisant à titre d'essai appel à des scénaristes extérieurs, il avait tenté de construire une histoire de Tintin. Toute son imagination s'était trouvée prisonnière d'un récit conçu par un autre. Il n'avait pas accepté de s'y résoudre.

C'est pourquoi il ne veut pas imposer à Spielberg une contrainte similaire. 

 

Je recommande évidemment la lecture du texte complet, en cliquant ici vers le site d’Alain Baran

 

 

Rafik Djoumi

 

 

 

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Le Cercle et les Femmes (Coups de gueule) posté le jeudi 20 mars 2008 17:25


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"Le Cercle des Cinéphiles" est une émission de radio hebdomadaire de 60 minutes, diffusée dans la région toulousaine, et présentée par Alexandre Tylski.

 

En février 2007, sans doute agacé par la programmation du Festival du film de Femmes, je me lançais dans un exercice d’équilibriste adepte du paradoxe (qui me vaut parfois d’être taxé de misogyne) et consistant à souligner en quoi un certain féminisme réclamait le pouvoir d’expression pour les femmes, tout en méprisant les femmes de pouvoir qui ont su s’exprimer au-delà du cadre restreint de ce militantisme.

 

Quelques portraits pour illustrer la bande-son (de mauvaise qualité mais vous avez l'habitude maintenant)

 

 

Alice Guy Blaché

 

 

Ida Lupino

 

 

Leni Riefensthal  (et un de ses bons copains qu'elle aurait préféré qu'on oublie)

 

 

Kathryn Bigelow

 

 

Debra Hill et John Carpenter     -      Gale Anne Hurd et James Cameron

 

 

 

Gale Anne Hurd    -    Bonnie Curtis

 

 

 

Kathleen Kennedy et un de ses protégés

 

 

Sherry Lansing et son mec William Friedkin

 

 

Rafik "mettre à jour, mettre à jour !" Djoumi

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En attendant Geekot (News) posté le dimanche 09 mars 2008 01:15

Blog de rafik : Compagnon Geek, En attendant Geekot

 

Vous avez sans doute remarqué une légère absence en ces pages ces derniers jours.

Exilé loin de mon unité centrale, il m’a en effet été difficile de tenir le rythme.

Je vous rassure : on reviendra à la normale d’ici deux-trois jours, et même que, promis, y’aura des textes longs et incompréhensibles.

En attendant, si certains d’entre vous veulent à tout prix leur ration de djouminades (ben quoi ! on peut toujours rêver que les fanboys et fangirls se languissent de moi dans leurs nuits sans fin, non ?…)  je vous propose de patienter avec ces quelques missives périphériques :

 

Guillermo Del Toro, à 7 heures du mat’, littéralement au saut du lit, me cause de L’Orphelinat

 

Comment, y’a dix mois, je tentais de convaincre que L’Orphelinat c’était trop un chouette film (message au dix potes que j’avais invité à l’époque à une projo du machin et dont pas un seul n’est venu : vous êtes des buses !)

 

Une interview à distance du ‘tit jeunot qui a fait le film

 

Trois pages pour essayer de comprendre en quoi les espagnols nous mettent la honte

 

Un courageux s’est mis en tête de recopier un de mes textes sur l’Heroic Fantasy 

 

A-t-on le droit de dire du bien d’un réalisateur dont on n’aime pas les films ?

 

Rha la la, comment j’y ai trop mouché sa mère à Gus Van Sant (chuis sûr qu’il pleure maintenant)

 

Et enfin pour ceux qui ont du temps de lecture devant eux :

 

Je l’avoue, oui, ça m’a vraiment fait plaisir que la Cinémathèque française linke sur la (longue) biographie que j’avais consacré au grand King Vidor

2ème partie

3ème partie
4ème partie

 

A très vite

Rafik Djoumi

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